Mûres

Les mûres au fond de la cour donnent beaucoup cette année, le temps leur réussit. J’ai déjà eu l’occasion d’en ramasser pour un clafouti ou pour agrémenter un bol d’avoine au petit déjeuner, mais aujourd’hui j’ai décidé de ramasser tout ce qui était à portée de main de ce côté-ci du grillage en vue de confectionner de la gelée. C’est l’ objectif principal que j’ai posé pour cette semaine de congés, en réaction aux deux dernières années lors desquelles j’ai laissé passer les fruits sans réussir à me réserver le temps nécessaire pour m’en occuper. Cette année, j’ai fait de la cueillette des mûres ma priorité. Je l’ai concrétisée aujourd’hui.

Profitant d’un élan et de la température matinale encore clémente, j’ai cueilli une quantité maximale de mûres mûres au milieu de l’activité de différents insectes : oh la la, toutes ces fourmis ! Dégage la mouche ! Pardon madame la guêpe…
Depuis que j’ai observé enfant, médusée, une guêpe se tailler un bout de jambon de mon sandwich avec ses mandibules, je nourris de la sympathie pour ces insectes qui n’ont pas bonne presse, alors que les mouches ne représentent pour moi que des pondeuses dans la pâtée des chats ou tout autre aliment oublié quelques instants. Beurk.
Il y avait déjà un tapis de mûres passées au sol, il restait encore nombre de fruits verts, c’est-à-dire rouges. Je n’ai pas touché au coin sous la toile d’araignée…

J’ai emporté ma récolte à l’intérieur, l’ai mise à tremper pour la débarrasser des bestioles susceptibles d’être restées dans le récipient, des fourmis par exemple… Là, j’ai compris comment les fourmis pouvaient se retrouver autour de l’évier : c’est moi qui les fais rentrer en fait ! J’ai sorti la recette de la « gelée de mûres à l’ancienne » , remplacé l’étape du passage au presse-légumes par un pressage au torchon, façon de faire plus longue et fastidieuse — d’autant plus quand on utilise des torchons usés qui menacent de se déchirer — mais je préfère ce geste : les mains dans le coulis plutôt que sur la manivelle.

J’ai ajouté trois-quarts de sucre aux neuf cents grammes de jus, calculé qu’il me faudrait six grammes d’agar-agar et j’ai pris le temps de déjeuner avant de passer à la cuisson : il était déjà plus de quatorze heures.

Est-il judicieux de faire cuire de la gelée de mûres au cœur d’un après-midi d’été tendance caniculaire ? Sans doute pas, seulement, je n’allais pas m’arrêter au milieu du chemin. La bassine m’a paru bien grande pour la quantité de ce que j’allais faire cuire… Il m’a bien semblé aussi que je ne remplirais pas beaucoup de pots… Suffisamment, certes, pour ma consommation personnelle, mais pas assez pour en faire profiter autour de moi. J’ai trouvé ça désolant. J’ai donc émis l’intention de recommencer avant la fin de la saison. Peut-être de la semaine si les fruits le permettent.

Douche cérébrale (60)

31 juillet

Il y a eu de l’orage hier soir. Ça a dû créer une coupure de jus, il n’y a plus d’heure sur la pendule (je ne sais jamais s’il faut dire pendule ou horloge…) de la cafetière. Bref, je ne sais pas quelle heure il est. Je me suis levée à neuf heures moins vingt, j’ai petit-déjeuné (ah, ce que c’est agréable de se lever avec la faim du petit déjeuner, faim de vie), fait un câlin à Yogeeti monté sur la table et puis voilà.

J’avais peur d’avoir mal à la tête suite à la journée constellations d’hier. Eh bien non. Je me sens bien. Heureuse. Joyeuse. En vie. En un et deux mots. J’ai retrouvé de l’énergie. Une belle quantité d’énergie. Hier, je suis rentrée en contact avec ma puissance, une puissance qui dormait depuis cent ans. Une puissance qui me faisait peur, qui m’impressionnait. Une puissance sympathique, une puissance gentille.

