Le mot du jour : mental

La rime qui s’impose à mental c’est métal. Pour autant, je ne sais pas quel poème écrire…

J’ai ouvert le dictionnaire. Ce qui m’a interpelée d’abord, ce sont les adjectifs contraires : écrit, exprimé, parlé… qui disent bien que ce qui est mental est dans la tête.

Ce que j’ai retenu ensuite c’est que le substantif était couramment utilisé en sport : le mental a à voir avec la maîtrise, le contrôle. On est toujours dans la tête.

Je me dis que ce qu’on garde enfermé dans la tête peut finir par peser lourd : c’est concentré, c’est dense comme du métal, ce qui peut donner une tête trop dure, même si avoir un mental d’acier, comme le dit l’expression, a son efficacité dans certaines circonstances. Ça manque de mouvement, de fluidité, d’aération.

Dans le dictionnaire, n’est pas mentionné l’usage en développement personnel dans lequel on oppose mental et cœur, l’intelligence intellectuelle à celle du cœur. Je ne sais plus qui a dit que le chemin le plus long était celui entre la tête et le cœur. Il est, en effet, difficile pour le mental de lâcher prise. D’autant plus dans un environnement inconnu.

Ces derniers temps, mon mental avait pour occupation principale le mot du jour et s’en satisfaisait intellectuellement. C’était très agréable. A l’approche d’une période où je sors des rails de mon petit univers, il commence à s’affoler, veut tout régenter, tout sous contrôle tout de suite, tout en transformant un choix à faire en cas de conscience : je prends trop au sérieux une confrontation entre conviction et réalité. Il va pourtant bien falloir que j’arrête une décision assez rapidement. Est-ce que la nuit saura me porter conseil ? Je l’espère. En attendant, courte ritournelle.

Je mentalise
Une menthe à l’eau
Pour lâcher prise
C’est rigolo
Avant la crise
sous le chapeau

 

 

 

Le mot du jour : humeur

Pendant que je petit-déjeunais, plutôt dans de bonnes dispositions, mon esprit vagabond s’est demandé si humeur était de la famille d’humus

Pas du tout m’a révélé le dictionnaire : humeur vient du latin humor « liquide » qui a donné par ailleurs humide.

Eaux troubles de la mauvaise humeur, eau limpide de la bonne, ébullition de la méchante, eau pétillante de l’humeur joyeuse… à chaque humeur un état d’eau correspondant (si je puis dire, parce que « état d’eau » sonne bizarre, mais je ne trouve pas d’autre expression).

C’est parce que l’on attribuait autrefois l’ensemble des dispositions dominantes qui forment le tempérament à la composition des humeurs du corps (les substances liquides) que le mot a évolué du physiologique au psychologique explique le Dictionnaire culturel en langue française. Aujourd’hui, les liens entre psychologique et physiologique ne sont plus à démontrer, l’un produisant des effets sur l’autre et réciproquement. Jean-Jacques Crèvecœur évoque justement le « psycorps » ou le « corpsy » , comme les côtés pile et face d’une pièce de monnaie j’ai envie de dire, ou le recto-verso d’une feuille de papier, comme le signifiant (la forme) et le signifié (le sens) du signe linguistique : l’un ne va pas sans l’autre, on ne peut pas les dissocier.

Au-delà de la bonne et de la mauvaise humeur, il existe toute une palette de dispositions particulières (états d’esprit ou états d’âme). L’une d’elles a traversé la Manche pour nous revenir sous la forme d’humour. En effet, si humour est un emprunt à l’anglais, il a été lui-même emprunté au français humeur dans son acception « disposition à la gaieté » .

Quoi de mieux pour conclure qu’un trait d’humour ?

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C’est l’heure du café, comment allez vous tenir votre tasse, à l’anglaise ? en mode chic ? comme la reine d’Angleterre ou façon Jedi ? 

 

 

Le mot du jour : entêtement

Ce matin, ayant du mal à sortir du lit, je me suis dit qu’il allait me falloir trouver une solution pour réussir à me coucher plus tôt (c’est-à-dire avant minuit) et j’ai commencé à m’interroger sur ma publication quotidienne… J’ai bien senti qu’une partie de moi n’appréciait pas. Mais où va me mener cet entêtement à vouloir mettre en ligne chaque jour — chaque soir — un mot du jour, vaille que vaille ? Je me suis dit que têtue pourrait être le mot du jour.

