Une sauterelle

Dans la chaleur d’une soirée de juillet, le chant des sauterelles produit un effet rafraîchissant.

Avant ce soir, j’aurais écrit « le chant des grillons » mais il n’avait rien d’un grillon, l’insecte qui stridulait, installé sur le bord de la télévision : il s’agissait d’une grande sauterelle verte.

Je me suis approchée d’abord avec l’appareil photo, j’ai déclenché sans flash pour ne pas trop l’indisposer (résultat : des portraits flous). Je suis revenue ensuite avec une serviette pour la raccompagner à l’extérieur. Ses antennes suivaient mes mouvements. Je l’ai attrapée avec autant d’appréhension que de précautions : j’avais peur qu’elle me surprenne d’un bond à travers le salon. Mais non. Elle s’est laissée faire. Comme si elle comprenait que je lui voulais du bien. Ou peut-être parce qu’un chat l’avait blessée…

Je ne saurais dire, je ne l’ai pas examinée. Je l’ai seulement conduite jusqu’au dossier du banc sur la terrasse, en prenant garde qu’aucun chat ne se trouvât dans les parages. Elle y est descendue gentiment. Je suis rentrée, j’ai tourné la page de mon carnet et entamé la rédaction de cet épisode, bien plus réjouissant que le thème sur lequel je travaillais auparavant : ma perception erronée du temps.

Il serait sans nul doute temps, justement, d’aller dormir à présent. Je préfère, cependant, savourer la fraîcheur de la nuit et prendre un bain de stridulations sous la lune presque pleine.

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