Oh il pleut. Ça rafraîchit. Donc, belle journée énergisante, hier. Aujourd’hui, je rayonne. Je me demande si ma rencontre avec ma puissance pourrait faire l’objet d’un lancer de dé… Le dernier. Ou pas. Avant de penser ordre, pensons seulement épisodes. J’en ai plusieurs en gestation. Un sur scène où il s’agit de suivre le fil du micro pour arriver devant la scène (et ne pas finir à l’arrière en traversant la montagne en carton-pâte du décor) : venir au micro et me donner un nom d’artiste… Et pourquoi pas tout simplement Rosette ? Ch’ais pas… Qu’est-ce que j’ai d’autre en stock au niveau des thèmes ? La prise de tête dans un local boursier où tout le monde court parce que le temps c’est de l’argent. Il y a aussi la tour, celle dont je gravis les marches après avoir laissé mon sac à dos ou ma valise — mon gros bagage, quoi — à une vieille femme (un gros bagage comme un boulet). Mais qu’est-ce que je trouve en haut ? On verra quand j’y serai. Une montgolfière qui représenterait ma puissance. Donc, oui, la géante endormie c’est un épisode antérieur.

Cerveau en suspension. Je pars ailleurs. Je dirai pas en méditation, c’est un peu, c’est même beaucoup comme quand je suis dans un état contemplatif, sauf que là, je n’ai pas le regard plongé dans la nature mais en dedans. A l’intérieur. Je laisse faire. La question c’est : est-ce que je peux m’occuper en parallèle ou est-ce que je me pose complètement ? Non, pas envie de me poser complètement. Je vais vaquer à mes occupations et laisser mon imaginaire créer un chemin synaptique merveilleux. J’aime bien l’idée et l’image.

Bon, mais qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Un modèle de carte de visite/marque-page pour mes blogs, ce serait cool. Ouaich ! Aujourd’hui, je crée, aujourd’hui, je donne les pleins pouvoirs à l’artiste qui est en moi. J’ai presque failli écrire : à l’artiste qui sommeille en moi, mais non, elle est bien réveillée.

Ah, je ne sais plus quoi écrire. Je suis impressionnée, je crois, par ce qui précède. Oui, oui, oui, je suis artiste et je crée aujourd’hui. Je crée ma journée. C’est aujourd’hui que je commence à faire de ma vie une œuvre d’art.

Qu’ajouter après ça ? Je ne sais pas. Rien. Juste, vivre pleinement, rester connectée à la puissance du cœur. A la belle vibration qui m’habite.

Mathieu Riboulet, écrivain

Rédiger une chronique ne doit pas nécessiter trop de temps en principe (à partir du moment où on en a choisi le thème), par contre, elle peut nécessiter de veiller tard quand on a décidé que l’objet pourrait en être un documentaire de troisième partie de soirée. Une autre solution aurait été d’écrire sur un autre sujet et de se réserver celui-ci pour demain. Mais, comme je n’ai pas pris le temps d’écrire plus tôt dans la journée…

L’été est la saison où les écrivain-es ont la parole : dans les Masterclasses sur France Culture,  sur France 3, ce soir, dans un documentaire (visible 29 jours là) de Sylvie Blum sur Mathieu Riboulet que je ne connais pas et que je découvre.

Est-ce que je me sens capable d’écrire une chronique sur cet écrivain après l’avoir écouté (et à une heure du matin passée) ? L’exercice me semble difficile. Je n’ose pas vraiment. Je me sens toute petite. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à l’article de Télérama grâce auquel j’ai regardé ce documentaire. (Et je commence à avoir sommeil…) J’ai pourtant suivi avec attention ce qu’il a dit. J’ai même pris quelques notes à la volée.

« Découvrir en écrivant que je pense ceci ou cela » ;

« C’est un travail de lire, ce n’est pas qu’une distraction » ;

« être porté par la joie » ;

Se mettre au travail de l’écriture par nécessité, pour vivre : « si on n’écrit pas, on meurt, alors on écrit. »

J’ai été touchée, inspirée, travaillée… Et j’ai l’envie d’aller plus loin, de découvrir son écriture. Je vais donc ajouter son nom dans mon carnet de livres et d’auteurs à lire. Cette chronique, où j’évoque principalement moi-même, n’en est finalement pas exactement une. Disons qu’il s’agit d’une pré-chronique au sujet de l’écrivain, Mathieu Riboulet. La chronique véritable reste à écrire. Un jour prochain. Après l’avoir lu.

