Patchwork 5/30

Dans ma tête, je suis la reine. Dans ma tête, je suis toute puissante, je fais le jour et la nuit. Ça s’emballe, ça fuse, ça tempête, ça bouillonne, ça ébullitionne

Il pleut ce matin ? Tant pis. Je n’emporte pas mon parapluie. Je n’en ai pas envie. Marcher sous la pluie ne me fait pas peur. L’expérience me plaît, je la sens rafraichissante voire même réjouissante. Une réminiscence de Gene Kelly sans doute. Et puis, il ne s’agit que d’une petite pluie fine, je n’ai pas une grande distance à parcourir à pieds sous le ciel chargé : du parking à la gare, de la gare au tramway, de l’arrêt de bus à la salle. Si ça se trouve, les nuages auront même fini de pleuvoir sur Lyon avant que j’arrive…

Dans ma tête, je fais le monde à ma façon. Je m’imagine en connexion directe avec les éléments. Je sais que je n’aurai pas besoin de parapluie. Dans la réalité, je me suis aussi branchée sur le site de Météo France pour vérifier l’état du ciel de ce week-end. Je pourrais ajouter que je connais d’expérience le trajet de la pluie pour avoir été suivie par une averse un jour que je rentrais de Lyon : ainsi, s’il pleut chez moi après avoir plu sur Lyon, je peux penser qu’il ne pleut plus sur Lyon s’il pleut chez moi.

Dans ma tête des pensées surgissent, à partir de tout, à partir d’un rien, d’une inscription sur un panneau : L’école de tous les futurs… et pourquoi pas de l’avenir ? Tiens, l’avenir se présente au singulier… Il n’y aurait qu’un avenir alors qu’il y a plusieurs futurs potentiels ? Ah… Je savoure la découverte du jour.

Dans ma tête, je me fais des films : Euh, s’il pleut ça va être galère pour le repas de midi, trois cents personnes entassées dans un hall d’entrée. Oh la la ! Je n’ai pas l’intention de manger debout, moi ! Je visualise la scène, me sape le moral… Je me prépare au désagrément.

Dans ma tête, je sais me raconter des histoires, plein d’histoires. Je me fais croire pour me conforter dans mes croyances, je me fais croire, pour me rassurer, que j’ai une capacité de contrôle sur le déroulement des événements de la journée : ça va se passer comme ci ou comme ça. Je prévois ceci ou cela. J’imagine, je conceptualise : bref, je maîtrise ! Tu parles ! Je ne maîtrise rien du tout. Ça ne se passe jamais comme je l’ai prévu. La vie, joueuse, me réserve à chaque fois des surprises.

J’apprends, donc, à lâcher la bride, à faire confiance, à suivre un élan et je m’offre ainsi une promenade dans un jardin de ville que je découvre dans un quartier de Lyon inconnu, je m’offre quelques pas dans les feuilles mortes à la pause de quatre heures. Je savoure d’être.

Dans ma tête, c’est le calme et je réalise comme la vie peut être simple et fluide.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s