Le mot du jour : imaginaire

Dans imaginaire, il y a image et magie ; main aussi. Et le mot rime avec lumière. Par ces mots peut être résumé le spectacle que j’ai vu hier soir à La Maison de la Danse.

Car hier soir, je suis allée voir Magie d’ombres… et autres tours, un spectacle de Philippe Beau, mêlant magie, cinéma et ombromanie, l’art de créer des ombres avec les mains, plus connu sous le nom « ombres chinoises » . Ce fut un enchantement poétique. J’y ai retrouvé mon âme d’enfant. C’est fascinant comme il suffit de peu pour créer l’illusion et ouvrir les portes de l’imaginaire, comme un simple jeu d’ombres avec les mains fait naître des images et raconte des histoires, porté par de la musique cinématographique.

Philippe Beau / Magie d’ombres et autres tours mardi 3 décembre 2013 – 20:00 from LUX Scène nationale on Vimeo.

Donc, imaginaire. J’ai regardé la définition qu’en donnait le Dictionnaire culturel en langue française. Le mot est emprunté au latin imaginarius « simulé » , « ce qui n’existe qu’en imagination » , dérivé de imago qui a donné image. En tant que nom masculin, imaginaire est « Ensemble des produits de l’imagination, domaine de l’imagination » et s’oppose à réel. Ça n’en demeure pas moins un élément primordial : que serait une vie dénuée d’imaginaire ?

A la fin du spectacle, il y avait une rencontre en bord de scène avec Philippe Beau. Il a expliqué qu’encore aujourd’hui, les gens étaient fascinés par les images, sans forcément en avoir conscience et même s’il n’y a plus  la magie du début du cinéma.  On passe un temps infini face à des écrans, les moyens techniques — images en 3D ou réalité augmentée — nous permettent d’expérimenter toujours plus loin. Oui, la fascination est toujours là. Mais la magie ? Où est la magie, quel est la place pour l’imaginaire quand on baigne dans un environnement d’images qui cherchent à faire plus vraies que vraies ?

Pour moi, un film en 3D, c’est bien plus un film avec la musique jouée par un orchestre en direct, qu’un film à regarder avec des lunettes spéciales. Pour moi, la magie agit dans la simplicité avec peu de moyens : il suffit d’un projecteur, d’un écran et des mains qui dansent et créent des figures d’ombre. D’après moi, l’imaginaire est bien mieux nourri par cette simplicité et cette économie de moyens comme il peut l’être, par ailleurs, par le langage, c’est-à-dire une histoire qu’on raconte avec des mots (ah la puissance des feuilletons radiophoniques !) que par les moyens techniques modernes produisant des images plus que réelles. La suggestion est plus forte.

Finalement, j’en viens à me dire que, de nos jours, on manque sérieusement, sinon cruellement, d’imaginaire.

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