A la recherche de l’inspiration

Dans quelques jours débute le NaNoWriMo (National Novel Writing Month) ou mois de l’écriture. L’occasion de se consacrer à son activité favorite. J’ai déjà tenté deux fois l’aventure. Une première fois en 2010 avec « Presque rien », une histoire écrite au fil de l’eau et restée inachevée (7500 mots et des poussières). Une deuxième en 2013 avec un bout d’histoire sortie du tiroir. Ok, ce n’était pas tout à fait conforme au principe du NaNoWriMo, mais le but était d’utiliser ce cadre et l’émulation de l’événement pour me motiver. Résultat : un texte (encore sans titre) d’à peine 7400 mots. Il faut dire que j’avais un mois de novembre bien occupé l’année dernière et peu de temps à consacrer à un projet d’écriture. Cette année, le mois de novembre s’annonce déjà bien rempli et je désespère d’avoir un jour le temps nécessaire de rapprocher la chaise du bureau pour trouver l’inspiration. Je philosophe en me disant que si je ne l’ai pas encore fait c’est que ce n’était pas le bon moment. Mais je me doute bien qu’attendre ne résoudra rien, qu’il serait préférable que je prenne le taureau par les cornes et que je me l’octroie ce temps. Allez quoi ! Parce que quand je relis ce que j’ai écrit, je me dis que c’est dommage, déjà, d’en rester là et, ensuite, de le garder pour moi. Donc, pour me reconnecter à l’énergie de ce texte et m’engager à y travailler (oh la la mais qu’est-ce que c’est dur d’employer  » m’engager » ! Je me sens toute petite face à une immense montagne… Tatatatata, ne pas oublier : je commencerai par de petites choses), en voici le début.

I

Tout commence par une bonne respiration. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Inspirer… Se centrer. Expirer… Tout ce qui n’est pas écriture. Inspirer. Faire le plein d’oxygène. Expirer. Chchchchchchch… Inspirer. Et se lancer !

Il paraît que l’inspiration se trouve dans les profondeurs alors je plonge.

Au fond d’un puits. Sombre et humide. De quoi choper un rhume. Atchoum ! Ben voilà.

Au fond de la mer. Amère. L’âme erre au milieu des petits poissons survolant les coquillages.

Au fond de l’océan, en femme grenouille moins sexy qu’une sirène, mais ce n’est ni le ni à propos. Comprimée par la pression. J’abandonne et remonte à la surface. A l’air libre. Bouffée d’air : inspiration, expiration. A plein poumons.

Et si j’essayais d’autres profondeurs ?

Je descends. Au trente-sixième sous-sol. Au cœur de la Terre. Il fait chaud dans le noyau.

Je descends au fond de moi. Tout au fond. Et je sonde. Dans l’ombre. C’est obscur et froid.

Oh ! Eh !

Eh ! Oh ! Répond l’écho. Je m’assois et je boude. Etre descendue aussi bas sans trouver aucun trésor caché, c’est rageant. Une partie de moi voudrait remonter.

« Non, parce que c’est pas tout ça, mais la vie n’attend pas. Il y a tant à faire. Finie la rigolade. Revenons à des choses beaucoup plus sérieuses. Allez go ! »

« Og eh là ! » résonne l’écho.

Je ne bouge pas. Une autre partie de moi trouve qu’on n’est pas si mal au fond. A l’abri. Comme dans un gîte. Un lièvre en son gîte songeait

Sortir voir les grenouilles : parce que c’est inspirant des grenouilles ?

Peut-être qu’en prenant le temps, les idées vont défiler comme des nuages et que je pourrai en retenir une au passage et en dérouler le fil… Je m’accorde quelques minutes.

Je ne vois rien. Il fait noir. Je ne suis ni Van Gogh, ni Soulage pour savoir rendre les couleurs ou la lumière du noir. Noir c’est noir. Un point c’est tout. Est-ce que des champignons hallucinogènes, ou une autre substance, sauraient m’ouvrir les volets de la perception, me faire chanter avec les baleines ? En vérité, j’en doute. A cause de Baudelaire.

Je dois puiser mon inspiration au cœur de mon âme. Âme, chère âme, ne veux-tu pas me guider ? Où te caches-tu ?

Je dois chercher à me connecter, sans câble et sans wifi.

« Allo, madame Orange ? »

« Risette. Vous êtes sur Mac ? Je suis désolée mais je ne peux rien faire pour vous. Je vais vous mettre en relation avec un autre technicien. Mince, il y a un bug. Pardon, excusez-moi. Je vous rappelle. Plus tard. Demain. Je vous rappelle. Un autre jour. Je vous rappelle. »

« Allo ? Allo ? »

A l’eau

Plouf

Je suis toujours dans le noir. Black is black comme quelque chose qui claque sur le sol. Les sabots ferrés d’un cheval. Prince Noir. Un feuilleton de mon enfance. Je n’ai pas le moindre souvenir des histoires, mais le générique me trotte dans la tête. Mes bras entament la danse du chef d’orchestre, comme quand j’écoutais, petite fille, la musique sur trente-trois tours. Trompettes. Guitares. Tutti…

Je suis là à mimer les gestes de chef d’orchestre quand une bestiole vient virevolter au milieu en suivant le mouvement. Des points noirs sur une coque rouge. Une coccinelle !

J’ai pointé l’index, mais elle n’est pas venue se poser dessus. Elle fait encore quelques tours puis s’éloigne. Je l’appelle :

« Bête à Bon Dieu, ne vois-tu rien venir ? »

Elle s’arrête, revient dans ma direction et se met à voler de plus en plus vite à hauteur de mes yeux. Une danse calligraphique « SUIS MOI ». Et la voilà repartie, moi à sa suite, jusqu’à une haute et dense haie. Une voix, surgissant de nulle part, cancane :

« – Qui va là ? »

La coccinelle recommence sa danse calligraphique : « PRÉSENTE TOI »

« A qui ? « 

La voix reprend :

« Aki quel numéro ? »

« Hein ? »

« Un. Première porte. »

Je regarde alentours : où ça une porte ? Il n’y a pas de porte. La coccinelle est venue se poser sur mon épaule gauche. Quand je regarde à nouveau face à moi, je remarque plusieurs portails dans la haie. Il y a des numéro en fleurs au-dessus. Je me présente devant le numéro un et l’ouvre. Derrière, il y a un drôle de chemin divisé en grands carreaux. La coccinelle a fini de se reposer sur mon épaule. Elle vient faire quelques loopings au-dessus de ma tête et disparaît dans le ciel. Je lui dit au revoir d’un geste de la main. Je fais un pas en avant, mais une voix forte m’arrête :

« Eh pas si vite ! Le dé d’abord ! »

« Quel dé ? »

« Celui qui se trouve sur la porte. Allez, pressons ! »

Je dévisse la poignée-dé, la lance en l’air… et suis propulsée vers une destination inconnue.

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