Quelque part, quelqu’un

« Quelque part, quelqu’un » c’est un titre de Jean-Jacques Goldman de l’album Entre Gris clair et gris foncé (1987 — eh oui, quand même !) que je connais bien et c’est la raison pour laquelle je le mentionne. C’est, par ailleurs, le titre d’un poème de Henri Michaux découvert dimanche dans l’épisode 7 de « Narcisse accusé non coupable » la formidable série d’été de Fabrice Midal sur France Culture. Ce poème magnifique, m’a beaucoup touchée. Au point de me faire mesurer la distance entre lui et moi, petit scarabée… Il m’a fallu ensuite arriver sur cette page expliquant que ce poème avait été utilisé comme exercice dans un atelier d’écriture pour que j’ose tenter l’exercice moi-même.

Parenthèse : A propos d’atelier d’écriture, je me demande si j’aurai l’occasion d’en animer un… Car après une première expérience fin mai, j’ai dû annuler les deux dates proposées ensuite, faute de participant-es. Pour être tout à fait exacte, le premier deuxième, je l’ai « reporté »  étant incapable de formuler l’annulation. Pour celui prévu demain, je peux le dire : atelier annulé. Ça n’empêche pas ma part insécure de s’affoler et mes doutes d’exploser, provoquant une vive réaction : « ce que je propose est sans intérêt, animer un atelier ce n’est pas fait pour moi. » Alors tant pis. Je rassemble les exercices dans un cahier et je les explore moi-même, avec l’impression de jouer, en petite fille solitaire, dans la cour d’école.

Donc, ma partition sur « Quelque part, quelqu’un » (sans la musique de la chanson de Goldman…)

Quelqu’un contemple la lune
Quelqu’un jacasse dans le feuillage, une autre pie lui répond
Quelqu’un mange de la crème chocolat agrémentée de noix de coco râpée
Quelqu’un se tait
Quelqu’un crie au loin. Loin
Quelqu’un s’interroge, horloge
Quelqu’un, je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part
Quelqu’un dans son cœur un secret
Quelqu’un voudrait être quelqu’un
quelqu’un toc toc toc qui es là ?
Quelqu’un sourire franc à la vie
Quelqu’un dans un coin en pleurs silencieux
Quelqu’un caca boudin prout
Quelqu’un mal à l’âme
Quelqu’un sans avenir, sans passé, se sent vivre
Quelqu’un cinglant : qu’est-ce que tu veux que ça me fasse, rastaquouère ?
Quelqu’un disparu, parti sans laisser d’adresse
Quelqu’un en cheminement
Quelqu’un : qu’est-ce que je goûte aujourd’hui ?
Quelqu’un curieusement curieux
Quelqu’un rencontre quelqu’un : bonjour !
Quelqu’un sur un quai de gare désert
Quelqu’un sur le qui vive
Quelqu’un aléatoire
Quelqu’un : quoi, aller à Thoard ?
Quelqu’un soubresauts, émotions contenues encore, en corps
Quelqu’un qui trépigne. Caprice
Quelqu’un revenu de tout, à ce qu’il croit, jusqu’à ce que…
Quelqu’un qui chante et qui danse
Quelqu’un somnole, alcool
Quelqu’un envie d’autre chose
Quelqu’un sur la terre
Quelqu’un se prenant pour quelqu’un d’autre
Ce quelqu’un n’a plus toute sa tête à ce qu’on dit…
Quelqu’un rêve grand, grand, grand
Quelqu’un en catimini excuses pardon
Quelqu’un émerveillé par la beauté du ciel, oh, mais pas assez de lumière pour prendre une photo
Quelqu’un enfermé dans sa tête
Quelqu’un coupe de champagne tchintchin !
Quelqu’un insondable
Quelqu’un un peu bizarre mais bien gentil
Quelqu’un très en colère, le cri monte, monte, monte, se fraye un chemin jusqu’aux lèvres et explose : CONNARD !
Quelqu’un écrit sur un coin de table, sa vie, son œuvre, des mots
Quelqu’un avec des histoires sans queue ni tête
Quelqu’un appelle à la grève
Quelqu’un dire quelque chose et faire le contraire, ou inversement
Quelqu’un traquenard méfiance
Quelqu’un doit se lever tôt demain
Quelqu’un question à la con
Quelqu’un tête à l’envers et chapeau hallucinogène
Quelqu’un décalcomanie
Quelqu’un joue de la clarinette, pirouette, cacahuète
Quelqu’un s’ennuie à mourir
Quelqu’un cliquetis
Quelqu’un all you need is love, love is all you need
Quelqu’un, patiemment, attend sur le fauteuil qu’un autre quelqu’un s’assoit pour venir se coucher en boule sur ses genoux et ronronner jusqu’à s’endormir
Quelqu’un face à son reflet dans le miroir, qui suis-je ?

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