Araignée du matin, du midi, du soir ou de la nuit…

Il parait que les araignées rentrent préférentiellement à dix-neuf heures trente-cinq dans les maisons. C’est en tout cas le titre d’un article de Slate, article dans lequel on peut lire que ce sont surtout les mâles qui se promènent et que les arachnides aiment les maisons mal rangées pour leurs multiples recoins dans lesquels elles peuvent se planquer, car ce sont des animaux discrets et timides.  Ça, je l’ai appris il y a quelques années, lors d’une exposition au jardin des plantes, Au fil des araignées.

J’avais retenu jusque là qu’un lieu où il y avait des araignées était un lieu sain. De là à imaginer qu’un espace mal rangé est plus sain qu’un espace trop bien rangé… Ce qui est reconnu, je crois, enfin, je l’ai lu quelque part, c’est que le désordre est plus vivant et plus propice à la créativité. C’est ce que je comprends de la phrase d’Einstein (sans pour autant prétendre que des araignées s’installent entre les piles de livres, pas assez discret, ni tranquille un bureau « en effervescence » ) :

Einstein_Bureau

Des spécimens de différentes tailles, de différentes couleurs — de différentes espèces en fait — ont élu domicile chez moi. Plus que les années précédentes me semble-t-il. Est-ce parce que mon intérieur est plus mal rangé ? Ou parce qu’il est plus sain ? Ou encore est-ce que je les remarque davantage parce que je prête plus attention à mon environnement ? Je déplace les trop visibles, raccompagne dehors les plus grosses. Je ne pensais pas forcément aux araignées en imaginant ma maison ouverte aux animaux… Je ne pensais pas non plus aux écureuils, même si j’ai eu l’heureuse surprise d’en apercevoir un ce matin agrippé à la façade (j’ai attrapé le chat plutôt que l’appareil photo pour le laisser filer). Je ne suis pas arachnophobe, mais pas particulièrement arachnophile, non plus, je reste néanmoins fascinée par la tisseuse, et la résistance de son fil si fin.

Ce soir, l’araignée installée dans l’encadrement de la porte-fenêtre du salon est descendue au milieu de sa toile. A vrai dire, je préfère la savoir de l’autre côté de la vitre, celle-ci, la dame étant un spécimen peu ragoutant à mes yeux. Je le reconnais, il s’agit purement d’un jugement de valeur qui ne m’aurait toutefois pas empêché de la prendre en photo si elle s’était montrée plus tôt dans la journée. Je l’ai guettée, elle est restée discrète. Je l’observe maintenant en me demandant à quoi peut bien penser ou rêver une araignée… Mais la voilà qui s’agite. La voilà qui se jette sur une proie, un insecte volant (petit, je le devine à peine entre ses pattes) qui, attiré par la lumière, a fini piégé dans sa toile. Pas bête l’araignée ! Fine stratège. Elle a choisi un bon emplacement. Bientôt, elle reprend sa position immobile au cœur de sa toile. Un modèle de patience.

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