Le mot du jour : chocolat

En avril ne te découvre pas d’un fil… Certes. Mais à deux jours du mois de mai où l’on fait ce qui nous plaît, on pourrait espérer des éclaircies, un temps plus doux, ne plus entendre le chauffage se mettre en route… En ce vingt-neuf avril deux mille dix-neuf, il fait un temps à boire un chocolat. Un bon chocolat chaud : cacao, miel et lait de riz et de coco. Un savoureux goûter réconfort.

Voici un bout d’histoire du mot chocolat extraite de l’article du Dictionnaire culturel en langue française.

Le chocolat, mot de la langue nahuatl (aztèque), de même que cacao, fut introduit en Europe par les Espagnols qui avaient découvert au Mexique l’usage du cacao, au XVIe siècle.

Les habitants du Mexique absorbaient la poudre de cacao mélangée à de la farine de maïs, du rocou [fruit du rocouyer] et du piment, et ils le considéraient comme un don des dieux.

[…]

L’origine du mot nahuatl, ou aztèque, tchocoatl, est très controversée ; le mot maya chokal « chaud » , traditionnellement évoqué, ne semble pas convenir. L’hypothèse la plus souvent évoquée, est celle de Rabelo, qui posait choco pour « cacao » (cacahuatl, qui a de nombreux dérivés, parmi lesquels cacahuete « cacao de terre » [tlalli] » , d’où cacahouète) et late « eau » , pour l’élément –atl. Si le sens de choco– est contesté, –atl manifeste clairement que le terme concerne une boisson […]. Quoi qu’il en soit, l’espagnol chocolate est resté attaché aux produits alimentaires à base de cacao, substance provenant d’un arbre sacré pour la religion aztèque, et d’abord au tchocoatl mexicain, censé provenir du  tchacahoua des Mayas. Le conquistador Cortez, accueilli par Moctezuma, put visiter la plantation royale à Maniapeltec, où les rituels de la cueillette montraient la valeur sacrée, et aussi économique, du cacao et de la boisson qu’on en tirait. Les fèves de cacao étaient aussi une monnaie d’échange.

Tristan Hordé et Alain Rey
Dictionnaire culturel en langue française

Qu’ajouter ? Rien. Juste à savourer, sans scrupules, parce que le chocolat contient quantité de bonnes substances (magnésium, phosphore, fer, etc… Pour en savoir plus sur les vertus du chocolat, consulter, par exemple, cette page).

Et puis si, je vais ajouter quelque chose finalement, une légende chocolatée que je viens de trouver, pour accompagner le moment de dégustation. La légende de la princesse aztèque :

Une princesse gardant le trésor de son époux parti à la guerre, fut attaquée par des voleurs. Refusant de leur dévoiler l’endroit où était caché le trésor, les voleurs la tuèrent. Son sang se répandit sur le sol d’où poussa une plante.

La légende raconte que cette plante donna des fruits non comestibles, mais qui cachent, comme la princesse l’avait fait, un trésor dans ses graines, amères comme les souffrances de l’amour, fortes comme la vertu et rosées comme le sang de la princesse.

Cette plante, c’était le cacaoyer, offerte par le Dieu Quetzalcóatl aux aztèques en hommage à la fidélité de la princesse pour son époux.

La princesse aztèque
par Anne-Laure Jouvenal

Le mot du jour : sans

Une préposition comme mot du jour ? Et pourquoi pas ?

Sans est attesté vers 980, écrit alors sen et sens avec un s adverbial […]. Le mot est issu du latin sine, lui-même d’origine indoeupéenne, explique, de manière plus détaillée que ce je cite, mon Robert Historique.

De la liste d’activités possibles pour ce week-end si je n’étais pas appelée pour un poste (je suis d’astreinte), je n’ai pas effectué une majorité de choses. C’est le problème avec les listes : je les surcharge, passant de simples envies à des incitations pernicieuses. Certes, je peux dire que j’ai fait le principal, il n’empêche que je nourris quelques scrupules à passer la journée de dimanche sans rien faire. Comme si une partie de moi me refusait de prendre une journée de repos véritable : le temps libre c’est le moment rêvé pour faire ce qu’on n’a pas encore fait, non ? Non, pas toujours. Même avec sans cesse quelque chose qui tourne dans ma tête.

