Histoires de tapis

Le sujet de cette chronique est donc cet « ouvrage de fibres textiles, destiné à être étendu sur le sol » comme le définit mon vieux Petit Robert (édition 1993) et avant même de commencer, je me demande s’il est de taille à être déroulé ou si ce n’est qu’une carpette. Je me demande aussi, sous le regard d’un chat derrière la porte-fenêtre — un chat qui vient réclamer pitance depuis cet été sans faire partie de la maisonnée — je me demande donc si c’est un beau tapis que je vais dérouler. Un tapis c’est toujours beau, non ? Ben non, en fait. Si le mot résonne beau, moelleux, doux, majestueux, palais des mille et une nuits à mes oreilles, l’objet véritable ne détient pas toujours ces qualités. J’en veux pour preuve celui qui était dans le salon jusqu’à la semaine dernière. Jusqu’à ce que j’aille dans un magasin en trouver un à mon goût, dans ce magasin où j’ai entendu une femme dire, alors que j’étais en train d’évaluer mon envie face au tapis qui m’avait tapé dans l’œil : « Celui-là, oui… Mais, faut aimer… » . Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre sa phrase pour moi, même si elle s’adressait à une autre personne. Chut les doutes ! Oui, j’ose le rouge dans le salon. ça réveillera la pièce. C’est une belle couleur chatoyante, comme celle du tapis de la nouvelle que j’ai écrite il y a quelques années et que je proposerai bien à un concours de nouvelles.

Synchronicités autour du tapis…

Le texte m’est revenu en mémoire le lundi précédent, premier jour d’une semaine de repos à l’emploi du temps bien rempli. J’ai découvert l’annonce dans mes courriels : « troisième concours de nouvelles courtes » . L’envie d’y participer a suivi et s’est faufilée assez vite l’idée que j’avais peut-être un texte sous le coude, du moins dans mes dossiers. Cette histoire de tapis… Assez courte et avec une chute. Une vraie chute de nouvelle. J’ai vérifié le nombre de signes. Ah, trop important. C’est vraiment très court 4500 signes ! Après réduction, coupe de paragraphes entiers — ah, dommage, j’aimais bien la tasse de thé, l’élément contribuait à l’histoire — j’ai obtenu le nombre de signes requis et mis le texte en attente, un peu comme une pâte qu’on laisse reposer. J’y reviendrai plus tard et si je sens que la coupe a été trop franche, je me lancerai sur un autre sujet. La date limite de participation étant fin novembre, j’ai du temps devant moi.

J’ai repris le cours de ma semaine de repos à l’emploi du temps bien rempli. Le jeudi, je suis allée voir pour un revêtement de sol de salle de bain.
Rappel des épisodes précédents : après réflexion, je suis revenue sur ma décision de laisser les carreaux en PVC dans une pièce aux murs refaits. Après hésitation, j’ai opté pour du carrelage, sans trouver de modèle qui me plaise vraiment dans les deux magasins visités. Et puis un collègue de travail m’a parlé de balatum… Souvenir… C’était le revêtement dans la maison de ma petite enfance.
Donc, jeudi de la semaine dernière, c’était le jour J. Je me suis rendue à Saint Maclou. En arrivant sur le parking, j’ai souri en voyant qu’il était écrit tapis sur la devanture. Comme un écho à l’histoire que j’avais en tête. Je me suis imaginée me faire alpaguer par un marchand de tapis en franchissant la porte. C’est un vendeur qui est venu à ma rencontre dans le rayon des gros rouleaux de vinyle et m’a proposé les modèles adaptés à une salle de bain verte et blanche. Le choix s’est avéré réduit et sur commande. J’ai opté pour le plus clair qui était aussi le plus moelleux, euh, le plus épais. Après l’enregistrement de la commande et le versement d’un acompte, je suis allée faire un tour du côté du coin tapis, en repérage. Je suis revenue deux jours plus tard, sûre de mon choix et des dimensions adéquates du tapis.

Depuis une semaine, j’admire le tapis dans le salon.

Tapis, tapis rouge…

C’est pas une comptine ?

D’un clic sur le tapis de souris, j’effectue une rapide recherche sur internet : pomme de reinette et pomme d’api… Ah oui ! D’un clic à l’autre — un œil sur la pendule parce que j’ai concert ce soir — je découvre même des paroles en plus du refrain, sur le site de Bernard Loffet, luthier bien connu du secteur folk. Extrait :

Trois p’tites pommes poussaient sur un pommier
Dans un tout petit village
Trois p’tites pommes poussaient sur un pommier
Dans un tout petit verger…

Pomme de reinette et pomme d’api
D’api, d’api rouge
Pomme de reinette et pomme d’api
D’api, d’api gris

Ce n’est pas si surprenant, derrière les comptines il y a des chansons traditionnelles et ce jour (c’est-à-dire à l’heure de la rédaction, pas de la mise en ligne), il y a un concert à Arcisse. Je n’avais pas imaginé aboutir à ce lien en commençant cette chronique. J’avais plutôt imaginé m’envoler sur un tapis volant. Mais les mots ont décidé de tisser un joli lien entre plusieurs parties de ma vie.

Concert Chants Des Alpes

Cette nuit, je rêverais bien de survoler les Alpes en tapis…

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