Plus tard dans la journée, je me suis demandé : et pourquoi pas entêtée ? Question subsidiaire : quelle est la distinction entre les deux ? Pour bien saisir la nuance, il me faudrait réunir tout un tas d’exemples d’emplois, il faudrait que j’y consacre du temps, mais je n’en dispose pas.

Suis-je plutôt têtue ou entêtée ? Voire les deux à la fois ? Ce n’est pas l’heure de me torturer l’esprit jusqu’au mal de tête, d’autant que j’ai choisi entêtement comme mot du jour pour justement éviter la prise de tête.

Donc entêtement. Le Dictionnaire culturel en langue française définit deux sens :

  1. Fait de persister dans un comportement volontaire sans tenir compte des circonstances, sans reconsidérer la situation.
  2. Caractère d’une personne têtue.

Deux variantes de la valeur « obstination excessive » donnée par le Robert Historique qui en mentionne une autre, plus ancienne : « étourdissement dû aux vapeurs d’alcool » .

Si avec l’entêtement c’est dans la tête que ça se passe, je me demande quelle est l’étymologie d’obstination… Du latin obstinatio dérivé du verbe obstinare, de ob « devant » et stinare ( « forme à infixe nasal correspondant à stare » ) « être debout » .

Ah ! Si je sens bien que l’entêtement me correspond plus, j’aime bien l’image de se tenir debout, alors je me dis : et si je lâchais la bride ? Si je m’entêtais moins pour, de préférence, m’obstiner ?

Le mot du jour : pyjama

Le mot du jour est un vêtement de nuit. Je vous retranscris la définition du Robert Historique avant d’aller dormir. Ça va peut-être faire court mais je ne sais pas trop quoi écrire d’autre…

PYJAMA […] est emprunté […] à l’anglais […] [lui-même] emprunté à l’ourdou — forme islamisé de l’hindoustani et l’une des deux langues nationales du Pakistan — pāeǰāma ou pāǰāma littéralement « vêtement de jambes » , composé de deux emprunts au persan, pāy « pied, jambe » et ǰāma « vêtement » . […]
Le mot a été repris avec le sens didactique de « pantalon à la mauresque porté dans certaines régions de l’Inde » . Le sens courant de « vêtement de nuit ou d’intérieur composé d’un pantalon et d’une veste » apparaît tard dans le XIXe s. (1882), d’abord sous la forme pajama(s), plus conforme à l’étymologie et peut-être due à une influence américaine, suivie par pyjama (1895) qui l’a emporté. Le succès du mot correspond à la désuétude de la chemise de nuit masculine et à l’évolution des mœurs, le pyjama étant également porté par les femmes dans les années 1930. Le mot a aussi désigné un type de vêtement de plage ou de sport.

Le Robert, Dictionnaire Historique de la Langue Française

Je ne peux pas publie sans ajouter un commentaire.

Dans mon lexique personnel, je distingue vêtement de nuit et vêtement d’intérieur, c’est-à-dire que je ne reste pas en pyjama la journée, à moins d’être malade, et que je n’appelle pas pyjama la tenue décontractée que je porte quand je passe une journée cocooning à la maison.

Je ne sais pas avec quel mot je pourrais faire rimer pyjama, par contre il me fait penser à : couette, nuit, sommeil, rêves, petit-déjeuner, douillet.

Bonne nuit.

Le mot du jour : soupe

J’aime bien manger de la soupe le soir, surtout l’hiver, sans avoir toujours le temps d’en préparer, ayant parfois d’autres priorités, alors je me permets, de temps en temps, d’en acheter en bouteille, à condition qu’elle soit à base d’ingrédients que je n’ai pas l’habitude de cuisiner. Hier, j’ai goûté de la soupe de petits pois. Ah non, pardon, c’est écrit « velouté » sur l’étiquette. Eh oui, soupe ne fait sans doute pas assez élaboré. Comme le souligne le Dictionnaire culturel en langue française : le mot soupe « par rapport à potage ou bouillon est plus familier et connote la simplicité familiale ; il est [aussi] très usuel dans l’usage enfantin » . Qui n’a pas entendu qu’il fallait manger de la soupe pour grandir ?

