Guéri son au violon

[Défi une pastille par jour 75/100]

Si vous avez du vague à l’âme

Si ça vous pique comme une lame

Si en vous ça fait un grand flop

Oubliez les mélodies pop

Ne cherchez pas d’explications mathématiques

Mais imprégnez-vous d’un de ces airs de musique

Qui se déploie sur le bourdon

Ecoutez jusqu’à l’abandon

Fini le brouhaha épais

Votre cœur ravi est en paix

Bien enraciné tel un arbre

Vous ne vous sentez plus de marbre

Vous avez retrouvé la fluidité de l’eau

Prêt à chanter, danser, quel merveilleux tableau !

On ne peut pas tout faire

[Défi une pastille par jour 74/100]

J’entends la voix de Christine Angot : « on ne peut pas tout faire » captée un matin en allumant la radio alors que j’étais en colère parce que j’avais oublié de sortir la poubelle la veille au soir. Ses mots résonnent dans ma tête.

Je m’étais programmé différentes choses à faire sur ma période de congés, le genre de choses qu’on met de côté pour plus tard, quand on aura le temps. Le bilan n’est pas glorieux. Mais « on ne peut pas tout faire » : il n’y a que vingt-quatre dans une journée (et même des fois seulement vingt-trois) et chaque chose ne se fait pas en cinq minutes, surtout celles qu’on laisse de côté… J’ai trop prévu. Comme souvent. Ma petite voix sarcastique me tance de vilains jugements, mais j’y suis moins sensible aujourd’hui, parce qu’une autre petite voix me susurre : « une chose à la fois et l’essentiel se fera. » Voilà. Je reste évidemment déçue par rapport à ce que je n’ai pas fait, mais je retrouve vite la joie en me recentrant sur ce que j’ai réalisé et vécu. Ah oui, c’est chouette ! J’ai passé, je passe de belles vacances !

Je m’en suis tenue à mes priorités et l’essentiel a été réalisé.

Il est tard

[Défi une pastille par jour 73/100]

Il est tard et j’ai sommeil

Si j’avais pris la plume plus tôt
Je pourrais maintenant dormir
Mais voilà
Cédant au sollicitations extérieures
A l’appel de la connexion au monde
Virtuel
Au lieu de me centrer à la paix intérieure
Dont parle Isabelle Padovani :
Retour au contenant
— Ou à la présence,
Dont parle Thierry Janssen —
Je me suis laissée happer par
Le fil d’actualités de Facebook
Le temps de prendre des nouvelles des Châmes
De partager la naissance d’un site
De signer une pétition
De chercher un message apaisant
Au milieu des infos déprimantes
De découvrir les vertus du romarin
Mais pas l’inspiration

J’ai réussi à désaimanter
Mes neurones de l’écran

A présent j’écoute
Un air de violon
Pour me nettoyer la tête
Et m’égayer l’âme
Quelques notes de musique
Invitation à la danse
Et à la rêverie

Le violon s’étant tu
Place aux rêves

Patience !

[Défi une pastille par jour 72/100]

J’avais oublié qu’il y avait la ville à traverser entre le péage et le cinéma… J’aurais dû choisir une autre séance que celle de l’heure des sorties de bureaux : ça bouchonne, la galère ! En plus j’ai la nette impression que la voiture qui me précède n’est pas très réactive. Allez, allez, on avance ! Il faudrait que je sois arrivée, là. Oh ! une C3 qui me grille la priorité au rond point, je le crois pas ! Et le cédez le passage !!!

J’aurais dû partir plus tôt. Oui, mais comme l’horloge de la cafetière indique toujours l’heure d’hiver, j’ai cru que j’avais le temps, jusqu’à ce que je réalise à quinze heures trente qu’il était seize heures trente. Finalement, je devrais peut-être me caler à l’heure sociale, même si je suis en congés. Ou ne pas aller au cinéma.

Mais pourquoi il y a tant de monde aussi ! Pfffff, je vais rater le début de la séance. Ce n’est pas si grave, c’est les pubs. N’empêche, rentrer dans une salle éteinte c’est risquer de louper une marche ou de tomber sur un bras de fauteuil. J’en sais quelque chose.

Je scrute fébrilement l’horloge de la voiture. Ça y est il est seize heures ! Euh, dix sept heures ! Aïe, aïe, aïe ! Je ferais peut-être aussi bien de me garer sur la place du Champ de Mars et continuer à pieds. Oui, mais c’est payant… Oh, je suis tout près. Je roule. Si je peux. Doucement. Allez, allez, plus que quelques mètres.

