Douche cérébrale (29)

30 juin

Il a plu cette nuit, il y a même eu de l’orage. Je n’ai pas eu à arroser hier soir alors que j’étais prête à le faire. L’arrosoir est plein. J’aurais bien dormi plus longtemps, mais voilà, je travaille ce matin. Je commence à huit heures et demie au lieu de midi et demie : un bout à Villefontaine et un autre à L’Isle d’Abeau. Oh, je baille. Et je ne sais pas quoi écrire.

J’ai sommeil. J’irais bien me recoucher. Je ne peux pas ? Bon, tant pis. Pfffff, je ne suis pas inspirée là. Bon, les pages du matin ce n’est pas spécialement fait pour être inspirée. Juste écrire ce qui passe par la tête. Sauf que rien ne passe vraiment. Si, une image de cahiers : avant d’aller à L’Isle d’Abeau hier, je suis passée à Majolire. J’ai fait le plein d’encre (deux boites de cartouches) et j’ai racheté des cahiers : six. J’ai presque l’arc-en-ciel. Je vais pouvoir en remplir des pages du matin ! j’ai aussi acheté trois livres, dont un seul de ma liste : Le Merle de Jean-Bernard Pouy. Le dernier Mac Calum… Euh, Calum Mc Cann (Treize façons de voir) n’était pas dans ma liste mais aurait bien pu l’être. Le troisième est un échange épistolaire entre Erri de Luca et un biologiste. C’est un Erri de Luca contre un autre si je puis dire : dans ma liste j’avais un recueil de nouvelles de lui. Celui-là, ce sera pour la prochaine fois.

Hier soir j’ai terminé Dans Les Bois éternels, il ne me restait que quelques pages. Ce matin, je devrais entamer Le Merle. C’est rigolo parce que quand j’ai ouvert Treize façons de voir à la librairie, je suis tombée sur un exergue (euh, je crois qu’on dit comme ça : trois lignes en petit au-dessus du début du texte) où il était question d’un merle. Ça m’a fait penser à Persiflette. A ce propos, A. m’a laissé un chouette commentaire sur ma page facebook, sous la publication de mon interview de Persiflette. Elle a marqué que l’écriture faisait partie de mes talents, ou que j’avais le talent de l’écriture (pas dans les pages du matin, mais ce n’est pas le lieu). Du talent à la publication papier, il y a un pas qu’il me reste à franchir. J’attends un éditeur comme j’ai dit à S. pendant mon entretien de progrès. En même temps, je jouerais bien ce rôle aussi. La Petite Rosette éditrice. Pas forcément pour mes livres à moi. non, pour d’autres aussi. Disons que je pourrais travailler dans une maison d’édition. A la relecture.
Publier.
Être publiée.
S’auto-publier…
Je voudrais être publiée par un vrai éditeur qui fait des livres papier. Voilà mon exigence. L’auto-édition ou l’édition numérique ne me tente guère. Même pas du tout. A l’ère des tablette et des livres électroniques, je reste fidèle à l’objet papier, les feuilles, enfin, les pages qu’on tourne. Je rêve qu’un éditeur ou une éditrice lise mon blog et me contacte pour me publier. Je peux attendre longtemps… Et pour contacter, moi, une maison d’édition, j’ai besoin d’un texte fini, ou d’un recueil, d’une matière organisée. Ça se fera. Je ne sais pas encore quand. Mais ça se fera.

Douche cérébrale (28)

29 juin

Par quoi je commence ?
J’ai ouvert mon cahier, marqué la date et la plume est restée suspendue un instant : je ne savais pas quoi écrire. Et je ne sais toujours pas.

Je n’ai pas l’impression d’avoir mangé tant que ça hier soir, mais c’était tard, après le débat au sujet de l’école — très intéressant débat, d’ailleurs — et puis il y avait deux parts de gâteau… Bref, je me sens barbouillée ce matin. Suis-je bête, ou plutôt ignorante, est-ce que le bicarbonate de soude ne serait pas une bonne chose pour aider à la digestion ? Il me semble me rappeler que oui. Faut que je regarde le petit livre. J’ai bu une tisane pour la digestion en rentrant. Mouais. J’aurais dû boire du citron, ça aurait été peut-être plus efficace. Ou du bicarbonate donc…

