Journal (2)

3 juin

Il est midi. J’ai quasiment fait le tour de l’horloge au lit. Besoin de récupérer. J’ai faim. J’ai bu un verre de jus de carotte et mangé une galette de riz. Ça m’a ouvert l’appétit en grand. Je mangerais bien un morceau de fromage. Avec du pain ou une biscotte. Sinon le frigo est vide. Enfin presque. J’ai deux, trois courgettes dans le bac à légumes. J’ai des pommes et des bananes dans la panière à fruits. La corbeille à fruits. C’était pour faire une salade de fruits. Je vais la faire. Oui, tout à l’heure. Pour l’heure mes trois pages. Ah, ben voilà. J’écris « mes trois pages » et je ne sais plus quoi écrire. Ecrire sans penser. Ce qui vient. Sans queue ni tête. Pêle-mêle. Euh, oui, mais, bon…
Je nous revois au crématorium hier. J. qui me dit, avant de partir, de continuer à écrire et chanter. Je nous revois chez tonton. Je me revois lui demander  ce qu’est devenue la canne de mamie. Ils l’ont oubliée à la maison de retraite. D. a dit qu’elle appellerait ce matin. Je la trouve magnifique cette canne et j’aimerais la récupérer. D’un autre côté, cette question : à quoi bon s’attacher aux choses ? Donc, si je peux l’avoir c’est bien, si je ne peux pas l’avoir c’est bien aussi. Croisée des chemins : je prends ici avec, je prends là sans. D. doit aussi me faire une photocopie du livret de famille. J’aimerais bien, un jour, remonter dans l’arbre généalogique. Faut que je prenne le temps. Ah oui, le temps. C’est surtout que j’aimerais bien connaître mieux mon histoire familiale. En savoir plus sur mes racines… C’est drôle parce que dans un arbre généalogiques, les racines sont plutôt des branches… En tous cas, je suis bien contente de ne pas travailler aujourd’hui. Un temps pour moi entre les funérailles et la reprise de la vie active, c’est bien. Un temps pour me poser. Ah, je cherche un autre verbe, mais je ne le trouve pas… Pour me recueillir ? Non, ce n’est pas exactement ce que je veux dire… Un temps pour le travail de deuil… Ouais, quelque chose comme ça.
Aujourd’hui, je ne vais pas faire grand chose. Peut-être que je ferai les courses seulement demain. Aujourd’hui, jour de silence, sans radio, sans ordi… Oui, peut-être. Ce serait bien. J’emploie le conditionnel, parce que je ne sais pas si je vais rester dans cette énergie tout au long de la journée. Pour l’heure, ça me semble juste. Rester dans le silence. Hors agitation du monde.

Silence.

Alors je n’écris plus ?

Je laisse la fin de la page blanche ?
Blanche comme une fleur de montagne. L’edelweiss (pas du tout sûre de l’orthographe là). J’irai regarder dans le dictionnaire. Pas sur internet ! Pour la signification de la fleur, s’il y en a une, je verrai plus tard.
Journée hors du monde donc. Pas en repli, mais ailleurs. Autre part. Au calme. Loin de l’agitation. En haut de la montagne. Sous le soleil. Avec juste la caresse du vent et le son des cloches des brebis et des chèvres. Au loin. Loin de l’agitation. Tranquille. Respirant le bon air frais. J’inspire et… J’expire et… Tich Nhat Hahn.

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