Douche cérébrale (59)

30 juillet

Il y a un merle sur le grillage dans le soleil levant. Je passerais bien du temps à le contempler. Ah ben voilà qu’il est parti. Oh la la la la, j’ai du mal à émerger ce matin. J’aurais bien dormi plus longtemps. Je n’arrive même pas à écrire. Ouille, ouille ouille ! Acte manqué d’hier  : j’ai affiché mon dernier message, ma dernière page de péage sur ma page Facebook au lieu de la diffuser sur la page dédiée à mon blog.

Ce serait bien que je me réveille un peu. Je me demande si je ne vais pas prendre un café ce matin… Un thé suffira peut-être. Oh, je suis barbouillée du ventre ! Coup de froid ou coup alimentaire ? Mais qu’est-ce que j’ai sommeil ! Bon, d’accord, je me suis couchée tard hier, mais bon j’ai dormi, quoi, sept heures, c’est déjà pas mal. Je m’endors au-dessus de mon cahier. Et si je somnolais un peu ? Si je m’accordais un sommeil flash ? Je ne sais même plus comment ça fonctionne…

Etait-il nécessaire que je fasse sonner le réveil à sept heures pour être à Saint Didier à neuf heures et demie ? J’aime bien avoir du temps. Ne serait-ce que pour faire mes trois pages ? Mais là, je dors vraiment debout. C’est fou d’avoir sommeil comme ça ! Mes yeux tiennent à peine ouverts. J’ai du mal à écrire. Je suis toute engourdie. Oh la galère ! J’ai envie d’écrire : vivement ce soir que je me couche, même si ce n’est pas vrai. Je voudrais seulement être réveillée et profiter de ma journée constellations.

J’ai sommeil ! Alors je lève la plume, je me tiens la tête entre les mains quelques instants. Ça va être laborieux d’écrire dans ces conditions. Ah ! un café ou un thé ! Quelque chose pour me réveiller ! Ah mais j’y pense, j’ai des huiles essentielles. Ah, voilà qui devrait me réveiller un peu. Allez, plus qu’une page, même pas et demie. Mais que c’est dur de garder les yeux ouverts… Ça me saoule d’être fatiguée. Bon d’accord, c’est bien de s’écouter, de prendre soin de soi mais c’est bon là, je ne suis pas une petite choses fragile. Ça suffit, je voudrais bien être plus dynamique, savoir récupérer plus facilement. non, parce que là, c’est trop galère. Je dors au-dessus de mon cahier. Je n’arrive pas à émerger. Je me sens tellement fatiguée ! Engluée dans le sommeil. Ce n’est plus l’heure de dormir, j’ai autre chose à faire. Je dormirai mieux ce soir. Voilà, mais pour le moment, hop, hop, hop ! Je me réveille. Il est l’heure de me réveiller. En douceur… Mouais.

Ok, ok ! Ah, mais si je réveillais mon corps d’abord avec quelques pas de danse en me levant, je serais peut-être plus vive ensuite… Trop tard pour ce matin, j’ai la douche cérébrale plus que laborieuse, mais ce serait bien que j’y pense pour demain par exemple. Allez, allez, un petit effort, j’arrive à la fin. Ou presque. Je ne peux pas vraiment dire que j’ai froid, je serais tout de même mieux sous la couette. Oh la la, et puis mes intestins qui me travaillent. Allez, faites votre boulot mais discrètement, gentiment.

Pfffffiou, mais que c’est laborieux ce matin ! Quelle heure il est ? Je ne sais pas. Je ne vois pas la pendule de la cafetière. La pendule de la cafetière… Un petit café. Mouais. Non. Un thé plutôt. Un bon bol de thé bien chaud. Thé russe pour ce matin. Ça me semble bien. Oui. Bien.