Il y avait certainement de belles choses à voir au salon bien-être de Saint Victor…
Il y a un tas de bazar qui traîne sur la table du salon, et pas que sur la table d’ailleurs…
Il y a un ourlet de pantalon, une préparation de colis, et quelques autres choses en attente…
Il y a les piles de magazines et de livres pas encore lus…

Oui, mais aujourd’hui, je suis sans énergie. Sans élan. Sans goût. Sans moyens. Sans envies. Attention, il ne s’agit pas d’une journée sans « tout court » , c’est-à-dire avec la préposition employée comme adverbe. Je sens seulement que j’ai besoin de me poser, plutôt que de m’activer, de me tourner à l’intérieur plutôt que d’aller voir à l’extérieur. J’ai besoin de m’accorder du temps pour moi. Alors j’adopte la formule de Marshall Rosenberg citée par Isabelle Padovani : ce temps, je le prends puisqu’il est à moi. Et je conclurai par une phrase d’elle-même, une citation illustrée d’une photo de François Trinel :

IsabellePadovani_MarcherVersSoi

C’est ce chemin-là que je me suis autorisée à suivre aujourd’hui.

Le mot du jour : cœur

Ce matin, en choisissant une betterave, crue, ni trop petite, ni trop grosse, en vue d’une salade composée, j’ai remarqué qu’elle avait la forme d’un cœur. « L’organe central de l’appareil circulatoire » je veux dire, pas « la forme traditionnelle assez arbitraire évoquant culturellement le cœur humain par deux quarts de cercles accolés terminés en pointe vers le bas » . Mon esprit vagabond a pensé à l’expression « jolie comme un cœur » , ce qui m’a rappelé une interrogation de ma marraine au sujet de l’origine de cette expression : parce que ça n’a rien de beau un cœur. La seule indication que j’ai trouvée c’est dans mon Robert Historique : cette locution comparative est attestée fin XVIIIe siècle.

Quoi qu’il en soit, le cœur représente bien plus qu’un terme d’anatomie.

Voilà ce qu’en dit Alain Rey dans le premier paragraphe de l’article de près de quatre pages qu’il lui consacre dans le Dictionnaire culturel en langue française :

Comment un terme d’anatomie en vient-il à désigner, dans de nombreuses civilisations, le principe de la sensibilité affective, le siège des passions ou de la volonté ? Les différents usages du terme français et de ses équivalents posent la question de savoir si le progrès des connaissances biologiques et médicales a modifié l’emploi métaphorique de ce « cœur » , ou si une intuition non scientifique continue à gouverner notre conception du lieu où serait concentrée la personnalité de l’être humain. Le cœur n’est-il vraiment qu’un muscle (point de vue anatomique) ? Sûrement pas, dans la mesure où ses battements, perceptibles en divers points du corps, sont un signe essentiel : celui de la vie (point de vue physiologique, fonctionnel). […]

Alain Rey, Penser le cœur
Dictionnaire culturel en langue française

Le cœur avec son e dans l’o.

quor (vers 1050), quer (1080), cuer et coer en ancien français, puis cœur, est issu du latin cor, cordis (…) « organe central de la circulation sanguine » et, par un symbolisme culturel ailleurs assumé par le foie, « siège des émotions, des passions, de la pensée, de l’intelligence, de la mémoire et de la volonté » . Le mot se rattache, comme le grec Kardia, à une racine indoeuropéenne °k’erd– représentée dans l’ensemble des langues congénères : allemand Herz, anglais heart, russe sierdse, gallois craidd, védique h°rdáh.

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

Le sens de « siège des sensations et émotions » a été attesté (vers 1050) un peu avant celui de « organe central de l’appareil circulatoire » (1080), précise le Dictionnaire culturel en langue française.

