Y a pas que le football masculin qui a une Coupe du monde en 2014

Lundi dernier, j’ai acheté Midi Olympique. La dernière fois, c’était il y a près de trois ans à l’occasion de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. J’avais deux heures de train et eu envie de reprendre contact avec l’ovalie. Heureux hasard ou heureuse inspiration, l’article de la page technique avait pour thème une phase de jeu emblématique du rugby : le maul. Ah ! Le maul ! Passionnant du point de vue lexical puisqu’il n’a pas de dénomination journalistique arrêtée. L’anglicisme reste obscur et si le commentateur de France 4 parle de « ballon porté » en 2014, en 1999 on parlait plus volontiers de « groupé pénétrant ». Mais je dérive. Revenons-en au sujet du jour.

Lundi dernier donc, c’est une nouvelle fois une Coupe du monde qui m’a décidée à me rendre dans un bureau de presse. Enfin deux, puisque le premier avait déjà vendu tous ses exemplaires. Du coup, je me suis demandée — sans vraiment y croire — si la Coupe du monde de rugby féminin avait gagné une telle ampleur qu’on ne trouvait déjà plus Mid Ol quelques heures après sa sortie. Ben non en fait. J’ai trouvé sans difficulté un exemplaire sur le présentoir d’un deuxième bureau de presse.

Je ne m’attendais pas à une une axée sur la compétition féminine, fut-elle mondiale, mais l’encart qui y était consacré m’a paru bien petit et plat :  » Le Canada en demie pour les Bleues « , un message informatif et c’est tout. Juste en dessous les matchs amicaux du TOP 14 étaient présentés avec plus d’entrain :  » Lyon promet, Toulouse se réveille « , comme si c’est avec les garçons qu’on passe à l’action.

Le TOP 14 et la PRO D2 occupent les deux premiers tiers du journal alors que la saison n’a pas encore débuté. L’événement du moment, la Coupe du monde féminine, arrive seulement après, sur deux pages. Deux pages pour évoquer les résultats de la troisième journée de poule et le programme à suivre. Plus précisément ces deux pages concernent l’équipe de France en Coupe du monde, ce qui explique pourquoi les matchs des autres équipes n’ont fait l’objet d’aucun article. Et donc, un match amical de garçons est plus important qu’un match international de filles…

Pourtant les filles aussi jouent au rugby et très bien même. Elles n’ont rien à envier aux garçons ( « leurs grands frères » pour le journaliste de Mid Ol). Féminin ou masculin, le rugby reste le rugby, avec les mêmes règles le même engagement en mêlées, les mêmes enchaînements (touche, maul), les mêmes feintes de passe pour trouver le passage dans la défense adverse, la même volonté d’aller aplatir dans l’en-but adverse, le même carton jaune pour un plaquage dangereux, la même concentration pour la botteuse que pour le botteur. Et pour qui aime ce sport, un match féminin a autant d’intérêt, se suit avec autant d’enthousiasme qu’un match masculin.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s