Le TRIO – épisode 5

Le trio traverse le quai Branly et longe la Seine. Aux abords de l’exposition Photo Quai, Lou se dit qu’elle ferait bien une image de l’entrée de l’installation, mais un vigile est posté là, sans avoir, semble-t-il, l’intention de bouger.

Lou : Ce se serait bien qu’il aille faire sa ronde.

Axelle : On pourrait peut-être lui dire de partir, ou au moins de sortir du cadre…

Lou : Non, laisse tomber, c’est pas grave. On repassera.

Axelle : En fait, il voudrait être sur la photo !

Lou : Oui, ça doit être ça. Mais, bon, moi, je ne veux personne dans le cadre, je veux juste le lieu.

Nina : Je comprends, mais en même temps c’est paradoxal parce qu’un lieu d’exposition c’est plus représentatif avec des visiteurs. C’est plus vivant avec des personnes, fut-ce un gardien.

Lou : Oui, je sais bien, mais ce ne sont pas les gens qui m’intéressent pour cette photo. C’est l’espace. Bref, on y va ?

Le trio entre dans l’espace d’exposition, passe rapidement devant certains panneaux, s’attarde sur d’autres. Lou fait quelques clichés. Nina achèterait bien le catalogue d’exposition, mais la librairie au cœur de l’installation n’est pas encore ouverte.

Nina : Il est presque onze heures, on traverse jusqu’au musée ? On repassera avant d’aller à la gare, si on peut.

A l’entrée du musée, les guichets sont automatiques. Axelle se demande s’il est possible d’acheter un billet par carte bleue, le tarif n’étant pas élevé. Nina se moque gentiment :

Nina : Eh ! On est à Paris ! La carte passe à peu près partout ! Regarde !

Axelle : Presque, peut-être, mais pas de partout. Tu as bien vu au théâtre hier soir.

A l’accueil, il faut présenter son sac ouvert à un vigile. Nina lui demande s’il est possible de déposer son bagage. Il lui indique le vestiaire au sous-sol. Le trio se défait avec soulagement de son chargement et entame la visite de l’exposition maori.

Il y a de grands panneaux, des vidéos et au milieu de la première salle une pierre de Nouvelle Zélande. Lou pose la main dessus comme y invite une étiquette. Elle aime le contact avec la matière et l’idée qu’elle entre ainsi en communion avec l’esprit maori.

Il y a beaucoup de choses à voir, à lire. Axelle regrette de ne pas réussir à retenir les noms cités en maori. Le trio découvre l’histoire d’un peuple, ses mythes, sa culture.

A midi et demi, Nina estime qu’il serait nécessaire de presser le pas.

Nina : Si on veut manger avant d’aller à la gare, il nous reste à peine une heure de visite.

Axelle : Combien reste-t-il de salles à voir ?

Nina : Aucune idée.

Lou : ce serait dommage de ne pas tout voir…

Nina : Et encore plus de rater le train.

Le trio progresse dans sa visite. L’attention portée à l’heure en gâche un peu la fin, mais à treize heures vingt-cinq, il se présente au café restaurant du musée.

Une seule table de libre, personne pour l’accueil, le trio s’assied. D’autres personnes entrent à leur tour et attendent debout. Un couple de personnes âgées intercepte un serveur et lui demande s’il est possible de déjeuner. Le serveur répond qu’il y a un peu d’attente.

Axelle : Qu’est-ce qu’on fait ? On reste ou on s’en va ?

Nina cherche un serveur des yeux sans qu’aucun des trois qui slaloment entre les tables ne lui prête attention.

Nina : On patiente cinq minutes et on se casse !

Les minutes sont longues, le silence pesant.

Lou : Bon, ben, je crois que ce n’est pas la peine de s’éterniser ici.

Nina : Tu as raison. Allez, on y va !

Alors que le trio quitte le restaurant, le couple de personnes âgées s’installe à sa table. Tout en filant jusqu’à la station de métro, Nina fulmine intérieurement contre le serveur, Axelle ne pense qu’à rejoindre la gare au plus vite, Lou se demande s’il va leur être possible de trouver quelque chose à manger avant de prendre le train.

Lou aurait bien suivi la direction de Bir Hakem, mais Nina a bifurqué sur le Champ de Mars.

Nina : On va récupérer directement la ligne 8.

Axelle : A quelle station ?

Nina : La plus proche … Ecole Militaire ou La Motte Piquet, je ne suis pas sûre… Disons la Motte Piquet, on connait mieux le secteur.

Le trio poursuit sa marche rapide en direction du Boulevard de Grenelle. Axelle se demande si c’est la bonne option jusqu’à ce qu’elle aperçoive, autant soulagée que surprise, la bouche de métro, à deux pas d’un passage clouté.

Axelle : Ah ! Je l’imaginais plus loin !

Nina : Tu n’avais pas confiance ?

Axelle : Et toi, tu étais sûre de toi ? Tu connais suffisamment Paris pour savoir où tu vas peut-être ?

Nina : La preuve que oui !

Lou : Avec une part de chance… Avoue.

Nina : Oh, ce que vous pouvez être rabat-joie parfois ! Vous pourriez être plus reconnaissantes, non ?

Ligne 8, ligne 14, le trajet se déroule sans encombre. A cette heure, les couloirs et les rames sont fluides. A la sortie du métro Gare de Lyon, le trio cherche un stand où acheter un encas. Lou avise un kiosque.

Lou : Là, ça vous dit ?

Nina : Pourquoi pas.

Le trio s’approche, Lou lit consciencieusement le panneau affichant le contenu des sandwiches.

Axelle : On te laisse choisir.

Avant de passer commande un doute l’assaille. Combien lui reste-t-il de monnaie ? Plus que ce qu’elle croyait. Elle paie et le trio rejoint les quais. Nina consulte le tableau des départs.

Nina : Voie J comme j’arrive !

Le trio monte dans le TGV déjà en place. Axelle n’a qu’une envie, s’installer et manger. Avant le départ du train, elle a dévoré son Panini tomates mozzarelle et une part de tarte aux abricots.

Une voix dans le haut-parleur annonce la destination du TGV et la fermeture des portières. Dans deux heures quatre le trio sera à Lyon.

Le contrôleur traverse la voiture, s’arrête pour ramasser quelque chose au niveau du porte-bagages.

Le contrôleur : Y a-t-il une Héléna Letrio parmi vous ?

Lou tourne la tête, Nina fronce les sourcils, Axelle ouvre la bouche. La jeune femme se lève, fait un pas dans l’allée centrale.

LNA : Oui, c’est moi.

Le contrôleur lui tend une étiquette.

Le contrôleur : Elle a dû tomber de votre bagage.

LNA : Ah merci, je vais la rattacher.

Tandis que le contrôleur reprend sa traversée des voitures, LNA Letrio fixe l’étiquette à son sac de voyage, retourne à sa place et ferme les yeux.

Lou : Allez, petite sieste.

Nina : Un peu de repos ça ne peut faire que du bien.

Axelle : Au revoir Paris !

 

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