Là où la réflexion me porte

Le vent m’a dit : « Laisse-toi porter. »

J’ai suivi son message inspirant tout au long d’une journée qui avait commencé tête à l’envers, assommée par des microbes saisonniers.

Clic sur une animation gif : elle me suggère d’aller prendre l’air en Alaska. Ah oui ! Ça me ferait du bien. J’ai besoin de m’aérer les sinus. Satané virus ! Mes anticorps livrent bataille, je les soutiens mollement en diffusant des huiles essentielles. Je pourrais sans doute faire plus. Sans aller jusqu’à la recette du chapeau…

Posez un chapeau sur l’édredon et une marmite remplie de grog sur la table de nuit.
Installez-vous confortablement.
Buvez de la potion magique… euh… des grogs. Encore et encore.
Quand vous voyez trois chapeaux vous êtes guéri·e.

En attendant d’aller écouter les baleines dans le paradis blanc avec mes cousins les ours polaires — car cette année je suis la reine Paddington : j’ai eu la fève ! —  j’ai la tête dans le brouillard. Pas facile de suivre le fil dans ces conditions…

Le fil. Celui de la funambule, de la voie du milieu entre Charybde et Scylla, entre X et Y, entre puritanisme et laxisme, entre blanc et noir… Au-dessus de la mêlée, je choisis la réflexion dépassionnée. J’entends l’argument de ne pas enfermer les femmes dans un statut d’éternelles victimes. J’entends l’argument de la parole libératrice. Je partage pleinement les propos de l’historienne Michelle Perrot :

« Elles ont raison [les signataires de la tribune du Monde] dans la mesure où c’est compliqué et la frontière entre les deux [la drague insistante et maladroite et l’agression machiste] est compliquée, mais là où je ne les suis pas, c’est que je pense que le mouvement de prise de parole des femmes consécutif à l’affaire Weinstein est loin d’avoir épuisé ses effets et qu’il ne faut pas en diminuer la portée. Et là, il me semble qu’elles se désolidarisent tout de même de quelque chose qui à mes yeux demeure un événement, un événement important […] »

« Qui va changer quoi ? » lui demande Antoine Mercier

« qui devrait changer les mentalités surtout, les représentations, pas nécessairement la loi. Une loi par exemple pour poursuivre les importunité de rue me paraîtrait maladroite et difficile. Mais il me semble qu’en ce moment il faut plutôt valoriser cette prise de parole des femmes que la limiter. »

Extrait du journal de 12H30, France Culture, mardi 9 janvier

Développement, à écouter ici, dans « Qui a peur de Simone de Beauvoir ? »
La Grande Table (2ème partie) 

Un événement important qui devrait changer les mentalités, les représentations, c’est ce qui est à espérer, parce que c’est bien sur ce plan-là que les choses se jouent : les femmes ne sont pas des proies.

Un étudiant, quelque peu insistant, m’a dit un jour : « Les hommes proposent, les femmes disposent » . Bien. Outre le fait que l’inverse devrait aussi pouvoir être vrai, il serait bon que les uns s’abstiennent d’insister en entendant le refus des autres. C’est possible à partir du moment où ils les considèrent comme des égales. Ça nécessite de s’extraire de la croyance collective de la domination masculine. La virilité est un mythe et un piège pour les deux sexes établit Olivia Gazalé dans un ouvrage paru récemment, Le Mythe de la virilité, en réinterprétant le thème de la guerre des sexes dans une histoire du féminin et du masculin de la préhistoire à l’époque contemporaine (on peut l’écouter en parler ). En enfermant les femmes dans une position d’asservissement, les hommes s’enferment eux-mêmes :  « un homme qui considère que sa femme n’est pas son égale n’est pas un homme libre, c’est toujours la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel » rappelle justement Danièle Sallenave, écrivaine, qui participait aussi à La Grande Table (Deuxième partie) le 9 janvier dernier.

Donc, oui au jeu de la séduction, mais dans une danse qui se mène à deux.

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