Douche cérébrale (39)

10 juillet

Je ne me sens pas très bien ce matin. De mauvaise humeur. A cause que je n’arrivais pas à m’endormir hier soir. Trop fatiguée pour dormir, mais il n’y avait pas que ça. Il y avait la musique chez des voisins. A une heure du matin ! Non, mais ils exagèrent quand même ! Du coup j’ai mis un CD de Madredeus. Fort. J’ai écouté quelques chansons en en faisant profiter le lotissement. J’ai mis sur pause après cinq chansons. Tendu l’oreille. Silence. Ok. Je peux arrêter le poste.
Je me suis demandé si cette manière de faire entrait dans la catégorie des jeux de pouvoir. Quoi qu’il en soit, ça ne m’enchante pas. Je suis travaillée de l’intérieur et c’est pas gai. Non. Je me sens triste. C’est comme une vieille tristesse qui remonte. Bon, eh bien, monte et sors. Ouais… Ça va pas être aussi simple de la décoller. Pffff. Je n’ai pas envie d’écrire. Ça me saoule, je ne sais pas quoi écrire.

Y a un truc dedans, à l’intérieur, qui me chagrine et je ne sais pas ce que c’est et je ferais mieux de l’apprivoiser et de l’accueillir gentiment au lieu de m’énerver. Mais je ne veux pas y passer trois plombes ! Eh hop ! Je respire.
Je me concentre sur ma respiration.
Je respire en conscience.
Rien ne vaut le moment présent.
Ce n’est pas pour nier les remous intérieurs, c’est pour les laisser se fluidifier. Ça ne sert à rien de se focaliser dessus : j’accueille et je laisse transmuter. Je prends conscience et je reconnais. Je fluidifie par une respiration consciente. Par ou dans ? Dans une respiration consciente. Oh la la, exercice de respiration, accueil, écoute de ce que je ressens…

Aujourd’hui, je prends soin de moi. Je prends soin de mes blessures. Je reconnais et j’accepte que je suis dans le creux de la vague, le parfum de la mer. Ça m’apaise. Une coque pour sonner comme une corne de brume. Une coque, je veux dire un gros coquillage. On dit bien coque, non ? Je me demande d’où me viennent ces absences des fois… Et si je me demandais autre chose ?
Je me demande d’où vient l’humeur…
Je me demande pourquoi je suis de mauvaise humeur…
Je me demande d’où vient ma tristesse…
Je me demande si je peux la fluidifier en plein…
Je me demande pourquoi je continue à écrire…
Je me demande à quoi ça sert les trois pages du matin…
Je me demande si je vais reprendre le bouquin pour libérer ma créativité…
Je me demande ce qui bloque…
Je me demande comment faire sauter le bouchon ou le barrage…
Je me demande pourquoi j’allais écrire barrage, alors que je voulais écrire bouchon…
Je me demande si je vivrai dans une maison isolée un jour…
Je me demande quand est-ce que je vais poursuivre les travaux dans la maison…
Je me demande pourquoi je manque d’énergie pour le faire…
Je me demande ce qui me retient…
Je me demande quand est-ce que je me sentirai entièrement libre, comme le mat du tarot…
Je me demande ce qui me fait peur…
Je me demande pourquoi est-ce qu’il y a encore un voisin qui fait du bruit ce matin…
Je me demande si tous les voisins ne pourraient pas partir en vacances…
Je me demande où je pourrais m’isoler avec les chats…
Je me demande ce que je pourrais bien encore me demander…
Je me demande, je me demande, je me demande, je me demande…

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