Hier soir j’ai décidé de  m’abonner à La Raison, le journal de La Libre Pensée. Du coup A. m’a proposé d’adhérer à La Libre Pensée. Je suis restée un peu bête. Je n’y avais pas pensé. Après une courte réflexion j’ai accepté. Ça m’a semblé juste. Je suis plus en accord avec la raison qu’avec… euh… comment je vais dire ? J’ai mal démarré ma phrase. Je la recommence.
Je suis pour la réhabilitation de l’intellect qui est pour le moins malmené dans notre époque perturbée. Donc, voilà, je suis maintenant Libre Penseuse. Et ça me semble tout naturel. Et je ne sais pas quoi écrire, mon cerveau s’active, je l’accompagne à haute voix, mais je ne sais pas quoi écrire. Les paroles s’envolent tels des petits oiseaux (interrogation grammaticale : tels s’accorde avec paroles ou oiseaux ? Je n’ai pas un Bescherel quelque part ?) Oh la la ! J’ai la main droite baladeuse ! Je m’angoisse à cause de mon manque grammatical ? Peut-être un peu. Je reste une petite fille scolarisée qui doit bien apprendre ses leçons. Euh, oui, non, je vais la libérer la petite fille. Eh, oh, c’est l’heure de la récréation, c’est l’heure de l’imagination au pouvoir, allez ma belle, amuse-toi ! Sois libre ! Fais des avions avec les pages de  tes cahiers ou une sculpture en papier mâché si le cœur t’en dit. Rien ne se perd, tout se transforme et ma grammaire dérape encore, mais c’était pour ne pas avoir une phrase trop lourde. Donc, fais du papier mâché avec tes pages de cahiers, transforme-les en sculpture.

Est-ce que je dois m’inquiéter de mes manques grammaticaux ? Tant que je m’en rend compte, ça va. Je me gratte la tête de manière très premier degré parce qu’elle est à laver. Je crois qu’il va falloir que je change de shampooing. Je ne suis pas sûre que celui que j’utilise (et dont j’ai fini la bouteille la dernière fois — il me reste un fond d’une autre pour aujourd’hui, mais va falloir que j’aille en racheter, ça devient urgent ! ) soit le plus adapté. Peut-être que je n’ai pas besoin d’aller chez la coiffeuse. Peut-être que je peux en trouver un qui me convienne à La Vie Claire. Je me demande si le gel douche ne fait pas shampooing aussi… A vérifier. Là, tout de suite ou presque. Le temps de terminer, de trouver les mots pour finir pour ce matin. Voilà. J’y arrive. Encore un et à demain.

Douche cérébrale (27)

28 juin

Ouh, je suis fatiguée… Je ne comptais lire qu’un chapitre de Dans les bois éternels et puis je suis allée au-delà. Et Walter m’a réveillée une première fois à cinq heures. Bouh, j’aurais bien dormi plus longtemps, mais voilà, j’ai rendez-vous épilation ce matin… Quand est-ce que je prends un rendez-vous pour un cours de chant ? Je ne sais pas. Comme j’ai sommeil, comme je suis fatiguée, je n’ai pas la moindre envie de prendre rendez-vous pour un cours. Je veux juste dormir, me reposer. Voilà. Et puis lire si je veux tard dans la nuit. Bon, en fait ce serait mieux de lire moins tard. Me coucher plus tôt. Mais hier soir avant de me mettre au lit, j’ai regardé une conférence de France Gauthier sur le mandat de vie. Intéressant mis à part qu’il s’agissait d’une conférence en vue de vendre une formation. Vous êtes gentils les Québecois avec vos formations en épanouissement personnel mais je ne vais en mener plusieurs en parallèle. Même si je l’aime bien France Gauthier.

J’ai de drôles de bruits dans le ventre. On dirait la mer… Allons donc ! Qu’est-ce que c’est que ça de bizarre ? Quelle heure il est ? Faut que je surveille pour être prête à huit heures et demie — voire huit heures et quart : elle est souvent en avance S. N’empêche, je serais mieux encore à dormir. Pffffff je me demande si je vais avoir le temps de finir et de m’habiller avant huit heures et quart… Il est déjà huit heures moins cinq. Oh mais pourquoi je stresse ? Allo La Petite Rosette ? T’as perdu ton flegme ? Est-ce que j’en ai jamais eu d’abord ? Ta cool attitude ? Ouaich, elle n’est pas encore bien ancrée. Je stresse ce matin. C’est ça l’effet du reiki d’hier ? Ben dis donc. Je me suis sentie triste en rentrant hier. Je ne sais pas pourquoi.

