Eclore

Ma bulle de verre épais

Mon mur invisible

Ma carapace

Ma coque de protection

Mon armure

Ma prison

Mon tombeau

Allez, lâche les vieux manteaux

Il fait chaud

C’est le printemps

L’appel au renouvellement

Lâche le boulet

S’il te plait

C’est toi-même qui détiens la clé

Pour te libérer

Saisis t’en

Sans hésitation aucune

Ouvre la porte en grand

Souris à dame fortune

Tu ne crains rien

Tu le sais bien

Dans le fond, là, oui, tout au fond

Il suffit d’un bond

Un saut de chat

Hop là et voilà

Danse la vie

Avec appétit

Le festin de Babette

Je me souviens de ma curiosité éveillée
Lors d’une réception en juillet, une soirée de fête.
Dans la conversation avait été évoqué
Ce film inconnu de moi : Le Festin de Babette.

Je me souviens ensuite avec quel étonnement
J’avais lu dans le dernier numéro de Causette
« DVD en cadeau aux premiers participants »
J’avais joué et gagné Le Festin de Babette.

Je me souviens de l’état d’esprit particulier
Dans lequel j’ai regardé ce film, cherchant un sens
Qui puisse m’être destiné, quelque chose de singulier.
Il me reste cette sensation étrange quand j’y repense…

Je me souviens d’une actrice au prénom masculin
J’en conserve le souvenir dans ce film épatant
Je me souviens de Babette préparant son festin
C’est le souvenir que je garde de Stéphane Audran.

Complexité

La complexité est de ce monde
Il y a de quoi être perplexe
Je le suis, en quelques secondes
Pour un accent circonflexe

Donner du sens est essentiel
Une orientation à sa vie
Aucune réponse en logiciel
La vérité n’est pas dans l’outil

Et je cherche et je m’interroge
Alors que tourne l’horloge
Imperturbable mise à l’index

Le temps s’écoule sans réfléchir
Ma réflexion devient soupir
Trouver la dernière rime : complexe

Un air dans la tête

J’ai une ritournelle dans la tête
Un bout de chanson, une rengaine
Qui trotte depuis plus d’une semaine
En boucle et jamais ne s’arrête
Quelques paroles sans refrain
Un début… Sans aller plus loin
Réminiscence d’un air appris
Mais pas assez approfondi.

Stop ! J’ai envie de lui faire sa fête
C’est comme se défaire d’acouphènes
Toute tentative est restée vaine
La ritournelle revient, m’entête
Est-ce que ce ne serait bien
De la chanter jusqu’à sa fin
Les paroles sur photocopie
La plus belle fleur… C’est parti !

Je cours

Je cours
Droit devant
Sans dévier
Sans rien voir autour
Je cours
Mécanique des jambes
Tête hors circuit
Je cours
A perdre haleine
Cœur qui cogne dans la poitrine
Tambour dans les tempes
Visage fouetté par l’air
Papillons dans les yeux
Je cours

Plus de soucis
Plus de stress
Plus d’angoisses
Plus de questions
Que la vie
Primaire
Celle du corps
Sauvage
Libre
Qui dit non

Courir
S’échapper
Loin
Fuir
Se sauver
Fuir
Fuir
Fuir

Je cours
En apnée
A bout de souffle
A bout de jambes
A bout de tout
Je cours
Encore
M’écroule
Au milieu de nulle part
Echouée

Trou noir

Le stylo sorti du tiroir

La feuille posée sur l’écritoire

Attendaient une histoire…

J’ai fouillé dans ma mémoire

Gribouillé les accoudoirs

Cherché derrière le miroir

Dans, sur et sous l’armoire

Regardé dans mon sac noir

J’ai cherché dans la baignoire

Au fond des poches de mon peignoir

Entre la cafetière et la bouilloire

Entre les casseroles et la passoire

De la cuisine au milieu du couloir…

Je n’ai trouvé l’inspiration nulle part.