Patchwork 2/30

Et j’attends, sereine, la sonnerie.
Un déclic.
Une sirène.
Un appel du grand large.
Un signe.
Un top départ.

– Un top départ ? Tu as besoin d’un top départ ? Tu fais une course ?

– Euh non.

– Tu crois avoir besoin d’une autorisation, alors peut-être ? Je te préviens, tu risque de l’attendre longtemps… Tu ne connais pas la phrase : « La liberté ne se demande pas, elle se prend » ?

– Mais ce n’est pas l’enjeu.

– Bien sûr que si ! C’est toujours ça l’enjeu : oser quitter le nid douillet, voler de ses propres ailes, suivre sa propre route au lieu de tourner en rond. Non, mais regarde un peu le cercle que tu es en train de creuser : une-deux, une-deux, une-deux. On dirait un poisson rouge dans son bocal… Il est temps d’entrer dans la spirale et c’est le troisième pas qui te le permettra. Rien d’autre. Tu n’as pas besoin d’un quelconque signal, seulement de faire le troisième pas.

– Le troisième pas… Ça me dit quelque chose, une histoire d’arpenteur qui part en exploration à la verticalité de la géographie…

– Le troisième pas, c’est celui qui te permet d’ouvrir le cercle.

– Je m’interroge : Dans quel sens je suis la spirale ? Vers l’intérieur ou l’extérieur ? En direction du centre ou de l’infini ? Je veux dire : le point central c’est l’origine ou la fin ?

– Tu te poses trop de questions. C’est du pareil au même dans l’interdimensionnalité spatio-temporelle : les deux se rejoignent. Plus tu avances sur l’extérieur, plus tu te centres. Plus tu es centrée sur toi-même, plus tu progresses sur l’ouverture. Capiche ?

– Pas vraiment, non.

– Cherche pas à comprendre. Engage ton pas, c’est tout ce que tu as à faire. Mais fais-le. Vas-y !

– Ah. Euh… Je n’ai pas réfléchi au décor, je ne sais pas où je vais.

– Suis la ligne.

– Il n’y a pas de ligne dans mon carnet.

– Il ne fait aucun doute qu’il y a un truc que tu as oublié de larguer c’est la résistance de ton esprit de contradiction…

– Oh, mais je l’aime bien mon esprit de contradiction. J’en joue avec joie.

– Ouais, j’ai déjà remarqué ça. « Oui mais non » … Oh le frein !

– Non, pas seulement, pas tant que ça. Il a de l’humour. Mais toi d’abord, qui es-tu pour me parler sur ce ton ?

– Devine… Enfin, non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de te demander de deviner. Ça prendrait trop de temps.
Je suis tes aspirations et je me languis de te voir m’accorder plus d’attention. Oui, je suis la lueur dans tes yeux face à quelque chose qui te passionne, je suis la petite flamme qui s’anime dans ton cœur, je suis le sourire qui illumine ton visage. Je suis toi. Profondément toi. Et je manque de concrétisation si tu vois ce que je veux dire.

– Je crois que je vois. Pardon. Je suis désolée…

– S’il te plait, merci, je t’aime… Oui, je sais, je te connais, et je te reconnais bien là. L’ouverture de cœur avec Ho’oponopno c’est déjà un bon point, mais ce ne te sera pas très utile, embourbée jusqu’au cou dans ta tranchée circulaire, alors, un conseil : agis au lieu de te sentir coupable. Ose le troisième pas.

– Je le fais. Je m’y engage. De tout mon corps. Un, deux et… trois. Pas de côté, à la marge, décalé. J’ouvre le passage sur la spirale. Voilà.

Une spirale, c’est bien la forme d’une coquille d’escargot ou je me trompe ?

 

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