Je me souviens avoir découvert le goût pour la soupe à travers ses variétés lors d’un voyage à Québec en 2001. Il y en avait au repas de midi et du soir, en entrée, mais jamais la même. Ça changeait de la classique, pour ne pas dire trop ordinaire, soupe de légumes de mon enfance. Depuis, j’entretiens le plaisir de la soupe du soir en variant les parfums, en piochant notamment dans des livres de recettes : Je ferais bien une soupe ! ou Soupes de saison.

Si le mot soupe est considéré comme moins noble que potage ou velouté, je le qualifierai néanmoins en tant que terme générique, car il me semble qu’on peut dire d’un potage, d’un velouté, d’un gaspacho, d’un bouillon, d’une bisque, etc… qu’il s’agit d’une sorte de soupe.

Le Robert Historique explique qu’avant de désigner, au XIVe siècle, « le bouillon épaissi de tranches de pain ou des aliments solides » , soupe a d’abord désigné au milieu du XIIe siècle, « une tranche de pain que l’on arrosait de bouillon ou d’un autre liquide chaud, par exemple du vin » . Si je n’ai pas goûté la soupe au vin, je l’ai par contre entendu chanter. C’est en effet un thème qui fait partie du répertoire du chant traditionnel.

J’aime bien ce que dit Alain Rey et qui va à l’encontre du sens péjoratif « sans valeur » associé à soupe, qu’on peut trouver dans des expressions du genre : « c’est de la soupe commerciale » :

« La soupe […] exclut le sec, le grillé, le cru et leurs textures : elle se fonde sur la complexité, l’imprégnation, les rapports du solide, du pâteux et du liquide ; elle peut résumer la matière culinaire et l’infinité des goûts. »

Le Dictionnaire Culturel en Langue Française

En définitive, la soupe est plus riche et subtile que ce qu’on pourrait croire de prime abord.

Le mot du jour : zizanie

« Qu’est-ce que je vais créer aujourd’hui ? » sous entendu « de beau ». C’est la question du matin pour me mettre dans de bonnes dispositions, une question emplie de curiosité et d’engouement pour le jour neuf. Ah !

Sauf que ce matin, une petite voix m’a insidieusement soufflé : « zizanie » .

Nom féminin emprunté (vers 1290) au bas latin ecclésiastique zizania « ivraie » et, au figuré « jalousie » , lui-même du grec zizanion « ivraie enivrante qui ressemble au blé » ; le mot probablement du sumérien zizân « blé » , a pénétré en Grèce par l’usage d’Orientaux, juifs et chrétiens.

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

Voilà pour l’histoire.

Alors aujourd’hui, je sème la zizanie, comme des graines d’orties au milieu des marguerites. Je mets

Un peu de poivre dans la confiture
De dissonance dans la mélodie
D’agitation dans la quiétude
De caféine dans la tisane
Un grain de sable dans les rouages
De la moutarde dans un chou à la crème
Du poil à gratter dans un col de chemise
Un caillou dans une chaussure
Des cactus au milieu des fraisiers

 

 

Le mot du jour : élan

Non, pas le cousin du renne, mais le dérivé régressif du verbe s’élancer : « le mouvement par lequel on s’élance » , l’impulsion qui nous anime de l’intérieur et qui va nous mettre en route pour peu que nous ayons assez de moyens.

Bon, là, tout de suite, en fin de journée et en pleine digestion, mon élan n’est plus de celui de ce matin, il est ralenti…

Isabelle Padovani aborde le thème de l’élan et des moyens dans une de ses vidéos, mais je ne sais plus laquelle et les deux termes associés à son nom dans un moteur de recherche ne suffisent pas pour la retrouver. Par contre, je suis arrivée sur un article dans lequel elle précise les définitions :

L’élan, c’est l’élan de contribution « en tant que moteur premier de l’être humain, lorsqu’il est connecté à la Vie qui le traverse » ;

Les moyens : ce qui permet de mettre en œuvre cet élan.

Pour l’heure, j’en resterai à l’élan de vie nourri d’enthousiasme qui se trouve parfois freiner, sinon contrecarrer par des voix saboteuses — intérieures ou extérieures — du genre : « ça ne se fait pas » ; « c’est impossible » ; « tu n’y arriveras pas » ; « à quoi bon ? » …

Je sens bien que mon billet n’a plus rien de l’élan de ce matin. Il s’est émoussé au fil de la journée. Maintenant, il est bien tard, je suis fatiguée, qui plus est, demain je me lève de bonne heure. Je ferais donc mieux d’aller dormir, avec ou sans élan.

