Le mot du jour : brouillard

Ce matin, il y avait du brouillard quand je me suis levée. Je me suis dit : « tiens, si je pars un peu plus tôt, je pourrai faire des photos en route. » Mais je n’ai pas su le faire… Et puis j’ai raté la route départementale 33b en fin de parcours. Pas à cause du brouillard, non, à cause de la représentation de l’itinéraire que j’avais dans la tête : je m’attendais à devoir tourner à un rond-point… Bref, après un coup de fil, j’ai fini par arriver à bon port, un peu en retard, mais pas trop.

161201_Brouillard
Une photo de 2016 pour illustrer donc, (1e décembre)

Brouillard rime avec buvard. Avec milliard aussi et la rime sonne d’ailleurs plus riche (sans vouloir faire de jeu de mot), pourtant, je préfère buvard. Le brouillard absorbe.

Brouillard est dérivé du verbe brouiller qui vient du gallo-roman brodiculare, issu du germanique bro qui a donné brouet « bouillon, potage » . Tiens, si on ajoute un r au bouillon, on obtient un autre mot de la famille de brouiller auquel je n’avais pas pensé : brouillon. Je me demande si le brouillon boit le bouillon des pensées…

Mais revenons-en au « phénomène atmosphérique naturel produit par des gouttes d’eau extrêmement petites qui flottent dans l’air près du sol et provoquent une diffusion intense de la lumière » comme le définit Le Robert culturel en langue française. Je cite encore un paragraphe :

Propice au mystère, le brouillard est symboliquement lié aux secrets que la plupart des religions élaborent. Les civilisations et les visions du monde des brumes s’opposent à celles du soleil, de la clarté. Mais les brouillards sont mouvants, se déchirent, s’estompent : au lieu d’une obscurité tenace, comme celle des nuits sans lune, ils créent des paysages imaginaires et deviennent un spectacle naturel, à l’instar du nuage […] spectacle naturel dont les écrivains s’emparent.

Alain Rey
Le Robert Culturel de la langue française

L’article cite ensuite Georges Sand. Là, je vois un tableau de Turner.

Si l’on peut se perdre dans un brouillard épais, toutes sortes de choses ou d’êtres — merveilleux ou non — peuvent aussi en émerger. Il suffit d’imaginer… Il était une fois…

Oh, raconte-moi un conte. Et pourquoi pas un poème ?

Quand il est dans ma tête
J’erre, je me sens perdue
Mais si j’ôte mes lunettes
Le brouillard, c’est la vue
Pour la myope que je suis
Je le préfère dehors
Couvrant le matin gris
Cocon moelleux, confort.

En suspension dans l’air
Les gouttes d’eau par milliards
Apportent du mystère
Absorbent le regard
Réveillent l’imaginaire
Silencieux, mais bavard :
Tiens, une toile de Turner ?
Non, du papier buvard.

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