Douche cérébrale (53)

24 juillet

Allez, c’est parti ! Enfin presque. Qu’est-ce que je pourrais bien écrire ? Qu’est-ce que je vais écrire ? Respire Petite Rosette, respire. J’ai l’impression de ne pas assez respirer. Evidemment je retournerais bien me coucher. Dur, de commencer à quatre heures et demie… Et quand je pense que j’ai deux autres matins, la semaine prochaine… Dans quelques jours… Aïe, aïe, aïe ! Bon. Pas la peine de penser à demain ou après. Rester à aujourd’hui. Donc. Aujourd’hui. Dimanche.  Ok. Et après ? Ben, non, j’ai dit : j’en reste à aujourd’hui. Je tourne en rond.

Je ne sais pas quoi écrire.

Trop tôt. Pas assez dormi. Les idées enfouies. Rien qui émerge. Juste, j’ai envie de retourner me coucher. Ah oui ! Mais ce n’est pas possible. Non. Je travaille. Je ne peux pas en faire abstraction. Va bien falloir que j’y aille. Oh, j’ai la main droite à la recherche d’un bouton à gratter sur le visage… Couchée la main droite !

Souvenir. Je pars de chez M., je suis dans ma voiture sur la route, je croise un des fils de D., le deuxième. Je ralentis mais pas assez. Je n’ai pas pilé. Je suis dans l’élan, j’ai parcouru quelques mètres. Une certaine distance. Je ne me suis pas arrêtée. Je n’ai pas enclenché la marche arrière. Je suis repartie. J’ai continué ma route. Je me suis dit que j’appellerais pour prendre des nouvelles, ce que j’ai fait. Appel dans le vide, personne au bout du fil. Quelques jours plus tard, j’ai appris le décès de D. Rendez-vous manqué ? J’aurais pu m’arrêter ? Certainement. J’aurais dû ? Je ne l’ai pas fait. Ok. Mais alors, pourquoi j’y repense ?

Ma main droite s’attaque à mon crâne… On dirait que j’ai un petit bouton, là, un peu au-dessus de l’oreille droite… Non. Je me contente de gratter le cuir chevelu. C’est agréable. Ce serait pas mal toute la tête entre les deux mains qui massent… Sauf que la main gauche a pour mission d’écrire pour le moment. N’est-ce pas, la main gauche ? Et sans lever la plume… Même si après un point ou trois de suspension, j’ai tendance à m’arrêter. Qu’est-ce que j’écris ensuite ? Ce qui vient dans la tête. Ce qui me passe par la tête. A trois heures vingt. Ah oui déjà ! Quand même ! A trois heures vingt donc, il ne me passe pas grand chose par la tête. Rien de particulier. Et voilà la plume qui se tient quelques secondes suspendue. Tatatata, non, non, on ne réfléchit pas, on écrit. Allez Petite Rosette, écris, sans réfléchir. C’est que c’est dur. Oui. Peut-être. Certes.

Oh, Avril miaule derrière la porte-fenêtre. Je vais lui ouvrir tout de suite ou je termine ma page d’abord ? je le laisse patienter le temps de terminer. Ouaich, mais mes neurones sont branchés sur le chat. Vite, vite, vite, écrire n’importe quoi et aller lui ouvrir. Ben non en fait, si je me mets la pression en disant « vite, vite, vite » ça produit l’effet inverse, ça me bloque : comment ça, vite ? Ça m’affole et je ne sais plus quoi écrire. Blanc ou trou noir. Ce qui revient au même. Je n’écris plus. La plume reste suspendue. Ah ben non, faut pas ! C’est pas le jeu. Ok. Alors respire Petite Rosette. Cool. Tranquille. Tu arrives au bout. Chouette ! Avril n’a plus à attendre. Voilà. C’est fini pour aujourd’hui !

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