Je vous présente Persiflette

La chronique du jour est un peu particulière, puisqu’il s’agit de jouer l’intervieweuse d’une copine, que dis-je ! d’une autre moi-même, nouvellement entrée dans la blogosphère : Persiflette d’Attrapelune. Un bien joli nom pour un charmant oiseau.

160629_PersiflettePersiflette a choisi l’été pour partager ses premières pages de péages.
En effet, depuis le 20 juin dernier, elle met en ligne histoires et anecdotes de la vie au péage d’autoroute, des tranches de vie plus ou moins anciennes, sans ordre chronologique, car elle a décidé de n’en faire qu’à sa tête, en prenant soin tout de même de titrer par date pour garder un point de repère.

La Petite Rosette : Alouette qui n’en fait qu’à sa tête, corbeau de fable, merle moqueur, quel genre d’oiseau es-tu ?

Persiflette d’Attrapelune : Un drôle j’espère ! Disons, un oiseau à plume. De celle qui écrit, si tu vois ce que je veux dire.

LPR : Oui, je vois très bien. C’est donc cette plume qui t’a portée à « donner vie à ce blog » ?

PA : D’abord, je dois préciser que je ne suis pas la créatrice de ce blog. J’en reprends les rênes après la défection de Lady Nosaure disparue aussi vite qu’apparue. Un peu trop jurassique peut-être… Bref, après rafraichissement de la mise en page, j’ai effectivement dans l’idée de donner vie à ce blog, avec l’envie de partager ce que j’ai relevé d’abord pour moi pendant des années. A quoi ça sert de tout consigner pour soi dans des journaux de bord ? Enfin, quand je dis tout, j’exagère. Il s’agit surtout de « petites choses » — si je peux me permettre le clin d’œil — des trucs qui me semblaient, et qui me semblent encore, intéressants, marquants ou surprenants. Des trucs à raconter. L’humeur du moment.

LPR : et combien en as-tu de ces journaux de bord ?

PA : Une douzaine. J’ai commencé en 2001, le lundi 18 juin.

LPR : ce qui fait quinze ans tout juste entre la première page dans le cahier et la première page en ligne…

PA : Ah oui, tiens ! Quinze ans pile ! Wouah ! Je n’avais pas remarqué ! J’avais noté sur la première page du premier journal : « un cahier pour ne plus noter les mots sur des feuilles volantes » … Les feuilles volantes, on finit par les semer, ce qui est fort dommage. D’autant plus qu’elles ne poussent pas. Je me demande si je pourrais remettre la patte dessus d’ailleurs… Ce serait chouette d’en retrouver. Parce que déjà en quinze ans la vie au péage a drôlement changé, alors en vingt ou plus ! Faudra que je cherche !

LPR : C’est du brut ce que tu mets en ligne ?

PA : Presque. Enfin, ça dépend. Soit je recopie une page complète de journal, qui devient alors une tranche de vie, soit j’extrais un élément saisi au vol, sur le vif ou alors une réflexion personnelle. Voilà pour l’idée de classement. Après, ce n’est pas toujours facile de classer justement…

LPR : Tu écris tous les jours ?

PA : A une période oui, mais plus maintenant. Le défi d’écrire quelque chose à chaque poste s’est émoussé. Mais qui sait… Peut-être que le blog va le réveiller.

LPR : C’est ce que je te souhaite, Persiflette. Est-ce que tu connais déjà le sujet de ta prochaine page ?

PA : Pas du tout ! Peut-être qu’il s’agira de quelque chose d’avant 2001, si je trouve. Ou du tout frais de juin 2016…

LPR : tu n’aurais pas une anecdote pour conclure ?

PA : Là tout de suite, non. Demain peut-être. Faudra venir voir sur le blog !

Savoir se poser

J’ai mon bracelet pour me le rappeler : « carpe diem », mais parfois ce n’est pas suffisant. Je crois me poser, mais en fait ça cogite toujours dans ma tête.