Ça fait beaucoup de citations tout ça et ce n’est pas terminé, parce que je ne résiste pas à recopier cette phrase de Voltaire, citée par le même dictionnaire, à propos de par cœur :

[…] on retient par cœur malgré soi et voilà pourquoi nous disons retenir par cœur, car ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire.

Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Art dramatique

L’idée de retenir malgré soi me plaît beaucoup. C’est tout le contraire de l’image du par cœur que je me représente, celle d’un travail laborieux de répétition pour que ça rentre dans la tête, qui me ferme le cœur et bloque tout apprentissage de ma part : impossible d’être touchée tellement je suis tendue et même raide.

La mémoire est affaire de sensations, de corps donc et pas de tête (de mental) : je retiens mieux par imprégnation que par acte volontaire, c’est-à-dire que je saurai mieux et pour plus longtemps une chanson apprise en atelier dans une ambiance studieuse mais non moins détendue, qu’une chanson que je m’astreindrais à travailler seule chez moi, comme un devoir. D’ailleurs, je n’arrive pas à m’astreindre. C’est le comme un devoir qui gâche. Il faut de la joie pour retenir par cœur. Normal, en énergétique chinoise, joie et cœur sont associés, dans l’élément feu.

Le mot du jour : girafe

GIRAFE
Nom féminin est un emprunt (1298) à l’italien giraffa (2e moitié XIIIe siècle), lui-même emprunté à l’arabe zarafa qui était passé à l’ancien français sous les formes giras (milieu XIIIe siècle) et orafle (fin XIIIe).

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

J’avais entendu que la girafe était l’animal terrestre qui avait le cœur le plus gros. Marshall Rosenberg l’a choisie comme personnage pour représenter le processus de Communication Non Violente (CNV). Là où le chacal — qui représente notre mode de fonctionnement habituel acquis depuis l’enfance — juge, évalue et rue dans les brancards, la girafe observe, écoute et exprime des sentiments et des besoins sans en rendre l’autre responsable. Il s’agit d’une langue à part à propos de laquelle Marshall Rosenberg a dit : « La langue girafe n’est pas une langue, elle n’est pas affaire de mots ; c’est une attitude qui nous permet de rejoindre un flot d’énergie à partir duquel il est possible de donner du plus profond de son cœur. »

Isabelle Padovani explique dans un Memento de la Communication NonViolente® accessible gratuitement sur son site que « pratiquer la CNV, c’est retrouver l’endroit en moi où j’ai le pouvoir de me rendre la vie belle. »

Non violence ne veut pas dire passivité, ni mollesse. La première vidéo que j’ai due voir au sujet de la CNV c’est celle-ci :

C’est le titre, Communication NonViolente : la girafe a des couilles !, qui m’avait interpellée. Après, j’en ai regardé beaucoup d’autres. J’ai aussi eu l’occasion d’assister à la rencontre Au Cœur du Vivant à Lyon, en 2017, qui a commencé par ce coming out d’Isabelle : Je ne suis pas une girafe !

Dans la conférence que j’ai écoutée ce soir, Muscler ses oreilles girafe, Isabelle Padovani évoque aussi le cou de l’animal pour dire qu’il ne lui sert pas à prendre de la hauteur, mais bien plus à plonger, en profondeur, à l’intérieur de soi. C’est ce qui me parle dans la CNV : plonger en soi et aller à la rencontre de ses multiples aspects intérieurs (ce qu’elle appelle les MAI). Toutes ces parts qui nous composent et que nous avons tendance, la plupart du temps, à négliger. C’est en apprenant à les accueillir qu’on gagne en sérénité. Il faudrait que j’interroge celle qui rechigne à s’entraîner, à faire des exercices quotidiens…

Le mot du jour : soleil

J'veuxDuSoleilJe suis sortie sous la pluie de la salle de cinéma avec l’envie de danser, après avoir vu le film de Gilles Perret et François Ruffin au sujet de femmes et d’hommes lumineux qui portent des gilets jaunes : J’veux du soleil ! Vivifiant.

Je me suis dit que j’avais bien fait d’attendre ce soir pour le mot du jour, parce que même s’il pleut à verse, j’ai du soleil dans le cœur.

