LE TRIO — Episode 1

Axelle : Et maintenant, on va où ?

Nina : Ben, place Clichy.

Lou : Quoi, tout de suite ? On ne pourrait pas se poser un peu avant ?

Nina : On a une demi-heure de battement, alors soit on y va directement et on se pose dans un café là-bas, soit on se pose ici et on y va après.

Axelle : On pourrait y aller d’abord et se poser tranquillement là-bas.

Lou : On pourrait aussi se poser ici. J’ai soif. Pas vous ?

Axelle : Ouais… Si tu veux, ça m’est égal.

Nina : On n’a qu’à aller dans la brasserie de l’autre côté de la rue.

Lou : Oui !

Axelle : No problemo !

Le trio traverse la rue, entre dans la brasserie et s’installe à une table. Un serveur approche.

Nina : Je crois que je vais prendre un thé vert…

Axelle : Euh… Un jus de pomme…

Lou : Hmmm… Un chocolat !

Le serveur prend la commande, disparaît quelques secondes et revient sans plateau. Il explique qu’il ne peut pas servir de boissons chaudes. A cause de la manif. Ordre du patron.

Nina : Ah bon ? Mais c’est absurde.

Lou : Dix-sept heures trente, c’est largement l’heure du chocolat !

Le serveur est désolé, mais il ne peut servir que des boissons fraîches.

Le trio opte pour un jus de pomme. Le serveur retourne derrière le bar.

Axelle : Place Clichy, tu l’aurais eu ton chocolat…

Lou : Gnagnagna… N’empêche, pas de boissons chaudes à cause de la manif, c’est n’importe quoi cette histoire ! En plus il n’y avait pas grand monde.

Nina : Ça c’est sûr, on ne peut pas dire que la mobilisation a été forte…

Lou : C’est triste, mais en même temps, ça peut se comprendre.

Axelle : Une journée d’appel à manifester sans préavis de grève, c’est pas vraiment sérieux.

Lou : Le syndicalisme, c’est plus ce que c’était.

Le serveur a posé la commande sur la table, le trio remercie.

Nina : Je me demande combien on était…

Axelle : Pas suffisamment nombreux en tous cas.

Nina : On a quand même fait du bruit.

Lou : Tu parles ! De quoi se désolidariser, oui ! J’ai horreur des pétards !

Axelle : Faudra penser à prendre des bouchons d’oreilles, la prochaine fois.

Lou : Ah, moque-toi !

Axelle : Non, sérieusement. Ce ne sont pas des conneries. N’est-ce pas Nina ? Eh, tu écoutes ?

Nina : Ah non, désolée. J’ai un coup de pompe. Ça doit doit venir du fait d’être assise…

Lou : On va toujours à Clichy et ce soir au théâtre ?

Nina : Oui, oui, t’inquiète. C’est seulement un petit coup de mou. Un thé m’aurait requinquée, mais voilà, il n’y en a pas…

Axelle : Et à quoi tu rêvais à l’instant ?

Nina : A mon rêve de cette nuit, justement. Bastet avait un cigogneau dans la gueule. Je la vois arriver sur la terrasse. Le cigogneau a l’air mort. Je le lui fais lâcher, ou elle le lâche d’elle-même, je sais plus bien… Bref, je le tiens dans les mains pour voir dans quel état il est. C’est bizarre, parce qu’à ce moment-là, il est beaucoup plus gros que la minette et bien vivant. Il n’a même pas l’air blessé. Il me fixe de ses yeux noirs. Deux billes qui brillent. Et là, d’un coup le décor a des airs de Camargue.

Axelle : Quel drôle de rêve ! Je me demande ce qu’il pourrait vouloir dire…

Lou : Moi aussi, mais on y réfléchira plus tard. Il va falloir y aller maintenant.

Nina : Oh oui ! Tu as raison. Il est temps.

Lou : je paye et on y va.

Le règlement effectué, le trio rejoint la bouche de métro la plus proche. Lou frissonne.

Lou : Ça vient de moi, ou le temps s’est rafraichi ?

Axelle : L’air est frais. Mais c’est normal pour un mois d’octobre.

Nina : L’été indien est terminé cette fois.

Axelle : Certes, mais on ne va pas se plaindre. Parce que si le ciel est nuageux, il ne pleut pas, c’est déjà ça ! On prend quelle ligne ? C’est direct ?

Nina consulte le plan du métro.

Nina : On prend la une jusqu’à Nation, puis la deux nous emmène place Clichy.

Axelle : Une, deux, une, deux… Au fait Lou, tu as bien le roman pour la dédicace ?

Lou : Evidemment que je l’ai !

Lou ouvre son sac, en extrait juste de quoi montrer un bout de la couverture sur lequel le nom de l’auteur se détache en lettres rouges et le range aussitôt.

Le trio monte dans le métro de la ligne une. Puis dans celui de la ligne deux. Assise sur une banquette, Nina est retournée dans sa rêverie. Lou compte scrupuleusement les stations. Axelle observe les autres voyageurs à la dérobée. Elle se dit qu’une rame de métro est un bon endroit pour dresser le portrait d’inconnus, imaginer leur vie…

Place Clichy, le trio rejoint la sortie. Lou s’inquiète :

Lou : Et elle se trouve où la librairie ?

Nina : Juste là, en haut des marches. Lève la tête !

Axelle : Cool ! On ne peut pas faire plus près. Oh, il y a une affiche sur la vitrine qui annonce l’événement !

Lou : Je me demande s’il va y avoir beaucoup de monde…

Nina : on va bien voir.

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