Je me souviendrai de cette librairie

[Défi une pastille par jour 18/100]

Je me souviens de la librairie dans la rue piétonne de Bourgoin.

Je me souviens y avoir croisé un jour ma prof de français du collège sans avoir osé l’aborder. Je me souviens de livres achetés sans être venue les chercher : un titre retenu d’une lecture de critique, Du Mercure sous la langue ; Dans la Guerre d’Alice Ferney que j’ai hésité dans un premier temps à acquérir parce que si j’apprécie l’auteure, j’avais des réticences vis-à-vis du sujet de ce roman… Je me souviens qu’il y avait France Loisirs au fond du magasin et que je venais y faire développer mes photos. Je me souviens du jour où j’étais passée acheter des livres pour ma grand-mère qui avait le poignet cassé…

Je me souviens que la librairie a déménagé dans les locaux de l’ancien cinéma du « Saint Michel » . Je me souviens avoir participé une année au jeu des dix mots de la langue française et de la francophonie avec un texte intitulé Ma rencontre avec l’écriture. Je me souviens de rencontres dédicaces avec des auteurs, je me souviens de concerts, d’expositions.

Je me souviens avoir commandé Les Lettres de Van Gogh de chez Actes Sud Beaux Arts. La libraire qui m’a aidée à transporter le colis sur un chariot jusqu’à ma voiture garée à proximité de l’entrée des livraisons se souvient du poids des livres. Je me souviens de ses mots « vous vous êtes fait un beau cadeau » , ce qui était vrai.

Je me souviens du coup de cœur d’avant les fêtes pour un livre empaqueté dans du papier carte routière, guidée par trois mots sur une étiquette : montagne, poésie, chronique sociale et un court résumé : « Récit d’une vie simple au tournant du XXe siècle, ce bref roman semble avoir été écrit à l’encre bleu foncé des torrents… Un petit bijou ! » . « Laissez-vous tenter » m’avait dit l’une des libraires. Ce que j’avais fait.

Je me souviens de mon petit carnet dans lequel je note les titres des livres « à lire » .

Je me souviendrai de ce jeudi après-midi où j’ai demandé une dernière fois un livre : J’écris des haïku de Véronique Brindeau et Sandrine Thommen. Je me souviendrai de la réponse de la libraire : nous ne l’avons pas en stock et je ne peux pas vous le commander, faute de repreneur (suite au départ à la retraite des propriétaires) la librairie est sur le point de fermer. Je me souviendrai de mon passage en caisse, émue, les bras chargés de livres et de cahiers pour utiliser les bons d’achat reçus en cadeau de noël.

Je me souviendrai de la librairie Majolire où je suis venue m’offrir des livres pendant des années.

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