Douche cérébrale (58)

29 juillet

Ouh la la ! Faut que je vérifie la date d’hier pour savoir quel jour nous sommes ! Voilà. Une fois ça posé, je ne sais plus quoi écrire. Non, ce matin, j’ai la tête vide. Il n’y a rien de rien dedans. Je vais répéter à loisir — si on peut dire — je ne sais pas quoi écrire, je ne sais pas quoi écrire, je ne sais pas quoi écrire, et puis j’écris très mal que je ne sais pas quoi écrire et puis je dois me dépêcher d’écrire que je ne sais pas quoi écrire parce que l’heure tourne, tourne, il est déjà plus de trois heures. Un quart d’heure pour donner à manger aux chats. Ah ben oui ! Tout ça, rien de moins. Ben dis donc. Pfffiou ! Mais à part ça, je ne sais pas quoi écrire et j’écris le plus vite possible que je ne sais pas quoi écrire. Ah… Aïe, aïe, aïe ! Je voudrais bien écrire autre chose mais je ne sais pas quoi. Une idée lumineuse. Mouaif, tu parles. J’ai quelque chose dans la gorge. Certainement pas une idée. Quelque chose dû  la clim au péage. J’ai juste chaud ce matin. Ouais, mais je ne sais pas quoi écrire. Quoi écrire. Je ne sais pas quoi écrire. C’est assez ennuyeux à force. Trois pages de je ne sais pas quoi écrire… Et pendant ce temps-là, mon infusion infuse. Euh, je la laisse infuser combien de temps ? Trois pages, ça me parait beaucoup. Mais comme je n’ai pas regardé à quelle heure j’ai commencé et que c’est à peine si j’ose relever le nez de ma page pour ne pas perdre le fil que je n’ai pas. Mouaf ! N’importe quoi ! Trois heures douze.

Je pense que c’est assez infusé. Mais est-ce que je vais lever le stylo pour enlever le… le sachet de l’infusion ? Ben oui tiens ! Voilà, c’est fait. En deux temps, trois mouvements. Hop, hop, hop ! Ni vu, ni connu. Tu parles ! Quelle expression ! Qu’est-ce que je peux m’exprimer par expressions toute faites ! Elles me viennent comme ça au bout de la plume pour gagner un bout de ligne. Pffiou ! J’ai l’impression de faire un marathon. Le nez dans le guidon. Ah, je vais finir par relever la plume. Je n’en peux plus. Je ne sais pas quoi écrire ! Je n’en peux plus d’écrire n’importe quoi, que je ne sais pas quoi écrire. Elle est où l’inspiration ? Perdue dans la nuit. Trop tôt.

Je ne sais pas quoi écrire. Non, non et non. Rien dans la tête, même pas un petit bout de rêve. Rien de rien, nada. Je ne sais pas quoi écrire. Vite ou pas. Au ralenti, au pas, je ne sais pas quoi écrire. Ah… Qu’est-ce que je pourrais bien écrire au lieu de je ne sais pas quoi écrire ? Ben, je ne sais pas et je me répète comme un perroquet. Je ne sais pas quoi écrire et je ne me rappelle absolument plus de l’intrigue du Fred Vargas que je suis en train de relire (un chapitre par soir) : « un lieu incertain » . Ben là je suis dans la cuisine et je ne sais pas quoi écrire. Non. Aucune idée. Aucune inspiration. Non. C’est la nuit. L’heure de dormir. Veillée par la lune. Le quart de lune ou à peu près. Le car de lune pour une expédition dans les étoiles bientôt filantes. Ah oui ! Départ imminent, bientôt le mois des étoiles filantes, il est temps de partir en voyage. Voyage là-haut dans la voie lactée pour un séjour inoubliable. Je m’envole, je pars tout là- haut. Je me suis échappée.

Douche cérébrale (57)

28 juillet

Je n’ai rien dormi cette nuit ou presque. Ah la la ! Dur de tourner sous le drap et puis sous la couette sans trouver le sommeil.

D’abord il y a eu un moustique qui m’a tourné autour. Je me suis badigeonnée de produit anti-moustique. Plus tard, il y a eu bagarre de chats. J’ai cru qu’il y avait eu intrusion d’un chat, mais il me semble qu’il s’est agi de Bagheera contre Yogeeti. Et puis j’ai tourné dans mon lit sans trouver de position pour dormir. Et puis j’ai fini par regarder l’heure : une minute avant la sonnerie du réveil. Bon, ok, ça va, je me lève. Pffff. Je sens que la journée va être longue. Longue et difficile. Peut-être que je vais pouvoir dormir de bonne heure ce soir ! Ce serait mieux vu que demain je recommence à quatre heures et demie.