Je suis rentrée assez tôt pour aller au cinéma, voir Le bois dont les rêves sont faits. Un titre magnifique. Par contre le film dure deux heures vingt et c’est long, long, long. Il ne s’agit pas d’un film sur la forêt, c’est un film sur les Parisiens qui fréquentent le bois de Vincennes. Ah ouais, rien à voir. Ce fut donc une expérience… Je n’ai pas voulu partir avant la fin. Deux spectatrices dans la poignées de spectateurs l’ont fait. J’aurais pu me passer de ce film.

L’heure tourne et je stresse. C’est pénible. Je vais écrire n’importe quoi pour arriver au plus vite en bas de page : c’est n’importe quoi. Allez, La Petite Rosette, on se calme, cool, respire. Ce n’est pas le fauve en cage ce matin. C’est quoi ? Là, tout de suite, je ne sais pas. Un porc et pique… Euh, comment ça s’écrit ? Bref, une poule de piquants. Quand je stresse, je pique ? Enfin, disons que ça pique dedans. Ah bon. Et pourquoi pas. Mais pourquoi je stresse ? Pourquoi je m’angoisse par rapport à l’heure qui tourne ? Je ne suis pas assez ancrée. Il m’aurait fallu plus de temps. Que je me lève à sept heures, voire encore plus tôt. Que je reste debout à cinq heures, il faisait jour. Là, j’aurais eu bien le temps de me poser. C’est Chronos qui me fait sentir en boule de porc et pique. Non sérieux faut que je vérifie l’orthographe dans le dictionnaire. J’aurais pu choisir le hérisson… Mais non, ce n’est pas cet animal que je ressens. Dommage. C’était plus simple à écrire.

Douche cérébrale (26)

27 juin

J’ai fait un rêve horrible ce matin : un type avait arraché les griffes de Mirabob qui gisait sur le sol parce que ce dernier l’avait griffé et griffé son fils. L’homme et l’enfant étaient à côté du chat, assis par terre. Je hurlais sur le type qu’il était malade et je faisais un symbole reiki sur le corps inerte de Mirabob. Brrrr. Ce cauchemar m’a réveillée une vingtaine de minutes avant la sonnerie du réveil. Je suis restée couchée sans me rendormir. Et là je me sens bien fatiguée du fait de ma courte nuit : j’ai lu jusqu’à deux heures du matin, attrapée par l’enquête d’Adamsberg et la disparition de Retancourt. Retrouvée par La Boule. Pfffffiou, quelle histoire ! Quelle imagination. Prends-en de la graine Petite Rosette, prends-en de la  graine.

Bon maintenant, je sens que le mal de tête n’est pas loin. Je serais bien restée couchée si je n’avais pas la livraison des surgelés entre neuf heures et midi. J’aurais dû dire pas avant dix heures… Mais je ne savais pas que j’allais lire la moitié de la nuit. J’ai rêvé de papa aussi plus tôt. Oh la la, mais que je suis fatiguée ce matin ! J’avais envisagé de tondre et d’aller faire les courses. Les courses, ça pourra attendre au retour de chez M. Je me demande si je vais au cinéma ensuite, compte tenu de mon état… J’avais noté dans mon agenda des choses à faire aussi. De la paperasserie syndicale : deux chèques à envoyer, le compte-rendu de la réunion d’il y a quinze jours. Ouh, que je suis motivée ! Motivée ou pas, ça, faut que je le fasse. Ça ne va pas me demander trop de temps et une fois que ce sera fait, je n’aurai plus à y penser. Je vais le faire en attendant la livraison des surgelés.

Bon, ce serait bien que je me réveille. Un petit café ? Il m’en reste un peu d’hier. Oh la la, j’ai du courrier pour Y., faut que j’aille lui porter dans la semaine. Je dors assise mais mon cerveau reste bien actif. J’ai juste chaud. Et si j’allais dehors ? Bof, il y a le bruit d’une tondeuse. Il est plus tôt qu’hier, je n’aurai pas aussi chaud… Je tente ? Est-ce que le soleil ne va pas trop me taper sur la tête ?

