Le mot du jour : écrire

Ce matin, je me suis dit que je choisirais bien écrire comme mot du jour et puis j’ai regardé la liste des cinquante-quatre mots que j’ai déjà chroniqués : le dixième était écriture. Ah…

J’ai cherché un autre mot, avec plus ou moins de conviction. L’envie d’écrire à propos d’écrire étant toujours bien là, j’ai finalement décidé d’en rester à ce verbe issu du latin scribere  « tracer des caractères » , « composer (une œuvre) » , qui s’apparente à des termes indoeuropéens signifiant « gratter, inciser » , ce qui rappelle l’origine matérielle de la plupart des écritures, gravées sur pierre ou incisées comme l’explique le Robert Historique.

Donc tracer des caractères, à condition que l’écriture soit manuscrite : j’écris à la main, mais je tape sur le clavier avec les doigts des deux mains…

Je me souviens d’une remarque de Marie Darrieussecq à ce propos, je crois que c’est dans sa masterclasse sur France Culture : elle se demandait quel effet pouvait produire sur l’écriture le fait de taper des dix doigts sur le clavier, sachant qu’on active ainsi les deux hémisphères du cerveau.

Je me souviens par ailleurs d’un article dans Courrier International au sujet de l’importance de l’écriture manuscrite pour développer certaines capacités du cerveau.

Personnellement, j’ai besoin d’écrire à la main, de tracer des caractères sur le papier, faire glisser la plume sur la page, parce que je préfère le stylo plume au stylo bille. C’est comme un fil que je déroule. Ou quelque chose comme ça. Oui, ça me permet de dérouler ma pensée, de lui donner forme à travers les mots que je trace. Je n’ai pas du tout la même sensation quand je tape sur le clavier. J’ai besoin du geste et de gribouiller quand ça ne vient pas.

Composer une œuvre… Pas moins. J’écris « ma vie mon œuvre » , c’est ma manière de la matérialiser. J’écris pour laisser une trace, fut-elle virtuelle pour l’heure, semée dans la grande toile. Pour partager, pas forcément pour la postérité.
J’encre le papier pour m’ancrer.

Si dans le mot écrire, il y a cri, il y a aussi rire. J’écris pour raconter ma vie, explorer mes facettes, me mettre en scène et en rire. « Quand on accepte de se moquer de soi-même, tout devient possible » a dit Lambert Wilson dans un entretien à Télérama. J’aime cette capacité d’autodérision qui rend possible la dédramatisation, avec tendresse, la vie étant trop courte pour se prendre au sérieux.

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