Splash !

Cette chronique n’a rien à voir avec le film du siècle dernier (Ron Heward, 1984). Elle est inspirée du temps pluvieux du mois de mai (Ok, là on vient d’avoir deux jours de beau temps, trois si je compte aujourd’hui, mais il vente drôlement fort et l’orage menace…) et vient en place d’une autre chronique au sujet d’une montée d’escalier, initialement programmée pour le 26 avril et pas encore écrite (je vais peut-être finir par me contenter de la photo d’illustration…).

Donc.
En mai fais ce qu’il te plait.
J’ai commencé par ressortir un pull.
Puis il y a eu deux, trois jours fleurant bon l’arrivée de l’été, où j’ai revêtu avec joie une petite robe printanière. Comme ce n’est pas l’idéal, la petite robe, pour passer la tondeuse, j’ai reporté la tonte de la pelouse à la semaine suivante… Sauf que les nuages étaient de retour et il a plu, il a plu encore et encore. La fonte des Saints de Glace… L’herbe en a profité pour pousser encore plus haut. Des escargots sont venus explorer la terrasse, et moi je suis allée me promener, c’est-à-dire que je suis rentrée à pieds du garage où j’ai conduit la voiture pour faire changer les pneus. Un kilomètre sous la pluie, ça rafraîchit la tête (pas comme le soleil… Non, parce que, hier, il m’a un peu trop tapé sur le crâne, bref), un kilomètre sous la pluie, ça rafraîchit la tête donc et les pieds.

Splash ! Dans la flaque !

La veille de ma petite excursion sous la pluie, j’avais vu une vidéo enthousiasmante de ForestKids Early Learning- Forest school, une école en forêt (garderie et maternelles) au Canada, montrant le bonheur des flaques « Loving the puddles !!!! » . Je n’ai pas osé sauter dans les flaques, mais c’est bien cette joie enfantine qui a surgi quand un de mes pieds se posait à proximité d’une petite étendue d’eau.

Je me suis souvenue d’un petit garçon en bottes en caoutchouc au Jardin des Plantes sautant joyeusement à répétition dans une flaque sous le soleil. Il était mignon tout plein à voir et je l’aurais bien croqué, si j’avais eu un crayon, du papier, et le coup de patte.

En devenant adulte, on perd, souvent, le goût des joies simples. On ne s’amuse plus à sauter dans les flaques, même si l’envie reste bien là, tapie quelque part au fond de soi. Si, si. Ecoutez. Cherchez bien. Ressentez… Vous n’entendez pas le bruit délicieux des pas dans les flaques ?

Et si je vous dis Singing in the rain,

singing_rain

Il ne vous met pas en joie Gene Kelly chantant et dansant sous la pluie ?

Je me souviens d’un jour, faisant le tour de l’Hôtel des Invalides à Paris, trempée jusqu’aux cuisses (c’est là que j’ai compris tout l’intérêt d’avoir un grand parapluie et l’adresse de sa destination dans sa poche ou son sac…), cherchant désespérément à regagner l’hôtel qui n’était pas loin pourtant, mais où exactement ? Avant de revenir à mon point de départ, une fois le tour fini, et de réaliser que je n’avais tout simplement pas pris la bonne rue, j’étais partagée entre un grand abattement et cette joie magnifique. Je n’ai pas sauté dans les flaques, ce jour-là, pourtant, le résultat a été le même, aspergée que j’étais par les véhicules roulant près du trottoir.
Une fois dans la bonne rue, j’ai retrouvé l’hôtel — ah ! — et demandé un sèche-cheveux à l’accueil pour mon pantalon.

Vendredi dernier, après un retour et un aller au garage, en veste imperméable, mais sans parapluie (qui était resté dans la voiture, alors que je le croyais à la maison, puisqu’il n’était pas rangé dans la boîte à gants où il est habituellement), j’étais bonne pour changer de pantalon. N’empêche. Je ne me suis pas pressée. Je marchais avec une certaine nonchalance, Adamsberg en tête. Car depuis que j’ai entendu Pars Vite et Reviens Tard dans sa version feuilleton radiophonique, je me suis replongée avec délices dans les romans de Fred Vargas. Un peu de pluie, ça peut pas faire de mal.

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