Le mot du jour : soupe

J’aime bien manger de la soupe le soir, surtout l’hiver, sans avoir toujours le temps d’en préparer, ayant parfois d’autres priorités, alors je me permets, de temps en temps, d’en acheter en bouteille, à condition qu’elle soit à base d’ingrédients que je n’ai pas l’habitude de cuisiner. Hier, j’ai goûté de la soupe de petits pois. Ah non, pardon, c’est écrit « velouté » sur l’étiquette. Eh oui, soupe ne fait sans doute pas assez élaboré. Comme le souligne le Dictionnaire culturel en langue française : le mot soupe « par rapport à potage ou bouillon est plus familier et connote la simplicité familiale ; il est [aussi] très usuel dans l’usage enfantin » . Qui n’a pas entendu qu’il fallait manger de la soupe pour grandir ?

Je me souviens avoir découvert le goût pour la soupe à travers ses variétés lors d’un voyage à Québec en 2001. Il y en avait au repas de midi et du soir, en entrée, mais jamais la même. Ça changeait de la classique, pour ne pas dire trop ordinaire, soupe de légumes de mon enfance. Depuis, j’entretiens le plaisir de la soupe du soir en variant les parfums, en piochant notamment dans des livres de recettes : Je ferais bien une soupe ! ou Soupes de saison.

Si le mot soupe est considéré comme moins noble que potage ou velouté, je le qualifierai néanmoins en tant que terme générique, car il me semble qu’on peut dire d’un potage, d’un velouté, d’un gaspacho, d’un bouillon, d’une bisque, etc… qu’il s’agit d’une sorte de soupe.

Le Robert Historique explique qu’avant de désigner, au XIVe siècle, « le bouillon épaissi de tranches de pain ou des aliments solides » , soupe a d’abord désigné au milieu du XIIe siècle, « une tranche de pain que l’on arrosait de bouillon ou d’un autre liquide chaud, par exemple du vin » . Si je n’ai pas goûté la soupe au vin, je l’ai par contre entendu chanter. C’est en effet un thème qui fait partie du répertoire du chant traditionnel.

J’aime bien ce que dit Alain Rey et qui va à l’encontre du sens péjoratif « sans valeur » associé à soupe, qu’on peut trouver dans des expressions du genre : « c’est de la soupe commerciale » :

« La soupe […] exclut le sec, le grillé, le cru et leurs textures : elle se fonde sur la complexité, l’imprégnation, les rapports du solide, du pâteux et du liquide ; elle peut résumer la matière culinaire et l’infinité des goûts. »

Le Dictionnaire Culturel en Langue Française

En définitive, la soupe est plus riche et subtile que ce qu’on pourrait croire de prime abord.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s