Clown triste

[Défi une pastille par jour 44/100]

C’est l’histoire d’une clown triste, toute dépitée d’avoir perdu son nez.

Elle l’avait glissé dans son sac, rouge, pour conserver près d’elle cette part précieuse d’elle-même. Mais un jour, il n’y est plus. Disparu. Echappé, tombé, envolé.

Oh le drame intérieur !
Oh le cœur gros !
Oh la sensation d’amputation !

Elle a voulu espérer l’avoir rangé quelque part, sans savoir où. Elle a cherché un peu partout, sans trop y croire, sans le trouver.

Elle s’est dit qu’à trop être négligé, il s’était fait la malle.

C’est l’histoire d’une personne qui conservait son cœur caché, toute dépitée d’avoir perdu son masque pour l’afficher.

Il suffira.. ou pas

[Défi une pastille par jour 43/100]

Il suffira d’un cygne,
Un mas teint
Un matin toux tranquille
Et ce rein
Tu rimais soie tranquille
Ces cerfs thym
C’était cris dans nos livres
En latin

– Ah… Oui, voilà, c’est pour ça. C’est à cause du latin. La traduction est mauvaise et on ne comprend rien.

– Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ? Allez, chut. Je chante :

Il suffira d’un signe
Un matin

– Euh, pardon mais…

Un matin tout tranquille
Et serein

– Là, c’est plutôt le soir…

MAIS LAISSE-MOI TRANQUILLE
UN MATIN
J’aurai tout ce qui brille
Dans mes mains

– Là, je crois que tu as un peu mangé des paroles…

– Oui, et la faute à qui ? Est-ce que tu vas me laisser chanter à la fin ?

– Désolée, mais non, en fait. Et tu sais pourquoi ?

Laisse tomber cette pastille
Elle vaut rien
C’est de la pacotille
Crois-le bien
Lâche ton stylo-bille
C’est la fin
S’il te plaît sois gentille
A demain

Cour champêtre

[Défi une pastille par jour 42/100]

Parfois, j’ai l’impression que ma cour laisse à désirer par rapport à celle de mes voisins directs — mais faut-il comparer ?

L’autre jour, ma voisine m’expliquait qu’elle traitait contre la mousse, ressemait un peu de pelouse régulièrement, nourrissait de terreau.

Je ne fais rien de tout ça.

Dans mon carré de terre un peu vague, la pelouse est clairsemée, la mousse s’étend à son aise, poussent à leur gré pissenlits, primevères et pâquerettes.

A vrai dire, je la trouve agréablement champêtre ma cour fleurie.

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Libre

[Défi une pastille par jour 40/100]
Suivant la même règle que la pastille 38/100, avec dans l’idée de faire une « image du soir »

Allongée sous la couette
Les yeux ouverts
A trois heures du matin
Un sourire brille
Dans la nuit noire
Le réveil inopiné
A fixé un rêve solaire
Une idée a germé
Partir
Partir en voyage
Virevolter ici et là
Tourbillonner à travers le monde
Danser tout autour de la Terre
Libre

Quelque chose de palpable dans l’atmosphère


[Défi une pastille par jour 39/100]

Il y a comme de l’électricité dans l’air.
il suffirait d’un rien pour qu’explose une colère.
Sous un calme apparent, la tension est palpable :
Un mot, un aléa… Le moindre grain de sable
Est susceptible de déclencher une forte tempête,
Quand on se perd, que le cœur n’est plus à la fête.

Image du matin

[Défi une pastille par jour 38/100]

Règle du jeu :
écrire plusieurs fois de suite un premier mot, n’importe lequel, et en laisser  venir d’autres à la suite sans réfléchir ; relire ; en souligner deux ou trois ; recommencer l’exercice trois ou quatre fois ; écrire un texte à partir des mots soulignés, en l’occurrence onze mots (onze comme une équipe de foot — mais non je n’écris pas avec les pieds !) : lentilles, douceur, arabesque, cliché, lalala, matin, café au lait, matinal, phare, amer, le bruit des vagues.

Un cliché l’odeur du bol de café au lait pour un réveil en douceur ? Peut-être. Enfin, non. Un temps suspendu. Une certaine image du petit déjeuner idéal. Le regard par la fenêtre, rêveur.

Je m’imagine face à la mer en haut d’un phare perchée, bercée par le bruit des vagues.
Les doigts dansent, décrivant des arabesques.

Le jour se lève. Peut-être que je verrai une mésange dans la cour. Ou un merle.

C’est le matin, je prends mon temps. Pas de Matinale, d’infos de la radio qui laissent un goût amer. Je préfère le joyeux pépiement des oiseaux qui font chanter le cœur : lalala…

Et je me demande ce que je vais préparer pour le déjeuner…

Des lentilles.
Oui, c’est bien des lentilles.

D’un petit livre à l’autre

[Défi une pastille par jour 37/100]

Passer de l’état de glace
A l’état liquide
Par une respiration fluide
Pour gagner la grâce

C’est un petit livre, Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc de E. HERRIGEL, qui m’a inspiré ce quatrain, ce petit livre, que j’avais dans ma « bibliothèque » , s’étant rappelé à moi après la lecture de L’Esprit du haïku de TERRADA Torahiko.

Au départ, il y a quelques semaines, j’étais à la recherche de J’écris des haïku de Véronique BRINDEAU et Sandrine THOMMEN. Un livre pour enfants, petits et grands.

Mais, chut, faisons taire la pensée.

Du liant de la loi en un lieu

[Défi une pastille par jour 36/100]

Soit un lieu.
Dans ce lieu
Ce qui lie eux,
— Individus anonymes qui,
Indépendamment les uns des autres,
Partagent ce lieu —
Le liant entre eux, donc,
C’est la loi.
C’est-à-dire que,
On prend les œufs et on fait une omelette…
Euh, non…
Il n’y a pas de poules dans cette histoire.
Donc,
On les unit, eux,
— Pronom personnel à la troisième personne du masculin pluriel —
En les assemblant en un cercle
Au cœur du lieu
Entre l’l et l’i :
En un O.
Oh !
Ainsi,
Par la loi,
Ils, les eux du lieu, se découvrent nous.

C’est pas les idées qui manquent…

[Défi une pastille par jour 35/100]

Ce serait l’histoire d’un jeu de l’oie grandeur nature. Un personnage lance un dé et est envoyé quelque part, sur une case, un lieu à explorer avant de pouvoir rejouer. Un jeu, un voyage initiatique en quelque sorte… Avec des illustrations, ce serait chouette !

Ou alors…

Ce serait l’histoire d’un chat perché haut dans un arbre et de l’animation que ça crée autour : son humaine qui angoisse, les voisins prêts à donner un coup de main… Ce pourrait être le portrait d’un quartier, sans tomber dans l’auto-fiction.

Ou alors…

Ce serait une histoire dans un avenir plus ou moins proche, tendance transhumanisme, où le norme serait que les bébés naissent d’utérus artificiels (ou soient portés par des femmes pauvres et esclaves ?). Il y aurait des opposants. La révolte gronderait. La fille d’une gynéco réputée compterait parmi les rebelles…

Ou alors…

Ce serait un recueil de nouvelles qui parleraient de voyages. En train, à pieds, en transports en communs. Un recueil de mésaventures.

Ce pourrait être…
Un jour prochain, un premier livre.
Mais, peut-être qu’il serait plus facile de commencer par le deuxième en fait.