SOLEIL
issu du latin populaire soliculus, dérivé du latin classique, sol, solis « astre solaire » et « lumière du soleil » , au figuré « grand homme » . Le mot est d’origine indo-européenne.
IA1 Astre qui donne lumière et chaleur à la Terre, et rythme la vie à sa surface.

Dictionnaire culturel en langue française

Je me souviens du disque orange du soleil levant un matin, en passant sur le pont qui mène à la sortie du péage de Villefontaine. J’avais résisté à l’envie de m’arrêter prendre une photo. Il était tôt, ça devait être en week-end, il n’y avait pas de circulation. Mais ma raison l’avait emporté.

J’ai la chanson d’Au P’Tit Bonheur qui me trotte dans la tête.

J’suis resté qu’un enfant qu’aurait grandi trop vite…

Ce soir, en sortant du cinéma, j’avais envie de sauter dans les flaques. Joie simple, enfantine.

Le bonheur tient à peu de choses
Il suffirait
D’envoyer balader le monde en superplastique
Changer de tempo
Retrouver le goût esthétique
Revenir à l’essentiel
Ce qui enchante le cœur
On a cinq milliards d’années pour en profiter
Ce serait dommage de passer à côté
Ce serait dommage de tout foutre en l’air
Vraiment dommage

Le mot du jour : chat

Je me demande comment c’est possible que je n’aie pas encore choisi chat comme mot du jour…

J’avais l’intention de passer une après-midi tranquille sur le divan après mon poste de ce matin. Je m’étais préparé un thé, j’avais sorti des chocolats de Pâques. J’ai eu à peine le temps de me poser, d’entamer la lecture de l’entretien de l’historien et théologien Daniel Marguerat dans Télérama avant d’emmener Avril à la clinique vétérinaire, à cause d’un vilain abcès percé, mais non guéri et qui le fait encore souffrir. J’ai pris la mesure de la douleur quand je l’ai vu sauter de mes genoux au moment où Beline l’a effleuré. J’ai apprécié d’obtenir un rendez-vous quasiment tout de suite. Le voilà sous anti-inflammatoire pour trois jours minimum (au-delà de cinq ce serait délicat pour ses reins) et sous antibiotique pour dix jours (des comprimés qu’il avale comme des croquettes). Ah les matous ! Faut toujours qu’ils se battent. Même à quatorze ans. Je me demande qui l’a mordu…

Ils sont nombreux les chats dans le quartier, certainement plus que les chiens, et bien plus discrets aussi : ce n’est pas un chat qui va causer de la nuisance sonore. Cocteau a dit que s’il préférait les chats aux chiens c’est parce qu’il n’y avait pas de chats policiers. Je préfère aussi les chats, pour leur indépendance, même si j’ai des scrupules à laisser mes trois lascars plus de vingt-quatre heures, bien qu’une âme charitable vienne, dans ce cas-là, les nourrir.

Le mot chat est

issu du latin cattus, mot probablement d’origine africaine (le berbère et le nubien ont des termes proches), à l’origine des noms romans du chat (espagnol et italien gatto), mais aussi celtiques, germaniques (allemand Katz) et slaves (russe kat). Cattus a éliminé le latin classique feles → félin.

Dictionnaire culturel en langue française

Avril, s’est assoupi sur une chaise. Je pourrais le regarder dormir jusqu’à m’assoupir à mon tour. C’est reposant un chat qui dort.

Le chat l’heureux…

Finir par une histoire de chats, ou plutôt, une ronde…

Le doux chat Peau
Le gros chat Grain
Le chat Mot
Le gai chat Pitre

Le chat Luthier
Le chat Lent et le chat Laid
Le chat Moi
Le chat Si et le chat Cela
Le chat Teigne
Le chat Rançon
Le chat Foin
Le chat Cale

Et chat chat chat

Le mot du jour : ballon

Ce matin, en voiture, j’ai écouté une partie de l’émission La Fabrique de l’Histoire. Le thème du jour : « footballerines, des femmes face à l’hégémonie masculine » . C’est joli « footballerine » .

