A mamie (novembre 1921 – mai 2016)

Hier, j’ai rendu visite à ma grand-mère. Ses reins la font souffrir. Elle a fait une chute en début d’été, même qu’elle s’est cassé le poignet. Les os se sont bien ressoudés après un mois de plâtre, par contre le bas de son dos est toujours tassé. Du coup, elle ne sort plus. Privée de parties de belote avec ses copines, elle s’ennuie, toute seule, chez elle. En dehors de la télé, il lui reste la lecture comme loisir. Elle m’a demandé de lui acheter quelques bouquins. Me voilà donc déposée en ville par mon oncle croisé chez elle avec une liste de livres en Poche.

J’ai cherché dans les rayons, sans trouver. J’ai demandé à une libraire en lui précisant bien : « c’est pour ma grand-mère » (non, parce qu’on n’a pas exactement les mêmes lectures ma grand-mère et moi…). La libraire m’a sortie trois romans en bas du rayon science-fiction. Je l’ai remerciée et j’ai regardé les titres dans la liste du carnet de mamie. Aucun ne correspondait. J’ai opté pour les deux publications de 2003 et consulté scrupuleusement tout le rayonnage : aucun titre de la collection Aventure et Passion. Ah… Je repartirai donc avec seulement deux livres : L’Amour masqué et Sélina et le marquis. J’ai été soulagée de voir la libraire à la caisse les glisser dans un sac plastique opaque, non que je sois super gênée de transporter des romans d’amouuuuuur, n’empêche, c’était quand même mieux pour un petit tour dans la rue piétonne.

Il n’y avait pas foule. Seulement un attroupement chez la marchande de glaces. J’ai ralenti le pas, mais la gourmandise ne m’affolant pas les papilles, j’ai continué tranquillement mon chemin.

La marche en plein soleil me rappelait vaguement quand j’étais petite et qu’on allait à pieds avec maman et mon frère dans la poussette rendre visite à mes grands-parents. Il faisait chaud et je cherchais désespérément l’ombre.

J’étais encore perdue dans mes pensées en abordant le quartier de chez mamie quand un chien s’est mis à aboyer derrière une haie. Une voix lui a dit de se taire, que ce n’était rien. Juste un moineau. Ça m’a plu d’être un petit oiseau.

J’ai trouvé la route moins longue que je l’imaginais.

[mercredi 20 août 2003]

2 réflexions sur “A mamie (novembre 1921 – mai 2016)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s