Bain musical

[Défi une pastille par jour 51/100]

Je suis cartésienne, cependant je n’ai rien contre l’idée de me laisser imprégner, mental désactivé, bien au contraire.

Certes le décodage intellectuel a quelque chose de jouissif, le côté « comment ça marche ? » émoustille les neurones, mais on n’a pas besoin de théorie pour ressentir la musique. Alors pourquoi vouloir absolument décoder ? Cette réflexion est inspirée des débats de l’atelier chant de dimanche dernier.

Ce que j’aime dans la musique modale, ce qui me parle, c’est son principe de base : une note après l’autre (alors que dans un système tonal c’est l’accord qui prime, pour le dire de manière un peu rapide), et je chante du répertoire traditionnel sans être musicienne, ce qui veut dire que si je sais intellectuellement que chaque mode est construit sur une échelle différente — relativement à la position des demi-tons — c’est seulement l’écoute qui me permet de goûter et de m’émerveiller de la couleur spécifique de chacun. Je ne suis pas capable de reconnaître le mode d’une mélodie — je le serai peut-être un jour avec beaucoup de pratique, qui sait… — et si j’aime bien le savoir à un moment ou à un autre, ce n’est pas cette information qui me sert principalement dans l’apprentissage d’un chant. Non. C’est le bain sonore qui m’est essentiel. Comme je l’ai appris de Jean-Jacques Crèvecœur : « le cerveau est un organe sensoriel et sensuel » et donc je me laisse imprégner en douceur.

C’est un cheminement lent, d’autant plus long que je suis en immersion intermittente. Une randonnée, hors compétition. Juste pour le plaisir. Le travail de classement se fait tout seul dans mon cerveau, c’est-à-dire inconsciemment. Je dois dire que j’adore quand mon cerveau fait le boulot dans son coin et que je me réveille un matin avec un air dans la tête, ou quelques paroles.
Cela dit, en passant, un de ces jours, ce serait bien quand même que je prenne le temps de ranger mon répertoire de chansons par mode…

J’aime beaucoup la phrase de John Wright que nous a citée Evelyne Girardon dimanche. Elle disait à peu près ceci (c’est ce que j’en ai retenu) : se laisser changer par ce répertoire au lieu de le changer en le plaquant sur ce qu’on connait.

Je crois que le cheminement s’accompagne d’un certain degré de lâcher prise…

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