Après avoir fait mention, hier, du vocabulaire des sports de ballon, je me suis dit que c’était l’occasion de choisir un mot en lien avec ce domaine. Et pourquoi pas ballon ? Pas le référent bondissant, simplement le ballon qui se transforme en balle dès qu’il est en mouvement sur le terrain. Donc, ballon

est emprunté à l’italien septentrional balone ou ballone, correspondant à l’italien pallone « grosse balle » et dérivé avec le suffixe augmentatif –one de balla, palla (→ balle). Au moyen-âge, la balle à jouer se disait pelote ou esteuf (surtout pour celle du jeu de paume), termes vieillis depuis le XVIe siècle, supplantés par ballon et balle.

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

Un intervenant de La Fabrique de l’Histoire a qualifié le football de sport athlétique, ce qui le rendait incompatible avec une pratique féminine de ce côté-ci de l’Atlantique dans une conception patriarcale genrée (c’est moi qui rajoute patriarcale). Or, toute représentation que l’on se fait d’un sport est relative si l’on pense aux Etats-Unis où le football (appelé soccer, à partir de football association) est une pratique féminine, le roi des sports de ballon, le sport national, celui qui est réservé aux mâles, étant, là-bas, le football américain.

Dans ma conception personnelle, ce qui fait la particularité des sports de ballon, et ce qui a suscité, pendant une partie de ma vie, mon intérêt pour ce type de sports, notamment pour deux d’entre eux, c’est la dimension ludique associée au ballon : on joue au ballon, c’est même sa définition usuelle « grosse balle pour jouer » . Certes, cette dimension ludique n’est que sous-jacente, voire inexistante, dans la pratique sportive, au sens compétitif du terme.

Je suis restée très enfant.

Le mot du jour : pâquerette

M’interrogeant sur le lien entre Pâques et les petites fleurs dans la pelouse, j’ai ouvert mon Robert historique.

De Pâques est dérivé PÂQUERETTE n. f. (1553, paquerettes), désignant une fleur voisine de la marguerite, en référence à l’époque où fleurit cette fleur. La locution familière aller aux pâquerettes s’est d’abord employée dans l’argot des footballeurs et à propos du gardien de but qui ramasse la balle au fond du filet (1932). […]

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

Cette locution familière m’a rappelé une certaine demi-finale de la Coupe du monde 98, France-Croatie, et l’exclamation d’Eugène Saccomano sur Europe 1 lors du but de Thuram : « Et pâquerettes pour Monsieur Ladic » . Je n’ai plus les enregistrements, les transcriptions sont toujours dans un carton à la cave. Des pages et des pages de transcription de commentaires de retransmissions télévisuelles et radiophoniques de matchs de football et de rugby en vue d’étudier le vocabulaire spécialisé des sports de ballon. Un travail que je n’ai pas su mener à son terme, mais Léonard de Vinci ne finissait pas non plus alors… Ce n’est pas que je me compare à ce grand génie, c’est seulement qu’il y a quelque chose de jubilatoire à entendre dans une annonce sur France Culture à propos d’un documentaire sur Léonard de Vinci que ne pas terminer est une liberté. D’autant que, jusque là, j’avais l’impression, qu’on était acculé à terminer ce qu’on commençait, j’avais la croyance du devoir finir qui met la pression. Cette phrase chopée au vol, l’autre jour, m’a allégée.

Je crois que je me suis beaucoup éloignée des pâquerettes… J’y reviens en photo. Une pâquerette aux pétales blanches comme l’agneau.

Version 2

Et puis ce sera tout pour aujourd’hui, parce qu’à vrai dire, ce n’est pas facile d’écrire avec des picotements dans le bout des doigts. Piquée par des orties. Pour une bonne cause : une soupe.

Le mot du jour : orange

Aujourd’hui, j’ai porté une paire de chaussettes orange. Envie de couleur pétante. J’ai aussi eu envie de mettre un bracelet de la même couleur, alors qu’habituellement, je mets plutôt un collier. Oui, mais  voilà, ce matin, je n’arrivais pas à l’accrocher, ni à l’aveugle, ni face au miroir. J’ai renoncé avant d’être en retard. Je suis partie le cou libre.