Ce n’est pas facile de prendre du temps pour soi, de se poser pour de vrai. Bien-sûr il y a les rendez-vous bien-être : massages, réflexologie plantaire, shiatsu et autres techniques que je ne connais pas. Ce sont des moments de détente qui font du bien, mais après ? Une fois repris la voiture et rentrée chez soi, au bout de combien de temps le mental reprend le gouvernail ? Un peu trop rapidement. Hop, hop, hop ! Voilà, c’est reparti ! Au boulot, planning, ne pas oublier ça et t’as vu tout ce qui traîne ? Oui, mais j’avais dit que ce n’était pas ma priorité. N’empêche, ça traîne. Pfffff. Quand l’ego s’en mêle, c’est galère puissance 12. (Et pourquoi douze ? Parce que ! C’est le nombre qui vient.)

J’ai beau savoir qu’il est nécessaire de se poser pour se ressourcer et pouvoir ensuite bondir et rebondir, les conseils de pause détente finissent par sonner comme des injonctions stressantes. Oui, je veux bien me poser, mais comment j’arrête le petit vélo dans la tête (qui couine aussi en plus des fois) ?

A vrai dire, j’ai bien quelques trucs pour faire des parenthèses.

Respirer.
On oublie souvent qu’on respire et c’est bien dommage. Respirer en conscience permet de se centrer, de s’ancrer. J’ai affiché quelques mots de Thich Nhat Hanh dans les toilettes.

La plénitude de l'instant

Ecrire trois pages le matin.
Il s’agit de l’exercice phare tiré de libérez votre créativité de Julia Cameron, rebaptisé « douche cérébrale » par Jean-Jacques Crèvecœur, car c’est le but de l’exercice : écrire tout ce qui vient pour se libérer la tête. Ça ne vient pas toujours facilement, mais ça fait beaucoup de bien. La première fois que j’en ai entendu parler, l’exercice m’a paru impossible : écrire trois pages, comme ça sur rien, sans sujet, juste pour écrire… Non ! Envisagé sous l’angle d’une douche cérébrale, il devenait autrement intéressant et je l’ai adopté.

Méditer.
Grâce aux parcours de méditation de Deepak Chopra, je me pose plus ou moins vingt minutes par jour pendant vingt-et-un jours. Plus ou moins parce qu’il arrive à mon mental de n’en faire qu’à sa tête… Des fois, il veut bien se poser un peu.

En fait, j’ai l’impression que plus je prends le temps de faire des pauses, plus mon cerveau s’emballe après. Comme s’il avait besoin de se sentir exister. Qu’il ait besoin d’activité, je l’entends bien et je l’aime mon cerveau quand il m’entraîne sur les chemins de la réflexion, ou de l’analyse, qu’il crée un pont entre deux idées. Mais qu’est-ce qu’il me fatigue à ne pas savoir s’arrêter, à s’agiter, à s’affoler, à tourner en roue libre ! Alors je le distrais, ce qui me fait perdre mon temps et remplit mes chaussures de petits cailloux : autrement dit, j’ai des scrupules ! Ah la la la la !
(Je dis ça juste en passant : si tu n’avais pas passé du temps à faire défiler les publications de ta page d’accueil sur facebook, tu n’aurais pas eu connaissance de l’étymologie de scrupules… Ok, je te l’accorde.)

Je me demande s’il existe un truc infaillible pour le calmer…

Contempler un chat dormir.

Rien de plus apaisant que de contempler un chat qui dort. Si ! Partager ce moment avec lui. Avec eux. Je me souviens de ce moment magique, malade mais entourée de trois boules de poils qui veillaient mon sommeil.

Haïku_160410

Les chats.
Ils me rappellent le message d’une méditation de Deepak Chopra : être ici est suffisant. Faire une pause c’est expérimenter de ne rien faire, ne rien penser, ne rien dire, juste être dans la gratitude du fait d’être vivant-e.