Je m’installe dehors. Voilà. Ouais, il fait encore frais malgré le soleil. Il y a un petit vent. Oh, comme j’ai sommeil ! Je me demande ce que je pourrais bien écrire… Ce qu’il y a de bien le dimanche, c’est qu’il y a moins de bruits nuisibles. Ce matin, il y a le bourdonnement d’une tondeuse au loin et un moteur de je ne sais quoi qui pétarade. Ils m’emmerdent les voisins au loin.

Je me demande quand je vais tondre… Je me demande ce que racontent les pies… Je me demande à quelle heure la livraison des surgelés… Je me demande si je vais aller en courses ce matin… Je me demande si je mange comme hier à midi… Ah voilà Mirabob ! C’est l’heure de manger le chat ? J’arrive. Une petite minute, je termine. J’ai presque fini. Je ne vais pas faire une pause maintenant. Tiens, ah non j’ai mal vu. J’ai crû que Bagheera s’était levée et était là à côté de moi, mais c’est Yogeeti en fait. Il est tellement chou ce chat.

Douche cérébrale (25)

26 juin

Ce matin, la douche cérébrale c’est dehors.
Ah, sous le soleil, avec l’ombre de la main sur ce que j’écris. Avec vue sur la lune. Il doit être pas loin de neuf heures et demie et on la voit encore. Entre de tout petits nuages. C’est rigolo. Je l’ai prise en photo. Dire que je l’ai cherchée plusieurs soirs de suite sans la voir. Elle était encore trop basse. Ce matin, sans la chercher, elle est là. A jouer à cache-cache avec des petits nuages. Il y a une fine nappe nuageuse qui glisse devant. Ah, je pourrais faire d’autres photos. Saisir le bon moment. Ça veut dire que je la scrute et que je n’écris plus. La nappe nuageuse est en train de se dissoudre. Yogeeti réclame un câlin. Est-ce la lune ou les nuages que je regarde ? Les nuages qui glissent devant la lune. Ça change d’une seconde à l’autre. Lune immobile et défilé de filaments cotonneux devant.

Le soleil tape plus fort. Est-ce que je vais réussir à écrire mes trois pages dehors ? La voisine est en train de tailler ses bordures. J’ai chaud. Si je rentre, je vais sans doute devoir enfiler un gilet. Je reste dehors ou bien ? C’est bien dehors plus tôt. Demain je mets le réveil. A six heures et demie sur la terrasse, ouais !
Je n’y crois pas. Dommage.
Oh, ça se bouscule dans ma tête : et pourquoi pas ? Mais je ne suis pas matinale, je me connais assez pour savoir qu’au moment où le réveil sonne, si je n’ai pas d’impératif, en général, je ne bouge pas. Encore cinq minutes…
J’aimerais bien me réveiller de bonne heure naturellement. Pour cela encore faudrait-il que je ne me couche pas trop tard. Mais bon, vingt-trois heures trente, sept heures trente, ça devrait être jouable.

J’ai chaud. Ce serait mieux que je rentre. Je crois. La chaleur m’assoupit. Allez, hop. Voilà, j’ai changé de lieu. Je n’avais plus la lune au-dessus des yeux. Bientôt dix heures. Déjà. Mais qu’ai-je donc fait ? Je n’ai pas vu le temps passer depuis que je me suis levée à neuf heures moins vingt (ou à peu près). La douche, les photos et l’observation de la lune. Je casserais bien la croûte. Yogeeti a la tête dans le romarin, je le vois de dos, il a la queue qui remue. Qu’est-ce qu’il observe ? Qu’est-ce qu’il a vu ? Ah, il s’en va. Hier, il a passé la journée à la cave. Il dormait dans le panier, je n’ai pas osé le déloger avant de partir. Je lui ai porté un bol d’eau et une assiette de pâtée.

Oh, je ne sais pas quoi écrire et je crois bien que je n’ai pas envie d’écrire en fait. J’ai envie de me poser. Effet shiatsu ? Sans doute. Aujourd’hui, je reste cool, cool, cool. Tranquille. Voilà. Voili, voilou et puis c’est tout. Bon et maintenant ? Qu’est-ce que j’écris jusqu’au bout de la page ? Je ne sais pas… Le chant des petits oiseaux, le bruissement des feuilles sous l’effet du vent léger. La plume qui gratte le papier. Enfin qui gratte… Pas tant que ça. Oh, je m’assoupis à nouveau… Je me demande si je ne devrais pas faire les trois pages du soir compte-tenu de l’effet soporifique de la plume sur le papier… Non, le soir, j’ai la lecture et c’est très bien comme ça. Je me demande si je vais terminer Dans les bois éternels aujourd’hui… C’est captivant. J’adore. Merci Fred Vargas.

