Le mot du jour : Lune

Deux raisons de choisir lune comme mot du jour : d’abord et surtout parce qu’elle est toute ronde dans le ciel ce soir (c’est demain la pleine lune), mais aussi parce que nous sommes lundi (le jour de la lune donc).

« Aussi loin que porte la mémoire de l’homme, sur l’ensemble de la planète Terre, la Lune a été présente, à la fois proche et inaccessible, longtemps divinisée, comme un personnage de sentinelle nocturne à l’influence mystérieuse et sensible sur notre monde. L’unique satellite naturel de la Terre, en effet, éclaire dans le ciel de nuit, d’une lumière pâle, la Terre plongée dans l’obscurité, et semble animé d’une vie propre : les phases qui régissent sa forme apparente et son cycle contribuent à le rendre plus proche d’un être vivant que les autres astres, à l’exception du Soleil. De cette personnification sont nés toutes sortes de symboles et de croyances, qui accompagnent l’image lunaire et dont beaucoup ont subsisté. Dans la langue poétique, la lune garde une force évocatrice peu commune, alors même qu’elle a perdu son mystère. »

Mathieu Meyrignac et Alain Rey avec Christine Ehm
Dictionnaire culturel en langue française

Bon, qu’ajouter à cette belle introduction de l’article Lune du Dictionnaire culturel en langue française ? Quelques informations étymologiques extraites du Robert Historique :

Lune, n. f., est issu (1080) du latin luna qui appartient à un important groupe de mots issus de la racine indoeuropéenne °leuk « être lumineux, éclairer » […]. Luna provient d’un °leuk-s-na, féminin substantivé d’un ancien adjectif […] signifiant proprement « la lumineuse. »

Le Dictionnaire historique de la langue française

La lumineuse, mystérieuse lune qui me laisse rêveuse, surtout les expressions forgées sur le mot :

Demander, promettre la lune
Décrocher la lune
Être dans la lune
Avoir l’air de tomber de la lune (je connaissais mieux tomber des nues)
Pêcheur de lune… pour désigner le rêveur ou le poète.

Ah ! Alors oui, là, difficile de garder les pieds sur terre, et même les doigts sur le clavier. Pourtant je n’en ai pas fini.

En lisant, toujours dans le Dictionnaire culturel en langue française,

C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i
A.  de Musset, Premières Poésies, « Ballade à la lune »

je me suis revue chantant en chœur par une belle nuit d’été chez une amie. C’était bien ces mots, mais sur quel air ? Celui-là, oui. Mais avec un rythme moins berceuse, même qu’on avait chanté en canon. Je découvre que ce que je croyais être une comptine est un poème de Musset, avec de nombreux couplets — à lire sur Gallica — et qu’il en existe plusieurs versions chantées : une ici et celle de Brassens là. Alors là, c’est un peu comme si je tombais de la lune.

190218_Lune2

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