Douche cérébrale (5)

Vendredi 28 octobre

J’ai décalé le réveil d’un quart d’heure mais ce n’est pas suffisant. Evidemment. J’ai sommeil. Grandement sommeil. Ah la la. Je ne vais pas tenir longtemps à ce rythme. Yogeeti, faut que tu descendes maintenant. Hier soir à l’atelier, Marie-Pierre nous a dit qu’on possède les outils pour répondre aux événements de la vie. Que la vie nous présente les expériences quand on a les outils pour les vivre. Ok. Je veux bien. Mais là, ce matin, je me sens complètement HS. Peut-être qu’il est temps que je lâche. Que je laisse faire.

Laisser faire ?

Le temps ? Yogeeti va finir par redescendre tout seul ? Je ne sais pas. J’ai un gros doute. Et là, je n’en peux plus. C’est peut-être le boulot que je dois lâcher aussi. Lâcher le boulot ? J’ai reçu un courriel hier m’annonçant un rendez-vous mardi 8 novembre, pour un entretien pour le poste en deux-huit auquel j’ai postulé (ah un poste à tour fixe !). Il y est aussi précisé que je vais recevoir un autre message pour un test de personnalité à faire avant le premier novembre je crois… Compte-tenu de mon emploi du temps, de mes horaires, ça va être chaud. Je ne vais pas être fraîche. Je me demande si ça ne vaudrait pas le coup que je signale que je suis dans un cycle de quarante-quatre heures et que j’ai besoin de repos pour avoir les idées claires pour répondre au mieux à un test de personnalité. Bref, d’une manière ou d’une autre, faut que je le signale. Oh la la, cinq heures presque quarante, faut que j’avance ! C’est quoi cette manière de voir ? Faut que ci, faut que ça ? Et puis fuck !

Merdum ! Y a Walter qui tourne en rond. Qu’est-ce que tu veux encore chat ? Sortir ? Sortir, oui. Et Yogeeti qui miaule en haut de l’arbre…

Hier, je me disais que si quelqu’un venait avec une échelle de vingt mètre, je serais prête à y monter pour aller le chercher. Ce matin, je m’en sens nettement moins capable. Yogeeti faut que tu descendes maintenant !

Je ne sais plus quoi écrire.

Qu’est-ce que je pourrais bien écrire ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais toujours pas. Aucune idée. Rien. J’ai besoin de me reposer. 

Les voisins aussi s’inquiètent pour Yogeeti. J’ai l’impression d’être dans une version adaptée de « Chacun cherche son chat » de Klapisch. (Et si je regardais le film ? A l’occasion.) Là, c’est « chacun cherche à faire descendre son chat » . Et Yogeeti reste bloqué là-haut. Je me dis qu’il lui faut… qu’il a besoin de calme pour descendre, que toute cette agitation autour de lui l’inquiète au lieu de le rassurer. Mais la nuit, il n’y a personne. Tout est calme. Il pourrait descendre alors. Mais non.

Tu as peur de quelque chose Yogeeti ?

Je me suis dit que je pourrais aller me poser sous l’arbre le temps nécessaire pour le rassurer. Passer la nuit dehors. Une idée. Je n’en ai pas le courage ce matin. J’imagine toutes sortes de scénarios et Yogeeti reste dans l’arbre. Purée, Yogeeti ! Descend maintenant ! Je suis presque au bout du rouleau. Je n’ai plus, je ne ressens plus l’énergie de faire quoi que ce soit. Je voudrais seulement dormir. Me reposer. Et que Yogeeti soit avec moi à la maison. sur l’oreiller, à côté de moi. Voilà. C’est ça que je voudrais. Dormir. Yogeeti sur l’oreiller à côté de moi. C’est simple, non ?

 

(A suivre…)

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