Oh, une place sur le bord de la rue ! Incroyable ! Un créneau et voilà. Je ne suis pas si en retard. Ouf ! Je respire. Je ne vais pas rater le début du film.

Manquer de patience quand on va voir Les Patients, non mais, j’vous jure !

Marabout de ficelle

[Défi une pastille par jour 71/100]

Papillon
Onduler
Léopard
Parkinson
Sonotone
Tonitruant
Ange déchu
Chute de pierre
Pierre à feu
Feu follet
Lait de soja
Jardinière
Héritage
Âge légal
Gallinacé
Séquoia
A l’école
Col marin
Rince-doigts
Doigts de fée
Fée Clochette
Es-tu là
La si do
Doryphore
Forêt noire
Noir ou blanc
Blancs moutons
Tonton Jules
Jules César
Haricot
Cocotier
Tiers c’est trois
Trois petits chats
Chapeau de paille…

Antidote aux effets du changement d’horaire

[Défi une pastille par jour 70/100]

Avancer la pendule
Si je veux !
Faire tourner le pendule
Si je peux…

Je n’aime pas l’horaire d’été qui nous éloigne une heure de plus de l’horaire du soleil, mais j’ai appris quelque chose aujourd’hui. J’ai appris que peu importe l’heure qu’il est quand on passe une journée merveilleuse en joyeuse compagnie.

Une journée à Grenoble

[Défi une pastille par jour 68/100]

– Qu’est-ce que tu vas écrire aujourd’hui ?

– Je ne sais pas encore. J’ai cherché un peu dans le train ce matin, mais je n’ai pas eu d’idée. J’espère être plus inspirée dans le train retour…

– Tu n’as qu’à raconter ta journée à Grenoble !

– Oui, pourquoi pas, c’est une idée. Mais sous quel angle ?
J’ai besoin d’un angle.
Celui de la déambulation urbaine, peut-être…

Aujourd’hui, je me suis promenée en ville. Quand j’étais étudiante, je le faisais à Lyon. Plus tard, je l’ai fait à Paris, en touriste. Aujourd’hui, c’était à Grenoble, sur les pas de tatan Danielle. Je l’ai suivie à travers les rues, d’un bout (pour trouver des fruits martiniquais dont je ne me souviens plus le nom) à l’autre (pour aller au cinéma voir Sage Femme, magnifique !). Si elle m’avait demandé si je reconnaissais où j’étais, comme elle le fait parfois quand on arrive à proximité de chez elle, j’aurais seulement pu répondre non, car je n’avais aucun repère. De Grenoble, je connais le parcours des manifs, mais au-delà… A peine si je sais me rendre chez tatan Danielle, si ce n’est en suivant les rails du tramway. Mais comme elle vient me chercher à la gare, je ne risque pas de me perdre et je me laisse guider tout en partageant les dernières nouvelles ou d’anciens souvenirs.

Voilà.

J’ai relevé la tête de mon carnet juste à temps pour ne pas rater la gare.

Je me demande… de printemps

[Défi une pastille par jour 66/100]

Je me demande si je fais un jardin cette année…

Je me demande ce que je pourrais planter en dehors d’un pied de courge…

Je me demande si je verrai, un jour, une courge pousser dans la cour…

Je me demande où trouver de la sauge…

Je me demande si je plante des capucines autour de mon petit bout de jardin…

Je me demande jusqu’où vont s’étendre les fraisiers sauvages…

Je me demande ce que je dois couper, tailler, arracher, laisser pousser…

Je me demande quand je vais tondre…

Je me demande pourquoi le ciel se  couvre à chaque fois que je prévois de m’occuper de l’extérieur…

Je me demande pourquoi le terrain est vague…

Je me demande pourquoi il y a tant de cailloux dans la terre…

Je me demande comment entretenir la cour sans donner l’impression qu’elle l’est vraiment, seulement pour montrer qu’elle n’est pas à l’abandon…

Je me demande si je pourrais avoir une cour zen…

Je me demande à quoi ressemble une cour zen…

Je me demande s’il faut un point d’eau dans un jardin zen…

Je me demande si un chardon va pousser cette année…

Je me demande pourquoi je n’utilise pas plus les herbes et plantes du jardin (romarin, thym, menthe, mélisse)…

Je me demande quel type d’arbre pousse au fond de la cour…

Je me demande où les escargots ont passé l’hiver…

Je me demande si mon terrain vague est riche en vers de terre…