Patchwork 22/30

Sans le vouloir, il avait pris le risque d’aller à la rencontre d’une situation explosive parce que je n’avais nullement l’intention d’écouter la voix de la raison, fut-elle celle de mon amant. J’entendais la fanfare s’installer sous mon crâne et je ne voyais plus qu’une issue : aller me réfugier dans la forêt. Ce fut aussi le cas de cet amant volage qui aurait mieux fait d’aller se planquer dans un feuillage. Au lieu de quoi, il ramassa des fleurs coupées pour les porter à la maîtresse de l’école voisine. Un havre de paix cette petite école à l’abri sous les feuillages. A l’abri d’une histoire nébuleuse… A l’entrée du parc de l’école, il y avait la statue d’un lion. Il avait toujours été là semble-t-il, une vieille photo à la luminosité nébuleuse en témoignait. On raconte qu’un jour, une femme observa cette photo un long moment avant de tomber évanouie sans motif apparent. On appela les secours qui l’emmenèrent rapidement : sa vie était en danger, c’était une question d’heures ! Quelqu’un ramassa la photo et la rangea dans un tiroir du bureau avant de fermer les volets. Puis ce quelqu’un s’était rendu à la petite gare désaffectée. Il n’avait pas d’autre motif à être là que celui d’attendre un train fantôme à destination du pays des moulins à vent. Il y avait bien longtemps que sa main morte avait perdu les clefs de sa maison.

Le nouveau magasin d’écriture — Atelier n°1 — Editions Zulma

 

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