Je ne tiens pas bien debout pour quelqu’un qui n’arrive pas à dormir. Oui, bon, c’est n’importe quoi comme remarque. Mais compte-tenu de mon état, je peux, je vais sans doute, écrire n’importe quoi. N’importe quoi ! Ouais !

Pour le moment, je ne sais pas quoi écrire. Pas de rêve à raconter, j’ai pas dormi. Bon, j’ai bien dû m’assoupir un peu quand même. Et Mirabob qui veut sortir. Ah, dépêche-toi chat ! Je suis énervée là ! Va pas falloir qu’on m’embête ce matin. Ah, ça non ! Sinon, ça va chier des bulles comme on dit. Et à part ça qu’est-ce que je raconte ? Qu’est-ce que j’écris ? De quoi je parle ? Qu’est-ce que j’exprime ? Ben rien. Non, rien. Rien à exprimer. Rien à dévoiler. Oh, oh, j’ai comme l’impression qu’un mal de tête pourrait se réveiller là, quelque part sous mon crâne du côté droit. Ah non, pas ça ! Ça, ça va m’énerver grave ce qui va augmenter la douleur. Cercle vicieux. Ah non, pas ça ! Rester calme, rester zen. Penser poésie. Oui ! Le petit carnet de poésie « Urgence Poésie Debout » du mari de M. Je ne savais pas qu’il était poète. C’est chouette d’écouter des poètes.

J’ai soif. Ok, je bois. Verre d’eau froide. L’infusion ce sera pour après. Quand j’en aurai fini avec la douche cérébrale. Ben mince alors, l’eau me fait tousser, a chatouillé quelque chose dans ma gorge.

Y a du bruit dans la nuit. C’est l’adoucisseur. Vu que je ne l’ai jamais fait contrôler, vérifier, entretenir, je me demande s’il fonctionne correctement, si c’est utile que je le remplisse de sel de temps en temps. Mouais, je ne sais pas et je ne sais pas qui saurait me renseigner et là franchement, pour le moment, ce n’est pas l’heure de me le demander. Je ne peux pas écrire que je m’en fous, non, quand même, mais bon. Quelle heure il est ? Trois heures et quart. Bon, je ne vais pas tarder à pouvoir faire chauffer l’eau. Et puis j’irai m’habiller et puis ce sera l’heure d’y aller.

Hier soir, j’ai lu que manger cru ou à heures irrégulières fatiguait la rate. Ah. Certains prônent de manger cru pourtant. Jean-Jacques Crèvecœur dit pour sa part qu’on n’est pas obligé de faire trois repas par jour. Bref, il y a plusieurs « vérités » , plusieurs façons de voir. Laquelle suivre ? Celle qui nous parle le mieux. Perso, je conserve à peu près mes trois repas. il m’arrive de manger cru et froid (surtout l’été).

Canicule, je capitule ?

Je rature.

J’arrache une page.

Je recommence…

Je change de sujet.

Je rature à nouveau.

Il fait trop chaud pour écrire.

Il fait sec.

Photo à l’appui.

Il fait lourd.

Le ciel s’est couvert.

C’est l’orage qui vient.

Tout doucement.

Il est annoncé seulement pour demain par météo France.

Il fait un temps à ne rien faire.

Ça me rappelle l’idée de constituer une compil de chansons sur le thème de la paresse.

J’avais commencé à lister quelques titres…

Qu’est-ce qu’il m’en reste ?

Trois airs rafraîchissants :

« Il fait chaud » de Pauline Ester

« La ouate » de Caroline Loeb

Et ma préférée, « La paresse » de Juliette

Il doit certainement en exister d’autres.

Mais,

là,

franchement,

ce n’est pas un temps à lancer une recherche.