Douche cérébrale (24)

25 juin

Comment dire… Je ne voudrais pas solliciter trop mon mental, mon cerveau, ma tête, compte-tenu de la céphalée qui m’a ruiné une partie de la nuit. La galère ! Je ne savais plus quoi faire. Je voulais juste dormir… Ben c’était pas possible. J’ai respiré, tenté d’accueillir ce fichu mal de tête, exprimé ma colère et puis me suis résolue à répéter « je suis dans mon corps » pour libérer la tête. Et c’est ça qui a fini par calmer mon état. Ce matin, je sens encore une petite douleur côté gauche. Rien à voir avec cette nuit, mais j’espère bien que ça va se stabiliser et disparaître. On ne sait jamais, des fois que la crise reprenne. Je demanderai à I. quel est le point shiatsu pour calmer ça. Là, je vais faire cobaye en petite forme.

Bon, et à part ça. Quoi écrire ? Je ne sais pas.

Ecrire juste avec la main, sans la tête… Elle doit se reposer la tête. Je ferme les yeux… Ça ne va pas aider pour écrire… Disons que je suis un canal, que j’écris ce qui vient d’ailleurs, sans solliciter mes neurones, alors j’écris quoi ? Quoi ? Je ne sais pas.
Peut-être que je ne me tiens pas assez droite. Je ne suis pas du tout en position d’ancrage. Respire Petite Rosette, respire. De grandes respirations. Inspire et expire. Inspire et souffle, souffle, souffle.

Ecrire sans la tête, c’est pas facile. Un peu comme si elle ne voulait pas lâcher… Comment donc, on écrit sans moi ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ! C’est moi qui gouverne.
Euh, ben disons que vu ton état, on préfère te laisser en veilleuse, tu vois. Mais… Non, il n’y a pas de mais, faut savoir lâcher, s’assouplir, laisser faire, lâcher, lâcher, lâcher dans le souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle. J’inspire et je souffle, j’inspire et je souffle, j’inspire et je souffle, j’inspire et je souffle, j’inspire et je souffle, souffle, souffle, souffle, souffle, souffle. J’inspire et je souffle. Encore. J’inspire et je souffle. Je m’aère la tête. De l’air, de l’air, de l’air. Je suis faite d’air.
Pas que.
J’ai l’estomac qui me titille. Il ne va pas se nourrir d’air, lui, il lui faut du consistant. Du lourd. Du qui cale.

Ça veut dire quoi le mal de tête ? Lâche, lâche, lâche. Inspire et souffle.

Pourquoi je sens que ça m’énerve ? Pourquoi cette colère ? Tout simplement parce que le mal de tête est toujours là, pernicieux, prêt à repartir de plus belle. Je sais bien que la colère ne va pas calmer la douleur, mais elle soulage mon impuissance à le faire passer. Je n’aime pas être impuissante face au mal de tête. Je n’arrive pas à fusionner pour le diluer, je voudrais plutôt le terrasser.
Je vais manger en espérant que ça aille mieux. Mais pour le moment, je ne me sens pas bien. Et donc je suis en colère. Mais une colère qui manque d’énergie. J’ai besoin de manger là. Pas pour nourrir ma colère. Pour nourrir mes cellules. Alors je vais manger. Encore deux lignes et demie. Et puis moins. Bientôt plus qu’une. Rester cool et la tête au repos. Mouais. Je voudrais bien.

Douche cérébrale (23)

24 juin

Oh ! Je n’aurais pas dû prendre de dessert hier. J’ai beaucoup trop mangé et ça pèse dans mon ventre. Berk, berk, berk ! Je me sens lourde. Combien de temps pour digérer ? Je retournerais bien m’allonger je crois. Avec Bagheera qui dort bien tranquillement. Rester allongée le temps de la digestion. Pourquoi je me suis levée ? Parce que j’étais réveillée. Mais toute mon énergie est concentrée sur ma digestion. 

