Pas d’inspiration

Mardi 28 juillet, c’est la fête à Simon, euh non, Samson. Oui et alors ? Ben rien. Je cherche l’inspiration.
Samson
Chanson
A un son près
Certes. Mais encore.

Pfffff
Jour de chronique et je ne sais pas quoi écrire. J’ai eu dix jours pour préparer ce billet. Dix jours, c’est long, j’avais le temps. Je l’ai laissé filer. Confiante. Et occupée ailleurs. Je trouverai bien quelque chose à dire. Un sujet à explorer. Tombé du ciel, ou d’ailleurs. Un thème glané ici ou là. Une info à la radio. Une anecdote rigolote. Une intuition au diapason… Eh bien non. Alors quoi ? Un vieux texte sorti des archives ? Sauf que je n’ai pas envie de chercher. Et puis ça ne me dit rien. Pas de roue de secours pour aujourd’hui. Je me lance dans une chronique sans filet ! Oh ! Quelle audace ! Bon, les risques sont très relatifs. Qui s’inquiète de la régularité de mes billets à part moi ? Facebook qui m’indique que je n’ai rien publié depuis dix jours et que les personnes qui aiment ma page n’ont pas eu de mes nouvelles depuis un moment. Ah mais, ce n’est pas un programme informatique qui va me dicter mon calendrier ! Si je mets une chronique en ligne c’est parce que je l’ai décidé (oui, ça c’est ok) et que je l’ai écrite (ce qu’il me reste à faire).

Je rêve d’avoir la main qui guide le stylo sur la page, inspirée de… inspirée par… un mot en entraînant un autre. Malheureusement, ce n’est pas si simple. Je tends l’oreille pour capter ma voix intérieure, celle qui paraît-il souffle l’inspiration. Je n’entends rien d’autre que le tic-tac de la pendule. Un bruit extérieur. Hypnotique. Je vais finir par m’endormir sur la table…
Je n’ai jamais entendu ma petite voix intérieure bienveillante. Je ne dois pas être sur la bonne fréquence. Celle que je connais par contre est du genre cassante : elle juge, critique, catalogue. Elle reste muette ce soir, mais qu’est-ce qu’elle peut être fatigante !
Il y a aussi celle du chat qui miaule derrière la porte pour rentrer (ou sortir).

Silence nocturne.
Tic-tac. Et le frigo.

Je me demande…
J’ouvre les volets. Je sors de ma bulle de verre épais. Je vais au-delà de moi.
Faute d’en avoir moi-même, je peux relayer l’inspiration des autres. J’ai reçu cette très belle citation de Thich Nhat Hanh ce matin : « Walk as if you are kissing the Earth with your feet »
Sur Google on la trouve associée à plein d’images. Mais pas dans sa version française. Dans la version française, j’ai trouvé le paragraphe complet et le titre de l’ouvrage d’où il est tiré :

Soyez conscient du contact de vos pieds avec la terre. Marchez comme si vous l’embrassiez de vos pieds. Nous avons beaucoup endommagé la terre. Le temps est maintenant venu de bien prendre soin d’elle. Nous lui apportons notre paix et notre calme et partageons la leçon d’amour. C’est dans cet esprit-là qu’il nous faut marcher. Voyant ici et là quelque chose de beau, nous nous arrêtons pour regarder – l’arbre, la fleur. les enfants qui jouent. Pendant ce temps, nous continuons d’être attentifs à notre respiration, sous peine de perdre la belle fleur et de nous égarer dans nos pensées, désirant ensuite marcher de nouveau, nous repartons tout simplement. Chacun de nos pas fait se lever une brise fraîche, rafraîchissante pour le corps et l’esprit. Chaque pas épanouit une fleur sous nos pieds. Ce qui n’est possible qu’en ne pensant ni à l’avenir ni au passé, si nous nous rappelons que la vie peut seule être découverte dans l’instant présent.

La Sérénité de l’instant, Dangles, 1992

Avant de me retirer sur la pointe des pieds, je m’arrête sur ces quelques lignes qui me rappellent qu’il y a un certain temps que je n’ai pas marché et que j’oublie régulièrement de respirer.
Si l’inspiration vient en écrivant, elle vient aussi en marchant et en respirant.

Langueur

La nouvelle vague de forte chaleur et un emploi du temps bien rempli me donnent l’occasion de vous partager ce texte de juillet 2009 (il y a six ans ! Ah oui, quand même !) que j’avais évoqué dans ma précédente chronique.