Douche cérébrale (56)

27 juillet

Il est beau le chardon. Avec ses boutons, ses fleurs mauves et ses « boules de poils » qui volent, pour faire pousser plein d’autres chardons l’année prochaine. Mirabob a une grosse soif et moi un léger mal de gorge. Je ne suis pas très fraîche ce matin mais ça va mieux qu’hier soir. Le mal de tête est passé. Ouf ! Ce que ça m’énerve d’avoir mal à la tête ! C’est quoi qui va de travers ? Comment il dit Jean-Jacques Crèvecœur ? C’est quelque chose qui se nettoie… Tiens, ça me fait penser qu’il y avait le premier webinaire hier. Ah ben, même si j’avais pensé allumer l’ordi pour regarder la fin en rentrant de l’apéro poétique, je n’aurais pas pu le suivre. A priori, je ne pourrai pas plus suivre celui de samedi vu que je vais à la journée constellations. Je pourrai peut-être en voir un bout, mais je ne pense pas être rentrée pour me brancher dès le début. Pas grave. Oh. Pause dans ma tête. J’ai perdu le fil. Je suis partie à réfléchir à quel objectif je pourrais définir samedi. Ça me prend plusieurs fois par jour. Eh, oh, le mental, tu es censé être connecté à ma main gauche là, pas à partir ailleurs tout seul. Non, mais, c’est pas des manières. Je me demande si mon mal de tête est vraiment parti… Je crois qu’il ne va pas falloir que je m’énerve aujourd’hui, ça réveille quelques douleurs là-haut du côté droit.

Ah la la, je ne sais pas trop quoi écrire, j’ai l’impression d’écrire n’importe quoi. Besoin d’un remontant, d’énergie, c’est-à-dire de manger. Et d’un café ? Ah, le café je ne sais pas… D’un côté oui, de l’autre, ce n’est pas ce qu’il y a de meilleur pour ma tête, c’est un truc du genre à raviver le mal de tête. Pffff, je me sens vraiment une petite chose fragile et ça m’énerve. Je voudrais être forte et solide comme la montagne (j’inspire et je me sens solide, j’expire et je me vois montagne), alors que là, au moindre effort, au moindre pas grand chose, paf ! Je suis fatiguée, toute molle, le mal de tête pas loin. C’est quoi ce bean’s ? Je manque d’énergie. Peut-être de vitamines, d’oligo-éléments ou je ne sais quoi… Besoin d’une cure de vitamines ? A la rigueur sous forme de gouttes à boire le matin, mais pas un traitement en cachets. Avec ma nourriture équilibrée, ça devrait pourtant aller. Ouaich ! J’aimerais être plus en forme pour être plus active et puis c’est tout. Là, j’ai plutôt tendance à attendre que ça passe au lieu de faire quelque chose. Le corps sait ce dont il a besoin, non ? Bon, alors. Il se suffit à lui-même… Je veux dire qu’il n’a pas besoin de compléments, à moins que je le nourrisse mal, mais, pourtant, non, je ne crois pas. Par contre, j’ai de plus en plus envie d’une café. Bon, ok, d’accord. Je vais aller préparer du café. Et puis après ? Oh après, une fois habillée, faudra que j’aille acheter de l’anti-puces pour les chats. Peut-être que j’en profiterai pour faire quelques courses. Ah oui ! J’ai besoin d’œufs et de légumes ! Bien envie d’une tarte à la tomate ! Ok ! Super ! C’est ça que je vais faire. Peut-être pas pour ce midi, parce que ça va faire tard. A voir. Mais donc, œufs et tomates. J’aime bien quand je sais ce que je veux.

Coup d’œil au fond du jardin. Je ne vois plus de mûres rouges. Elles doivent être mûres. A ramasser. Ok. A faire.

Une sauterelle

Dans la chaleur d’une soirée de juillet, le chant des sauterelles produit un effet rafraîchissant.

Avant ce soir, j’aurais écrit « le chant des grillons » mais il n’avait rien d’un grillon, l’insecte qui stridulait, installé sur le bord de la télévision : il s’agissait d’une grande sauterelle verte.

Je me suis approchée d’abord avec l’appareil photo, j’ai déclenché sans flash pour ne pas trop l’indisposer (résultat : des portraits flous). Je suis revenue ensuite avec une serviette pour la raccompagner à l’extérieur. Ses antennes suivaient mes mouvements. Je l’ai attrapée avec autant d’appréhension que de précautions : j’avais peur qu’elle me surprenne d’un bond à travers le salon. Mais non. Elle s’est laissée faire. Comme si elle comprenait que je lui voulais du bien. Ou peut-être parce qu’un chat l’avait blessée…

Je ne saurais dire, je ne l’ai pas examinée. Je l’ai seulement conduite jusqu’au dossier du banc sur la terrasse, en prenant garde qu’aucun chat ne se trouvât dans les parages. Elle y est descendue gentiment. Je suis rentrée, j’ai tourné la page de mon carnet et entamé la rédaction de cet épisode, bien plus réjouissant que le thème sur lequel je travaillais auparavant : ma perception erronée du temps.