Ah oui, je retournerais bien m’allonger, mais au frais. Dans un hamac dans la forêt au bord d’une rivière. Ah ! Oui ! Ou un ruisseau plutôt qu’une rivière. Un petit cours d’eau. Hier soir, sur la terrasse à regarder et prendre en photo la lune, j’ai crû que des bestioles me piquaient les pieds (genre moustiques ou puces) : ça me grattait sur les pieds, mais rien, pas de boutons. Et aucune trace ce matin. J’ai des courses à faire mais pas l’énergie pour y aller. Est-ce que les chats ont assez de boites jusqu’à lundi ? Est-ce que j’ai de quoi manger jusqu’à lundi aussi ? Deux courgettes, du riz, des pâtes, des patates. Ouaich ! Pas de problème pour moi. Mais les chats ? Juste, mais ça peut le faire… Je verrai cet après-midi. Mais pour ce matin, je finis ma douche de cerveau et je retourne m’allonger un moment. Faut que je m’écoute mieux, que je sache m’arrêter avant d’avoir trop mangé. En fait, c’est simple, je mange beaucoup moins, seule à la maison, qu’en groupe au restaurant, ou même seulement invitée chez quelqu’un. Je me rappelle que j’avais beaucoup trop mangé chez B. et M.

Je ne sais pas trop quoi écrire à part que j’ai envie de retourner m’allonger. Mais je ferais bien une série de je me demande. Si je trouve ce que je pourrais bien me demander… Je me demande si mon deuxième blog va trouver ses lecteurs… Je me demande si je vais être publiée un jour… Je me demande quand je vais être publiée… Je me demande ce que je me demande… Je me demande si je pourrais faire des vidéos de je me demande… Je me demande où est passé Walter qui m’a réveillée à presque cinq heures ce matin pour que je lui ouvre la porte d’entrée… Je me demande quand je vais tondre devant… Je me demande quand je vais finir la salle de bain… Je me demande si je vais dormir dans un vrai lit dans une chambre toute neuve et toute belle avant la fin de l’année… Je me demande si je vais avoir des tomates… Je me demande si ce ne sont que des lys qui poussent contre la clôture ou s’il y a des iris au milieu… Je me demande si je vais me réveiller avant la fin de la journée… Je me demande si je vais aller écouter les chants corses ce soir… Je me demande si je vais me laver la tête aujourd’hui… Je me demande ce que je pourrais bien me demander jusqu’en bas de la page… Je me demande ce que vient faire une mouche dans la cuisine… Je ne me demande plus rien… Allons donc, qu’est-ce que j’écris pour finir ? C’est dur quand on est fatiguée et qu’on ne pense qu’à retourner s’allonger. Plus qu’une ligne et j’y vais… Plus que quelques mots et repos.

Douche cérébrale (22)

23 juin

Je ne sais pas si c’est à cause de la chaleur ou de la séance de shiatsu d’hier, mais je n’arrive pas à émerger ce matin. Il y a aussi que Walter m’a fait lever trois fois cette nuit. J’ai fini par fermer les volets en plein : reste dehors Walter ! Et ne viens plus me réveiller pour sortir devant. Je suis contente parce que j’ai réussi à faire redémarrer mon enregistreur. Je ne sais pas comment il s’était bloqué, toujours est-il qu’il ne voulait pas enregistrer plus de six minutes. Je n’ai pas tout compris, mais en appuyant sur les boutons j’ai fini par faire disparaître cette aberration. Ouf !

Ce matin ce n’est pas le bruit d’une tondeuse ou d’un taille-haie qui me dérange, mais la sonnerie d’un téléphone. Bon, ça dure moins longtemps. N’empêche, j’ai l’impression que la personne qui appelle insiste. Ah ! M’en fous en fait, je me sens bien, là. Ça, je pense que c’est un effet du shiatsu. Un grand merci à I. Je me sens cool aujourd’hui. Je voulais, enfin, j’avais imaginé aller à Bourgoin à midi : c’est jour de manif. Mais, bon, là, franchement, je ne suis pas du tout dans cette énergie. J’ai seulement envie de prendre mon temps. Je suis en congés. Je lâche prise. Le téléphone à nouveau : oui, c’est vraiment quelqu’un qui insiste ! J’ai résolu le problème des sonneries intempestives en coupant la sonnerie. De toutes façons la grande majorité des appels, c’est des appels indésirables de commerciaux. Les personnes qui tiennent à me joindre n’ont qu’à laisser un message et je les rappellerai. D’ailleurs j’avais pensé à changer le message d’accueil. Oh, ça bzz bzz ! Dès qu’il fait chaud, les mouches s’activent. J’ai pourtant mis la pâtée des chats au frigo… Certes, il reste les boites vides à porter dans la poubelle jaune. Ok. J’y vais rapidement. Tout de suite ou presque.