Le mot du jour : rêne

Je ne sais jamais comment écrire « la lanière fixée au harnais d’une bête de selle pour la diriger » : avec deux n ou avec un accent circonflexe ? Je mélange la bride et l’animal. Je me demande quel moyen mnémotechnique je pourrais trouver pour m’en rappeler…

Tu n’as qu’à employer bride à la place…

Non. si j’ai envie d’employer rêne, je ne vais pas dire bride. Il y a une nuance de sens entre les synonymes. Il n’est pas l’heure de réfléchir plus longuement sur le sujet. Juste un point de différence pour donner envie d’approfondir la question : on dit lâcher la bride mais lâcher les rênes.

Bref,

Lâcher les rênes
Danser comme une reine
Au pays des rennes

 

Le mot du jour : cri

C’est un son puissant qui jaillit du fond des entrailles, l’expression d’une émotion, un signal. Il y a toutes sortes de cris : cri d’effroi, de douleur, cri de guerre, cri de rage, cri de peur ou d’étonnement, cri de désespoir, cri de joie, de triomphe et puis le cri de Tarzan.

Il y a Le Cri d’Edvard Munch

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Il y a le cri d’Antigone.

Il y a aussi le cri qui tue.

Et le cri qui fait rire, dans une pub d’Alain Chabat

Il y a le tout premier cri, celui de la vie.

Et puis, il y a celui qui a ma préférence : le cri du cœur.

 

Le mot du jour : se demander

Ce matin, alors que je n’étais même pas encore levée, je me suis demandé si j’allais continuer de publier chaque jour un mot du jour…

Se demander est un verbe pronominal qui signifie « se poser une question à soi-même » — je me demande… — dans un emploi réfléchi précise le Dictionnaire culturel en langue française. Ah, oui, parce qu’il existe d’autres types d’emplois : le réciproque dans le sens de « se faire réciproquement une question » — ils se demandèrent mutuellement leur nom — et le passif « être l’objet d’une question » — cela ne se demande pas facilement —. A noter qu’au passif se demander signifie par ailleurs « être l’objet d’une prière » — un tel service ne se demande qu’à un ami —. Voilà pour les précisions sémantiques. Je me demande si elles étaient nécessaires en préambule du petit exercice de réflexion que je vais mener maintenant…

Je me demande combien de temps je vais poursuivre ce jeu d’une publication quotidienne…

Je me demande si je suis capable de m’organiser assez bien pour mettre en ligne le mot du jour en début de soirée au plus tard…

Je me demande pourquoi je viens de répondre au téléphone… Et surtout je me demande pourquoi j’ai accepté un poste demain après-midi… Enfin, ce que je me demande c’est pourquoi il y a quelqu’un à remplacer demain après-midi…

Je me demande où est passée la lune (je l’ai vue haute bien avant le coucher du soleil hier, pas aujourd’hui)…

Je me demande si je rentre la voiture dans le garage ce soir…

Je me demande ce que je vais préparer à manger demain…

Je me demande si j’aurais eu l’appel téléphonique si j’étais allée faire les courses en fin d’après-midi…

Je me demande à combien de je me demande j’arrête…

Je me demande quand je vais écrire le mot du jour demain…

Je me demande quel sera le mot du jour de demain…

Je me demande si je le pioche dans la liste des mots qui me plaisent que j’ai commencée tout à l’heure pour les jours en manque d’inspiration…

Je me demande si je ne devrais pas me mettre à la cuisine…

Je me demande quand je vais faire le ménage…

Je me demande lequel des deux matous a perdu un poil de moustache sur la table du salon…

Je me demande quelle heure il est…

Je me demande pourquoi les chats ne veulent plus manger que de la pâtée à la dinde…

Je me demande s’ils ne seraient pas un peu difficiles…

Je me demande si ça vient de moi…

Je me demande s’il y a un film qui pourrait m’intéresser ce soir à la télé…

Je me demande si je tourne la page pour continuer de me poser des questions à moi-même…

Je me demande quelle sera ma dernière interrogation du jour…

Je me demande pourquoi pas celle-ci…

PS : Euh, je me demande si je rajoute la vidéo de la chanson qui m’est venue après avoir cliqué sur publication…