L’autre mardi, profitant du fait que je venais à Bron le matin en raison d’une réunion, j’avais décidé, bravant le temps lourd annoncé, de pousser jusqu’à Lyon l’après-midi, devant me rendre dans divers lieux à travers la ville. Voiture stationnée à proximité d’une bouche de métro, j’optai pour le ticket à la journée et m’engouffrai dans une rame, sans prêter attention aux panneaux disposés à l’entrée du quai. La présence d’agents TCL à la station à laquelle je devais changer de ligne ne m’alertait pas sur l’instant : certes, cela dénotait une certaine anormalité de la situation, pour autant, le métro fonctionnait et il y avait assez longtemps que je n’avais plus l’habitude des transports en communs pour interpréter les signes. Je consultais donc tranquillement une carte du réseau à la recherche du meilleur itinéraire pour rallier la Croix-Rousse au quartier de la Cité Internationale, et continuais mon trajet jusqu’au théâtre, où je comptais souscrire un abonnement pour la prochaine saison.

Billets en poche, je regagnais le métro : il faisait trop chaud pour envisager descendre jusqu’à l’Hôtel de Ville à pieds. C’est là, en attendant la rame, que j’écoutais le haut-parleur annoncer les perturbations suite à un mouvement de grève. Si le trafic était assuré sur la plupart des lignes souterraines, l’une était fermée et remplacée par des bus relais. Les bus fonctionnaient quant à eux à un pourcentage — une moyenne — pas très engageant. La voix dans le haut-parleur incitait les voyageurs à consulter le site internet pour plus de détails. Je me demandai comment il aurait été possible de consulter internet sur un quai de métro* et réfléchissais à la suite de mon parcours. Allais-je pouvoir me rendre au Musée d’Art Contemporain ?

Arrivée à Hôtel de Ville, je croisais les doigts pour avoir un bus. Mon trajet s’était assez bien déroulé jusque là pour me permettre d’y croire. A l’arrêt de la ligne 56, la présence de plusieurs personnes me laissèrent augurer d’un probable passage. Je consultai la fiche horaire et pris pleinement connaissance de la petite affiche évoquant le mouvement social initié le week-end précédent. Je m’interrogeai : pourquoi n’en ont-ils pas parler aux infos ? Mais convins assez vite que je n’avais pas beaucoup suivi les médias les jours derniers. Je restais là sur le trottoir bordant le Rhône en contre bas, tentant d’évaluer les chances de circulation du bus, puis commençant à réfléchir à un moyen substitutif au cas où, sans vraiment me résoudre à rebrousser chemin. Mes coups d’oeil successifs à la route étaient de plus en plus inquiets. Puis vint le soulagement : un bus 56 arrivait ! Comme la coutume récente l’exigeait, je montai par l’avant, puis avançai jusqu’au milieu. Debout, je surveillais les arrêts pour ne pas manquer ma destination où j’arrivai bientôt et où m’attendait un désagrément.

C’était la première fois que je me rendais au Musée d’Art Contemporain. Vainement, j’en cherchais l’entrée, jusqu’au moment où la serveuse du café attenant me demanda ce que je voulais. Je lui expliquai que je venais voir l’exposition de photos de Jean-Luc Mylayne. Elle me signifia que le musée était ouvert du mercredi au dimanche, comme cela était indiqué sur la façade. Me sentant un peu bête, je la remerciai et fis demi-tour… Qu’un musée soit fermé le lundi, oui, ça, je le savais, mais le mardi ! Comment aurais-je pu m’en douter ? En me renseignant plus précisément en amont au lieu de m’en tenir à l’article d’un magazine culturel qui mentionnait la période de l’exposition, par exemple. Dépitée, mais avec la ferme intention de revenir avant le 2 août, j’attendis le passage de la navette qui me conduirait jusqu’à la Part Dieu. J’avais soif.

Une fois sur place, je m’achetai une bouteille d’eau plate et fraîche et déambulais dans une atmosphère tempérée par la climatisation. Les soldes avaient débutés depuis une semaine, c’était peut-être l’occasion de faire quelques emplettes à bon prix au-delà des produits de beauté estampillés écolos pour lesquels j’avais fait le déplacement et qui, bien évidemment, ne bénéficiaient d’aucune réduction… Aucune vitrine n’attira particulièrement mon regard, nulle part une figurine à l’effigie de Ponyo, rien de tentant et les CD que je trouvai à la FNAC ne faisaient pas partie des lots à prix cassés. Je les acquis donc au tarif normal avant de regagner la sortie.

J’avais pris sans réfléchir la porte de la bibliothèque, celle qui conduit à la gare. Il me fallut revenir du côté de l’entrée principale du centre commercial. Je passais ainsi devant la grande entrée de la bibliothèque que je n’avais jamais vue auparavant, ayant toujours accédé à ce bâtiment par l’intérieur, le niveau 2 de la Part Dieu. Cette entrée extérieure me parut gigantesque, comme me parut relativement distant le chemin à parcourir jusqu’aux arrêts de multiples lignes de bus dont celui de la navette relais que je devais maintenant prendre. Je réalisai ainsi combien je connaissais mal ce lieu que j’avais pourtant beaucoup fréquenté étudiante.