Namasté

Je me demande

Je me demande si je saurai libérer mon imagination en  m’interrogeant sans attendre de réponse*…

Je me demande ce que je pourrais bien me demander…

Je me demande dans quel état j’erre…

Je me demande où je serai dans dix ans…

Je me demande ce que je ferai dans un an pile, le jeudi 8 juin 2017…

Je me demande où trouver l’inspiration…

Je me demande quelle sera ma prochaine aventure de chant…

Je me demande quand viendra le jour où j’aurai un livre publié…

Je me demande combien de personnes vont lire cette chronique…

Je me demande pourquoi je suis perturbée à l’idée d’être dérangée…

Je me demande quelle histoire me raconterait un escargot si je pouvais entrer en communication avec lui (après avoir une formation en communication animale)…

Je me demande si c’est bien sérieux de suivre une formation en communication animale…

Je me demande si l’escargot me donnerait l’autorisation de transmettre son histoire…

Je me demande si je pourrais être ermite…

Je me demande ce que je préfère dans le fond…

Je me demande à quoi rêvent les vaches…

Je me demande ce qu’il y a au-delà de l’arc-en-ciel…

Je me demande pourquoi on se complique la vie…

Je me demande où va le vent…

Je me demande si le lit de la rivière est confortable…

Je me demande ce que comptent les moutons pour s’endormir…

Je me demande si se demander est aussi merveilleux, que peut être wonderful de to wonder

Je me demande si quand bien même…

Je me demande comment…

je me demande combien…

Je me demande quoi donc…

Je me demande pourquoi pas…

Je me demande où est l’artiste…

Je me demande à quelle heure…

Je me demande sine qua non

Je me demande si on est à l’ouest quand on perdu la boussole…

Je me demande si on change de perspective avec un nez de clown…

Je me demande quand je vais apprendre la chanson populaire : « elle avait une coccinelle » …

Je me demande si les limaces sont gourmandes de pieds de tomate…

Je me demande ce qui fait gonfler les nuages comme des blancs en neige…

Je me demande si j’ai de quoi publier un recueil…

Je me demande si je vais écrire une chronique sur la montée Coquillat…

Je me demande comment ça a commencé…

Je me demande comment tout ça va finir…

Je me demande à quoi ressemblerait le cantique du quantique…

Je me demande si je me demande des choses inconsciemment…

Je me demande combien de moi cohabitent en moi…

Je me demande comment savoir…

Je me demande comment être sûre…

Je me demande pourquoi oui…

Je me demande pourquoi il y a des coquelicots de l’autre côté du mur et pas dans ma cour…

Je me demande pourquoi pas…

Je me demande à combien d’interrogations j’en suis…

Je me demande à quoi ça sert de se prendre la tête…

Je me demande pourquoi il y a tellement de circulation…

Je me demande où se pressent les gens…

Je me demande ce qu’il y a de tellement important…

Je me demande si les martiens ont la rage…

Je me demande si ré mi la si ré la mi bémol…

Je me demande si je vais aller à la fontaine de l’Ours au mois d’octobre…

Je me demande pourquoi non…

Je me demande si je manque aux chats quand je ne suis pas là…

Je me demande si je cale en bourg…

Je me demande à quel niveau sonore les claques sonnent…

Je me demande si ça vous intéresse ce que j’écris…

Je me demande ce que j’ai dans la tête…

Je me demande et après…

Je me demande ce qu’il y a de l’autre côté du miroir…

Je me demande si je peux tout faire toute seule…

Je me demande quel est mon animal totem…

Je me demande à quoi pense le chat qui m’interroge du regard…

Je me demande comment échapper à l’agitation du monde…

Je me demande comment rester centrée sur l’essentiel…

Je me demande si l’essentiel est le même pour chacun-e…

Je me demande dans quelle dimension se situe l’infiniment petit…

Je me demande dans quelle dimension se trouve l’infiniment grand…

Je me demande si l’infiniment petit et l’infiniment grand se rejoignent dans l’infini…

Je me demande si les univers parallèles se croisent quelque part dans l’espace courbe…