Il serait sans nul doute temps, justement, d’aller dormir à présent. Je préfère, cependant, savourer la fraîcheur de la nuit et prendre un bain de stridulations sous la lune presque pleine.

Douche cérébrale (55)

26 juillet

Je regarde le chardon dehors. Je croyais que toutes les fleurs seraient écloses en même temps, que je ferais une photo de bouquet et que je couperais ensuite le chardon, Y. m’ayant prévenue que si je le laissais faire ses graines j’en aurais partout l’année prochaine. Seulement les fleurs éclosent les unes après les autres et je vais avoir des graines dans la cour. Bah, l’année prochaine je tondrai, je ne laisserai pas pousser le chardon. J’expérimente le jardin. C’est-à-dire que je laisse pousser pour voir. Je fais venir la nature à moi.

Je lève la tête pour regarder et du coup, forcément, je n’écris plus. Ah, ce n’est pas le but de l’exercice… Et alors ? Je fais ce que je veux. Je l’adapte. Je ne suis pas obligée de le suivre dans les règles strictes. Je l’utilise dans, comment dire ? Purée, j’ai du mal à m’exprimer, mon cerveau n’est pas encore très vif. Ce que je cherche à dire, c’est que ce matin je suis dans un état contemplatif et que je fais ma douche cérébrale dans cet état d’esprit, donc j’écris doucement, une idée après l’autre, après observation de ce que je vois, ce que je ressens. Je laisse planer mon cerveau lent. J’aime bien. Ça me fait du bien. Ça me repose. Je respire.

Je m’étire. Je prends de l’envergure. Et je me laisse porter. Il y a un chat qui mange. C’est Walter qui finit les gamelles. Faut que j’appelle la clinique vétérinaire pour lui prendre rendez-vous pour ses vaccins. Si ce n’est pas possible demain (jour de repos), ce sera reporté à la semaine prochaine. Un moustique géant dehors… C’est-à-dire un taille-haie ou un rotofil plutôt. Les joies du voisinage l’été. Jamais ils ne partent en vacances ? Une semaine sans voisins, ce serait cool. L’autre solution, ce serait que je parte, moi… Pour aller où ? Et puis je ne suis pas en congés d’abord. Envie d’être tranquille chez moi avec mes chats. Il y a bien assez de bruit au boulot. A la maison, j’aime bien entendre les oiseaux. Besoin de nature. De me ressourcer au calme. Et là, je ne sais plus quoi écrire.

Je serais bien au bord de l’eau. Au bord d’une cascade. Ce serait rafraîchissant. Le son de l’eau qui tombe. Apaisant. Loin du moustique géant. Mais où trouver une cascade sans touristes ? Dans ma tête. C’est bien l’imaginaire. L’image in air dit Lulumineuse dans la BD coécrite avec Art-mella. L’image in air. Un air dans la tête. De je ne sais plus qui : Love is in the air… De quand ça date ? Aucune idée. J’irais bien vérifier sur le net. Oh, je ne me suis pas connectée hier ! Deux jours ce ne sera pas possible, ne serait-ce que parce que je vais vérifier si M. m’a répondu pour cet après-midi. Elle a proposé qu’on passe chez elle pour choisir quelque chose à chanter avant d’aller à l’apéro poétique à la Maison des Dauphins. Je n’ai pas encore trouvé de textes à y lire. J’attendais l’inspiration. Je n’ai pas encore eu trop le temps de chercher. Oh ! Un chat du voisinage qui s’est introduit dans la cuisine ! Ah, mais où il va ? Est-ce bien raisonnable de la laisser rentrer ? Cette maison est la maison des chats. Ah, je l’aperçois vers les gamelles vides. Il ne doit rester que quelques croquettes. Ça te va des croquettes chat ? Apparemment, il cherche de la pâtée… Mais voilà Bagheera. Et puis Yogeeti. Et Walter ?