Au péage, la collègue avec laquelle j’ai travaillé cet après-midi m’a proposé de me donner des fleurs orange à planter. Oh, oh ! Je crois que c’est la couleur du jour. Couleur vitaminée. Couleur d’agrume. Car l’adjectif invariable qui a pour définition (extraite du Dictionnaire culturelle en langue française) : « D’une couleur semblable à celle de l’orange, c’est-à-dire formée par la combinaison du jaune et du rouge » — c’est-à-dire qu’il s’agit de la couleur complémentaire du bleu — est dérivé, bien entendu, du nom du fruit de l’oranger.

J’ai retrouvé encore la couleur dans un encart sur la double-page de cette semaine (seize) de mon agenda de la nature au jardin : « A voir : une touche d’orange » titre d’un paragraphe au sujet du papillon aurore, blanc avec le bout des ailes orangé comme un ciel à l’aube, pour ce qui est du mâle, qui émerge en ce moment de sa chrysalide.

Je me demande tout ce que cet orange signifie…

Oh ! Range !

Oh, rends-je ?

Or ange

Or en je…

La joie intérieure me dit la carte d’un jeu. Chouette !

JoieIntérieure 1
Jeu de cartes thématique, Intuition

A dire vrai, je sens qu’elle s’est quelque peu émoussée au fil de la journée.

La fatigue a gagné.

Et l’heure d’aller me coucher a sonné.

 

Le mot du jour : hasard

Il y en a qui disent que le hasard n’existe pas. N’empêche, le mot existe bel et bien. Il s’agit d’un emprunt à l’arabe az-zahr (avec un circonflexe à l’envers sur les a) « dé, jeu de dé », par l’intermédiaire de l’espagnol azar. L’origine du mot arabe est controversée, explique le Dictionnaire culturel en langue française : « soit de yasara “jouer aux dés” , soit de zhar “fleur” ; cf. espagnol azahar “fleur d’oranger”, les dés ayant porté une fleur sur une face. » L’article de Julie Giovacchini sur le sentiment du hasard est très intéressant. Extraits :

« Le hasard est fou, parce qu’il est, comme les personnages de Lewis Carroll, avant tout joueur. »

« La cause essentielle du hasard réside dans une agitation, un mouvement ; seule l’immobilité d’un équilibre stable pourrait empêcher sa manifestation, en réduisant à néant toute possibilité de changement. »

Julie Giovacchini
Dictionnaire culturel en langue française, p.1563

Remarque : où trouver l’immobilité d’un équilibre stable ailleurs que dans la mort ? Le hasard va de paire avec la vie pour qui échappe au point de vue rationnel ou religieux. En effet, Julie Giovacchini, Docteur en philosophie et ingénieure de recherche au CNRS, explique dans son article que le hasard est un scandale rationnel et religieux. Scandale rationnel, car du point de vue scientifique pour lequel tout s’explique par des lois, voire se met en formules mathématiques, le hasard n’est rien d’autres que le nom donné à notre ignorance des causes. Scandale religieux, car de ce point de vue il y a le déterminisme de la volonté divine, le grand dessein. Evoquer le hasard, c’est avoir une conception sans but, indéterminée de la vie : mon histoire, je l’écris au jour le jour, elle n’est pas pré-écrite.

Par un heureux hasard, j’ai reçu avec l’histoire numéro 12 de La Grande Brocante une carte de tarot : l’étoile (avec deux i). « Une carte tirée au hasard spécialement pour [moi] » est-il écrit au dos. Mais est-ce par hasard que ce soit l’étoile ? Mon mental prêt à se lancer dans une interprétation aura tôt fait de décréter que non. Toutefois, je préfère dire que le hasard fait bien les choses. Parce que sans hasard, point de surprise, point d’inattendu, point de grain de folie. Parce que je trouve joyeuse l’indétermination et ennuyeux à mourir le déterminisme. Parce que je préfère l’univers d’Alice à l’univers rationnel.
Joyeux non-anniversaire à toutes celles et tous ceux qui ne sont pas né.es ce jour !