Je me demande où sont les songes en journée…

Je me demande si là-bas c’est plus bas que là-haut…

Je me demande si là-haut c’est plus loin que là-bas…

Je me demande où est mais donc Ornicar…

Je me demande si j’ai perdu le fil…

Je me demande si je vais arriver au bout…

Je me demande au bout de quoi…

Je me demande si certaines interrogations sont typiques de l’hémisphère gauche, d’autres de l’hémisphère droit et si certaines son issues des deux hémisphères à la fois…

Je me demande ce que je raconte…

Je me demande où j’en suis…

Je me demande si je vais finir avant la nuit…

Je me demande pourquoi tout n’est pas fluide tout le temps…

Je me demande où ça bloque…

Je me demande ce qui débloque…

Je me demande si je serais capable d’écrire jusqu’au bout de la nuit…

Je me demande à quoi tient l’humeur…

Je me demande comment trouver l’équilibre…

Je me demande pourquoi il y a toujours un chat qui veut rentrer ou sortir ou manger quand je suis occupée…

Je me demande quel effet ça fait de marcher sur un fil…

Je me demande pourquoi aller jusqu’à cent…

Je me demande si je suis drôle…

Je me demande ce que je représente pour mes chats…

Je me demande pourquoi mon mental fait de la résistance…

Je me demande ce que chantent les oiseaux…

Je me demande si je vais réussir une photo de merle…

Je me demande pourquoi je me disperse sans cesse…

Je me demande si mon imagination est assez libérée…

* Exercice proposé par Sonia Choquette, notamment dans le cahier d’exercices du défi des 100 jours spécial intuition, en collaboration avec Lilou Macé. A découvrir dans cette conférence sur le pouvoir de l’intuition.

A mamie (novembre 1921 – mai 2016)

Hier, j’ai rendu visite à ma grand-mère. Ses reins la font souffrir. Elle a fait une chute en début d’été, même qu’elle s’est cassé le poignet. Les os se sont bien ressoudés après un mois de plâtre, par contre le bas de son dos est toujours tassé. Du coup, elle ne sort plus. Privée de parties de belote avec ses copines, elle s’ennuie, toute seule, chez elle. En dehors de la télé, il lui reste la lecture comme loisir. Elle m’a demandé de lui acheter quelques bouquins. Me voilà donc déposée en ville par mon oncle croisé chez elle avec une liste de livres en Poche.

J’ai cherché dans les rayons, sans trouver. J’ai demandé à une libraire en lui précisant bien : « c’est pour ma grand-mère » (non, parce qu’on n’a pas exactement les mêmes lectures ma grand-mère et moi…). La libraire m’a sortie trois romans en bas du rayon science-fiction. Je l’ai remerciée et j’ai regardé les titres dans la liste du carnet de mamie. Aucun ne correspondait. J’ai opté pour les deux publications de 2003 et consulté scrupuleusement tout le rayonnage : aucun titre de la collection Aventure et Passion. Ah… Je repartirai donc avec seulement deux livres : L’Amour masqué et Sélina et le marquis. J’ai été soulagée de voir la libraire à la caisse les glisser dans un sac plastique opaque, non que je sois super gênée de transporter des romans d’amouuuuuur, n’empêche, c’était quand même mieux pour un petit tour dans la rue piétonne.

Il n’y avait pas foule. Seulement un attroupement chez la marchande de glaces. J’ai ralenti le pas, mais la gourmandise ne m’affolant pas les papilles, j’ai continué tranquillement mon chemin.

La marche en plein soleil me rappelait vaguement quand j’étais petite et qu’on allait à pieds avec maman et mon frère dans la poussette rendre visite à mes grands-parents. Il faisait chaud et je cherchais désespérément l’ombre.

J’étais encore perdue dans mes pensées en abordant le quartier de chez mamie quand un chien s’est mis à aboyer derrière une haie. Une voix lui a dit de se taire, que ce n’était rien. Juste un moineau. Ça m’a plu d’être un petit oiseau.

J’ai trouvé la route moins longue que je l’imaginais.

[mercredi 20 août 2003]