Patchwork 24/30

Quand elle l’avait vu assis sur le rebord du puits, elle s’était approchée, intriguée, pour lui demander s’il avait besoin de quelque chose. Il l’avait fixée d’un regard pénétrant et lui avait souri avant de sortir un petit miroir de sa manche. Elle l’avait interrogé du regard. « C’est pour créer des paysages » lui avait-il simplement répondu avant de poser son index sur ses lèvres pour signifier qu’il ne dirait plus rien, qu’il garderait un silence de marbre. Elle avait fait le même geste en miroir et était partie. Elle quittait le repère des barbares. Elle se sauvait pour voler de ses propres ailes.

Face à une étoile on ne peut pas rester de marbre.

Dans la petite brise du soir, au son léger du bruissement de l’eau de la fontaine, elle s’était mise doucement à danser. Alice garderait le secret au sujet de l’étoile.

Elle chercha un instant la grande ourse dans le ciel et soudain, quelque chose lui fit baisser les yeux : un petit hérisson s’était installé sur son pied droit.

Elle s’était échappée en secret défaisant le nœud marin de la corde qui la tenait attachée. Elle galopait, libre.

Elle galopa longtemps ainsi, jusqu’à ne plus entendre la musique de l’orchestre qui jouait sous le chapiteau. Elle galopa loin vers l’horizon, jusqu’à l’aube du génie.

Le nouveau magasin d’écriture — Atelier Luna Circus — Editions Zulma

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