J’ai passé la moitié du cahier, il faudrait que je songe à me réapprovisionner. Je crois que c’est le dernier. Encore le téléphone. C’est un jeu ou quoi ? Ça m’intrigue. Voilà. Pause.

Je ne sais plus quoi écrire.

Envie de ne rien faire en particulier. Seulement me poser. Ne pas solliciter mon cerveau surtout. C’est lui qui a besoin de repos. Et puis il va être l’heure de manger. J’ai faim. Oh, comme je suis endormie, assoupie… aujourd’hui, je me pose, je me repose. Pas d’action, non. Je prends le temps de prendre mon temps. Energie chamallow. Comment j’arrive au bout de ma troisième page ? En douceur. Sans stress. Sans me presser. Je ne suis pas un citron.

J’irais bien m’allonger dans un hamac, écouter le chant des oiseaux et le bruit du vent dans les arbres. Ah ! Je suis en coton aujourd’hui. Ça y est. Il y a une mouche dans la boite que j’ai terminée ce matin. Allez, La Petite Rosette, va falloir te lever et mettre tout ça, le contenu du carton, dans la poubelle jaune dehors. Il n’y a pas que des boites de conserve, il y a des magazines aussi. quelques uns. J’en aurais bien d’autres à jeter encore, pour peu que je les sorte du pouf ou que j’aille chercher ceux qui sont à la cave. J’accumule, j’accumule… Vient un jour où il faut tout jeter. Faire de la place. S’aérer. L’espace et l’esprit.

Douche cérébrale (21)

22 juin

J’avais envie de m’installer dehors pour écrire ce matin, mais à huit heures et demie il fait déjà chaud sous le soleil. Ça change d’un jour à l’autre ! Du jour au lendemain ! Est-ce l’été cette fois, pour de bon ? Ou juste un aperçu ? Je crois avoir vu des orages pour dans la semaine sur le site de Météo France. La nuit n’a pas été encore chouette. Réveillée plusieurs fois. Les Chats… Et puis j’ai eu chaud. Mais ce matin, je me sens mieux qu’hier malgré tout : le plus gros de mes règles est passé. Je vais peut-être pouvoir être plus active. Attaquer le ménage ou l’extérieur… Plutôt le ménage. L’extérieur ce sera pour la fin de journée. Je le vois bien comme ça.

J’ai raté la lune quand il faisait encore assez jour pour la prendre en photo. Je ne savais pas de quel côté elle était. Cachée par un arbre peut-être. Ce matin, je vais savourer le pain viennois que j’ai acheté hier… J’ai croisé M. entre la boulangerie et la Vie Claire et bien failli ne pas pouvoir faire mes courses avant l’heure de la fermeture. Il était pas loin d’une heure quand je suis entrée dans le magasin. J’ai été bien contente de voir M. cela dit, même si j’avais un peu trop chaud : comme il avait plu plus tôt dans la matinée, je m’étais bien couverte — t shirt, pull marin, trench — trop en fait. Bref, je n’allais pas tremper un morceau de pain viennois dans un thé ou un chocolat en rentrant. J’avais plus envie de légumes. J’ai rangé le pain viennois dans le placard pour aujourd’hui. Miam. Ça me donne faim d’y penser.

Ce matin je suis en petit peignoir alors qu’hier je portais encore ma robe de chambre… Dingue ce changement de température ! Non, en fait il suffit qu’il y ait du soleil pour qu’il fasse chaud. Hier soir, je ne suis pas allée à l’atelier chant. J’étais lasse. Je voulais me coucher tôt, mais comme il faisait jour, je n’en avais que moyennement envie. Je me serais bien allongée dehors en fait. Ah, Mirabob vient me rendre visite sur la table. C’est lui qui m’a réveillée à huit heures et quelques, quasiment l’heure à laquelle j’avais initialement mis le réveil, sauf qu’en étant réveillée trois, quatre fois dans la nuit, j’ai fini par l’arrêter. Il était quatre heures vingt-cinq quand Walter a voulu sortir… ou manger, je ne sais plus. Bref, passons. Mais à quoi ? Je ne sais pas. J’ai sommeil et je compte sur le pain viennois dans le thé, du moins avec le thé, pour me réveiller. Je vais le savourer ce pain viennois.

