Van Gogh

Il y a des phrases qui parlent, qui touchent, qui semblent arriver à point nommé. La citation de Van Gogh :

 » Je commencerai par de petites choses « 

m’est allée droit au cœur quand je l’ai découverte sur facebook : comme elle résonnait en moi ! Elle venait faire écho très justement à ce que je pouvais ressentir. Cette phrase est extraite d’une lettre de Vincent à son frère Théo, écrite le 5 août 1882, soit 232 ans avant la création de ce blog. Et alors ? Oh, rien, si ce n’est que c’était le coup de pouce pour oser me mettre en ligne. Je l’ai reçue avec énormément de gratitude.

C’est en découvrant ses toiles au musée d’Orsay que j’ai été touchée par Van Gogh. Jusque là, je ne l’aurais pas cité parmi mes peintres préférés. En cours d’histoire de l’art au lycée, j’avais été plus sensible aux « cadrages » et aux danseuses de Degas. Les reproductions sur diapositive sont lisses. On n’a ni la matière, ni les touches. Face au tableau, c’est autre chose. Les sensations sont démultipliées (quoique d’autres facteurs sont aussi à considérer : la première fois que j’ai vu un tableau de Soulage, je n’y ai pas du tout été sensible. C’est seulement à l’occasion d’une exposition deux ans plus tard, ou à peu près, que j’ai été saisie par la lumière et le mouvement). J’aime toujours Degas et ses plongées, ses corps contorsionnés, mais Van Gogh fait vibrer une autre corde — si je puis dire, parce que je ne sais pas vraiment comment le dire.

Au mois de mars de cette année, je suis retournée au musée d’Orsay, initialement pour voir l’exposition autour de Gustave Doré L’imaginaire au pouvoir dont j’ai particulièrement apprécié La Joyeuseté :

Joyeuseté Dit aussi : À saute-mouton Gustave Doré (1832-1883), vers 1881. Bronze, 36,5 x 27 x 17 cm Paris, musée d'Orsay
Joyeuseté
Dit aussi : À saute-mouton
Gustave Doré (1832-1883), vers 1881.
Bronze, 36,5 x 27 x 17 cm
Paris, musée d’Orsay

L’exposition Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société étant nouvellement installée, je n’allais pas la manquer. C’était la veille de la rediffusion de l’épisode 10 de la saison 5 de Doctor Who  » Vincent et le docteur  » dans lequel Van Gogh visite le musée d’Orsay

Vincent14

et je m’attendais presque à voir apparaître le Tardis, d’autant que le générique a retenti via la sonnerie de mon portable.

Cette fois encore, j’ai été chamboulée par les tableaux de Van Gogh. J’ai même eu l’impression de me glisser dans le jardin de l’hôpital Saint Paul, invitée à suivre le chemin qui menait au banc sous un arbre (non, je ne suis pas prête à entrer dans une institution psychiatrique !).
The garden of the asylum at Saint Rémy_mai1889
J’aurais bien prolongé l’étrange expérience si une voix dans le haut-parleur n’avait pas annoncé la fermeture prochaine du musée. Le temps de relever un extrait d’une autre lettre (du 22 octobre 1882) de Vincent à Théo, extrait qui répondait à la question qu’est-ce que dessiner ?

 » C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment traverser ce mur, car il ne sert à rien d’y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens. « 

et je suis sortie, une question en tête : est-ce que les mots sont aussi capables de miner le mur ?

Une réflexion sur “Van Gogh

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