Le mot du jour : exercice

Chaque dimanche d’atelier chant à Lyon, je m’imprègne de mélodies, de voix d’accompagnement, d’anecdotes, de connaissances au sujet de l’univers trad. C’est passionnant et à chaque retour, je suis convaincue que je vais cultiver tout ça, sauf que, passée la porte de la maison, je suis absorbée par un autre univers, le mien, dans lequel mon goût pour… comment dire ?.. l’étude ne trouve plus sa place. Mon cerveau se focalise sur d’autres choses, je suis accaparée par d’autres activités et je constate assez tristement que l’activité chant se ferme en même temps que le cahier du répertoire…

Pourtant, pour progresser, pour avancer, pour aller plus loin, il serait nécessaire que je m’entraîne. Ne serait-ce qu’avec quelques exercices de voix quotidiens. Sans mettre la barre trop haut, sans évoquer la rebutante discipline. Simplement quelques minutes à exercer ma voix. Oui, mais voilà, l’étymologie n’est pas très réjouissante.

Exercice est issu du latin exercitium « exercice » , qui vient du verbe exercere qui a donné exercer, formé sur ex et arcere « écarter » , au sens propre « chasser » d’où « ne pas laisser en repos » , et par extension (attention ça se corse encore) « mettre à l’épreuve, à la torture » , d’où « travailler » et « pratiquer (une activité) » .

Rien que « ne pas laisser en repos » me procure une vive réaction. C’est aussi rédhibitoire que la discipline pour moi.

Je me demande d’où me vient ce besoin essentiel de repos… Peut-être que je devrais le choisir comme mot du jour, un jour prochain.

Des différentes acceptions d’exercice du dictionnaire, une seule trouve grâce à mes yeux, c’est l’exercice de style. Il y a, en outre, une seule activité que je suis capable de répéter quotidiennement, c’est écrire, parce que je ne l’envisage pas en tant que discipline.

Dans le Dictionnaire Culturel en langue française, il y a cette citation de Gide qui me parle beaucoup :

Faut faire des exercices, des exercices, et patati et patata. Mais est-ce que j’en ai fait, moi des exercices ? Laissez-moi donc tranquille ! On apprend à jouer en jouant.

Gide, Si le grain ne meurt

Derrière jouer, j’entends s’amuser, même s’il s’agit de jouer d’un instrument de musique. Et donc, pareillement, apprendre à chanter en chantant. En collectif. Parce que ce qu’il y a de plus rébarbatif dans les exercices, dans le fond, c’est de les faire seul.e dans son coin. Finalement, je me demande quel poids de devoirs scolaires je leur associe…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s