Je n’ai pas fait de rencontre du troisième type

J’ai vu un sourire dans le ciel en sortant en début de soirée.
Je n’ai pas vérifié si l’arc de lune était toujours là sur la route du retour. Le vent soufflait tellement fort que je n’avais qu’une envie : me calfeutrer à la maison.
Ce n’est pas moi que les extra-terrestres vont venir visiter…

Il y a des gens pour dire qu’ils en ont rencontrés. Certains ont pris des OVNI en photo. J’en ai vu une qui ressemblait à ça :
ONIsauf que sur cette photo-ci il s’agit d’ONI : oiseaux non identifiés. Attention, je ne dis pas que Jean-Michel Raoux a voulu faire passer des oiseaux pour des OVNI dans sa présentation mardi dernier, je dis seulement qu’une des photos qu’il a montrée m’a fait penser à ma photo d’oiseaux (que j’attendais plus identifiables, mais il faut dire que je n’ai pas un zoom surpuissant sur mon appareil).

J’ai trouvé aussi que l’astronaute du Pérou (image empruntée ) avait un air de Pingu. A moins que ce soit l’inverse.
i8n9qtcq   pingu-53b804a542fe5
Chacun-e ses références…

Je suis trop âgée pour avoir pu suivre ce dessin animé, n’empêche, c’est à ce personnage que m’a fait penser le géopgyphe de Nazca. Trois ans et demi d’âge mental… Il y avait longtemps que je n’avais pas employé cette expression. Bref.

Si j’ai regardé la VibraConférence de mardi dernier, c’est par curiosité candide et aussi suivant le conseil d’une amie, parce qu’en recevant initialement l’annonce, je n’avais pas franchement été emballée. Comme le dit Stéphane, le transmetteur très sympa : on n’est pas obligé de tout suivre, chacun-e ses affinités, ses centres d’intérêts. Personnellement, il est assez rare que je n’aille pas au bout d’une émission, d’un film ou d’un livre — même si dans ce dernier cas, ça peut prendre des années — (remarque au passage : c’est beaucoup moins rare que je n’aille pas au bout d’un projet…), donc, il est assez rare que je n’aille pas au bout d’une émission, gardant confiance pour la suite : le sujet va finir par m’intéresser, ou alors, je vais avoir un déclic, ou encore, si j’arrête maintenant je vais peut-être raté un truc important. Mardi, j’ai coupé juste avant le mot de la fin. Je venais de finir le repassage.

C’est bien de préciser qu’on ne détient pas la vérité. Pour autant, j’avais par moment l’impression d’entendre le discours d’un témoin de Jéhovah, c’est-à-dire relevant plus d’une croyance que de la raison. Les mots « code maya » tracés à partir des points de sommets de montages « ce sont des faits vérifiables ». Ah oui ? Et en choisissant de relier les points dans un autre ordre, qu’est-ce qu’on obtiendrait ? Quel idéogramme chinois se cache dans ces sommets ? L’interprétation dépend le plus souvent, même et surtout quand on s’en réfère à l’argument « scientifique », de ses convictions personnelles, c’est-à-dire qu’on finit par trouver ce que l’on cherche ou qu’on ne voit que ce qu’on veut bien voir. Un roman magnifique sur le sujet c’est Le Pendule de Foucault d’Umberto Eco : comment un bout de papier détient un code secret, ou pas.
En fait, chaque interprétation peut donner lieu à une nouvelle histoire, nourriture essentielle pour l’être humain, être de langage.

Pour en revenir aux extra-terrestres de Jean-Michel Raoux, il y a une phrase qu’il a dite en passant qui m’a fait tilt : il y aurait des extra-terrestres depuis toujours sur Terre. Ah. Mais, alors… En quoi sont-ils extra- ? En étant là depuis le début de la Terre, il n’ont pas acquis le droit du sol ?
Question candide : pourquoi on nous cache leur existence ?
Comme dirait Umberto Eco, il existe deux sortes de complots : ceux qui ont réussi et ceux qui ont échoué.

En résumé je suis plus réceptive au message d’un Conrad pour qui la mission de chacun-e est de vivre une vie heureuse qu’aux propos sur les extra-terrestres.

J’imagine très bien la possibilité de vie quelque part ailleurs dans l’immensité de l’univers, mais, à l’heure qu’il est, la mission de la sonde Rosetta me fait bien plus vibrer que les prétendues rencontres du troisième type tenues secrètes. Mises à part celles du Docteur. Parce que voyager dans une boîte bleue, c’est trop cool !


Au fil d’un mot

Eh hop ! Je reprends le fil. Mais, est-ce le même ?

Un fil. Comme un bourdon autour duquel se développe une mélodie, voire s’articule un album.

Un fil sur lequel avance la funambule.

Un fil, celui de la pensée qu’on déroule en enfilant les perles des mots. Les mots qui ont un sens et nourrissent les idées…

Et  de fil en aiguille (non parce que là, en fait, je cherche l’articulation avec la suite sans couper le fil ni faire de nœud…) j’en viens à saisir un mot. Un seul. Parce que si le sens se construit au fil du texte, un mot tout seul est sémantiquement riche, c’est-à-dire qu’il est porteur de plusieurs sens (il n’y a qu’à plonger dans un dictionnaire pour s’en rendre compte) et par là même de plusieurs vibrations. il va ainsi pouvoir résonner différemment pour une personne ou pour une autre. (Je me souviens de la réaction horrifiée d’une amie un jour que je lui avais parlé d’ermite : si pour moi il s’agissait d’une personne vivant seule, pour elle, il s’agissait avant tout d’une personne sale.)

Prenons par exemple le verbe « répéter ».

Répéter encore et encore sa leçon ça sonne laborieux, ennuyeux, voire carrément rébarbatif. C’est en tous cas, la première résonance que produit ce mot sur moi. Autant dire qu’il me plombe. Et ce d’autant plus qu’en écho, j’entends les contraintes qui enferrent, le bourrage de crâne et le formatage, les répétitions de langage comme un disque rayé, l’histoire qui se répète — faute d’avoir retenu la leçon… Encore pire peut-être, en dernier murmure, venant de loin, il y a ne pas savoir tenir sa langue et dévoiler un secret : répéter est porteur de trahison !

Bref, il y a, en tous cas je mets beaucoup de lourdeurs dans ce mot que je préfère éviter tellement je le vois contraire à la liberté de mouvement et quand j’entends parler de phrases ou d’exercices à répéter, je me ferme comme une huître.

Pourtant, répéter c’est aussi apprendre. « Redire ou refaire pour s’exercer, pour fixer dans sa mémoire » dit mon Petit Robert, affiner le geste pour être libre dans son mouvement… Comment danser sinon ?
Comment savoir chanter sans répéter ? Ah, voilà le verbe qui s’éclaire : il est nécessaire de répéter pour éviter de répéter les mêmes erreurs. Je commence à entendre les harmoniques. Il est chouette ce mot finalement.