Il y avait du monde dans la navette et le trajet sur route était beaucoup plus long et encombré que celui sur rail et souterrain. Je sentais monter en moi une pointe d’énervement contenue toutefois par la langueur qui m’enveloppait depuis le début de la journée. Je me demandai, un peu tardivement, si je n’aurais pas mieux fait de rejoindre la ligne D à pieds. Enfin, nous atteignîmes Saxe-Gambetta. Les portes s’ouvrirent et je me laissai porter par le flux des voyageurs jusqu’à l’entrée du métro où nous fûmes bloqués par des portillons incapables d’assurer la validation de tant de titres de transports à la fois. L’impatience grondait. Un agent TCL tentait de réguler mais des usagers forcèrent le passage. Une jeune femme devant moi lança un « ça va bien comme ça » correct mais excédé à l’agent qui voulait la retenir. Je la suivis, sans passer mon ticket dans l’appareil. Il me fallut encore me rendre sur le bon quai. Fatiguée, j’avais hâte de rentrer chez moi, rêvant d’une bonne douche.

* Aujourd’hui, bien que ne possédant toujours pas de smartphone, je ne poserai pas la question

PS : je suis donc retournée voir la très belle exposition de Jean-Luc Mylayne qui photographie des oiseaux. Voici un lien qui donne un aperçu de son travail.

Mars - Avril 2001
Mars – Avril 2001

Je métal

Mardi 7 juillet 2015, je me terre à la cave pour échapper au soleil de plomb. Le bazar autour de moi me rappelle les travaux suspendus à l’étage. Sans m’émouvoir : il fait trop chaud pour que je m’active. Je préfère m’économiser. Prendre le frais et du recul. D’autant plus casanière que la journée est caniculaire.
Installée sur un clic-clac,
Au milieu de tout un bric-à-brac
J’écris sur un cahier
Le brouillon de mon billet.
Les vers ne sont pas vraiment volontaires. Ils viennent comme un appel à jouer avec les rimes de hasard du dernier numéro des Papous dans la tête de la saison.

Oui, oui, oui. Après. Je n’oublie pas. Une chose après l’autre.

L’idée m’a traversé l’esprit de partager un texte de l’été 2009, une tranche de vie à la langueur proche de celle du jour. Seulement, jeudi dernier, j’ai fait un lien que j’avais très envie d’explorer.
Retrouvant mon agenda sur la table à repasser alors que je le cherchais partout ailleurs (c’est-à-dire à un endroit plus commun pour un agenda : comme mon sac à main ou la table, encombrée, du salon) je me suis fait cette réflexion : « je m’étale » qu’une fulgurance lacanienne m’a fait décoder en « je métal » .

Ben oui. Evidemment.
Non que je sois une adepte de Iron Maiden ou Metallica, mais parce que j’ai une grande part de métal dans mon thème énergétique.

Comme certain-es le savent et d’autres pas, le thème énergétique s’apparente à la structure de la personne à sa naissance dans une approche énergétique chinoise. Je cite l’explication que donne Marie-Pierre Dillenseger dans un entretien sur le site de l’INREES :

L’idée est qu’à chacune des quatre données temporelles de naissance (l’année, le mois, le jour et l’heure) sont associées des qualités énergétiques. Et ces qualité énergétiques se décodent par des combinaisons des 12 animaux du zodiaque chinois (rat, boeuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien, cochon) et des 5 éléments (bois, feu, terre, métal, eau).

J’ai eu l’occasion de suivre avec grand intérêt un atelier en la matière il y a un peu plus d’un an maintenant. L’énoncé des caractéristiques correspondant à chaque élément a fait plusieurs fois résonner ces mots dans ma tête « ah d’accord ! C’est pour ça… » Cet atelier a vraiment été révélateur.

Et donc, proportionnellement, le métal représente près de la moitié d’un camembert dans mon thème, ce qui fait beaucoup par rapport aux quatre autres éléments.

Qui dit métal peut dire armure. Armure qui protège et isole.

5-nono44(Euh non, non, je ne suis pas sur le point de me transformer en cyberwoman)

C’est un peu comme une bulle, une armure.
En plus lourd. En moins transparent.

Qui dit métal, dit aussi épée. Eh eh ! Tranchée par l’épée l’armure devient art mûr (il en aura mis du temps à mûrir !). Voilà, le mouvement libéré, youpi ! Euh, oui, doucement les mouvements, il fait encore chaud sous le soleil et puis ça tape sous le crâne. Pffffffiou.

Le plomb est un métal. L’or en est un autre.
J’aime bien l’idée (qui n’est pas de moi mais que je fais mienne) d’être l’alchimiste de ma vie qui va transformer son plomb en or.