Au départ j’avais pensé à une brioche, mais il n’y en avait plus (en fin de matinée il ne reste plus grand chose en viennoiseries). Pas envie de pain au chocolat, ni de croissant, j’étais un peu embêtée. Et puis en arrivant vers la caisse, j’ai vu le pain viennois et je me suis dit : ah ! Voilà ! C’est ça que je vais prendre ! J’étais très contente.
Miam, miam, miam.
Bon, là, je ne vais plus tenir très longtemps. J’ai faim ! C’est l’appel de l’estomac. Mirabob ronronne doucement sur la table de la cuisine. C’est agréable. Bien plus que le bruit de moteur de je ne sais quoi qui vient de dehors. Mais arrêtez de couper, de tailler bon sang ! Oh ! Ça suffit !
Ah, le camion des poubelles de l’autre côté.
C’est tout pour aujourd’hui.

Douche cérébrale (20)

21 juin

C’est la fête de la musique aujourd’hui et comme par hasard, il fait humide. Il ne pleut plus, mais il a plu cette nuit. C’est cool la pluie nocturne et matinale : ce matin je n’ai pas été réveillée par une tondeuse ou un taille-haie, ni une tronçonneuse. Matin calme. On n’entend que les oiseaux. J’ai ouvert la porte-fenêtre pour faire rentrer Mirabob. En fait il pleut. Une petite pluie fine.

Faut que je me réveille en plein. Mes yeux se ferment tout seuls. Et je baille. Je me suis couchée un peu tard hier soir. Je voulais lire un chapitre de Dans les Bois éternels. Un peu de lecture avant de dormir ça fait du bien. Même quand on a sommeil, je dirais même : surtout. Après j’étais partie pour bien dormir, m’abandonner dans les bras de Morphée… Ce qui me rappelle un rêve. Le vétérinaire (je ne sais plus son nom) me demande de me tenir dans ses bras cinq minutes. Il se tient dans mon dos, son corps enveloppe le mien. Je lui tiens les mains et on reste là, comme ça, un moment.

J’écrivais donc que j’étais partie pour m’abandonner dans les bras de Morphée, mais c’était compter sans les chats. Bagheera d’abord qui miaule derrière la fenêtre alors que celle de la petite chambre était ouverte. Enfin, du coup, j’ai eu un doute et je me suis levée : je l’ai trouvée sur le bureau. Il y a eu le tour de Yogeeti (que j’ai pris pour Walter) puis celui de Mirabob… J’avais mis le réveil. Je l’ai arrêté.

Aujourd’hui, je ne pourrai rien faire dehors compte-tenu du temps. Chouette ! Je vais pouvoir me consacrer au ménage. Ce n’est pas ce que je préfère, mais je n’ai pas de choix à faire. Je ne délaisse pas une chose pour une autre. Je fais juste celle que je peux. Et donc, ménage. Même si ça ne m’enchante guère… A un moment faut bien le faire. Oui.

Je ne sais pas si je vais à l’atelier chant ce soir. Je ne suis pas très motivée. Je n’ai pas envie. Je voudrais me coucher relativement tôt, même si c’est le jour de la fête de la musique.

J’ai laissé la porte-fenêtre entrouverte et du coup j’ai froid. Allez, je la ferme. Je ne suis pas bien réveillée encore. Faut que j’aille faire quelques courses. Une brioche pour accompagner le thé. Pas mal ! Thé ou café au lait ou chocolat, compte-tenu du temps… A voir. Quand je serai revenue avec la brioche. Je n’ai plus que des galettes de riz dans le placard. J’ai fait exprès de ne pas racheter de biscottes mais, après coup, les galettes de riz au petit déjeuner ça me dit moyen. Donc, aujourd’hui, ce sera brioche et ensuite… Je n’ai pas envie de biscottes là. Mais par quoi les remplacer ? Je pense à un autre type de biscottes, à la farine de châtaigne si je me rappelle bien. Ok. Je finis, je me prépare et je vais en courses. C’est fou comme je suis encore endormie. Allo, Petite Rosette, réveille-toi, il est l’heure. Dix heures passées. Ah oui, quand même. Mais je suis en congés, je fais ce que je veux. Ah oui, j’aime bien. Je vais le répéter d’ailleurs : je suis en congés, je fais ce que je veux. Je ne dois rien à personne. Je suis libre de faire comme je l’entends. Comme je le sens.