Souvenir

Il y a onze ans, au cœur de l’été  caniculaire, je me suis lancée dans l’écriture de billets frais et légers — du moins qui se voulaient tel — pour réveiller le forum d’apprentis écrivains sur lequel j’étais inscrite. J’avais baptisé ces chroniques  » bulletintamarre  » qui, soit dit en passant, a failli être le nom de ce blog jusqu’à ce matin où, alors que je petit-déjeunais, je sentis émerger l’envie d’un nom neuf.

En cette fin de mois d’août, pluvieux, c’est  avec tendresse et non sans un brin de nostalgie que je partage ce bulletintammare du 10 août 2003, en pensant très fort à mon papa.

Hier soir avec papa, on est allé arroser le jardin de tatan Liliane, à coups d’arrosoirs, le jet étant débranché en raison d’une fuite.
Tatan Liliane m’avait dit que ce n’était pas la peine d’arroser (« juste les fleurs »), quand elle m’a laissé les clés avant de partir en vacances. Elle comptais sur moi surtout pour relever le courrier et remettre le courant en cas d’orage. L’année dernière elle avait des poules. J’aimais bien leur donner à manger et ramasser les œufs quand il y en avait.

Hier soir donc, papa, qui rentrait tout bronzé d’une semaine en Ardèche, m’a accompagnée. Il a fait le tour de pots de fleurs pendant que je remplissais les arrosoirs à l’évier du garage. Jusque là, je m’étais contentée d’un arrosoir pour l’arbre à fleurs bleues, un jour sur deux, parce que je savais que c’était un grand buveur. Les géraniums avaient la tête basse.

Les arrosoirs étant de taille différente, j’ai pris de l’avance et je suis allée arroser à mon tour. A la fin, il me restait de l’eau. J’ai voulu la vider dans le jardin. Papa m’a dit « sur les tomates ». J’ai commencé par le persil qui jaunissait dangereusement. Il a fallu remplir d’autres arrosoirs pour faire le tour des pieds de tomates. Papa auscultait le jardin. Sec. Il a soupiré et a décidé qu’on ne pouvait pas laisser le jardin dans cet état. J’étais d’accord. Il m’a demandé si j’étais pressée de rentrer. J’ai répondu non et je suis allée remplir d’autres arrosoirs pour les aubergines, les courgettes et de jeunes poireaux qui avaient drôlement soif.

Il faisait complètement nuit quand on a eu fini.

On est rentré avec deux courgettes et quelques tomates. Ça promettait des repas variés pour la semaine : le matin-même, sur le marché, j’avais acheté des tomates et des courgettes…

 

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