Le Mot du jour : cathédrale

Evénement tragique, en fin de journée hier, au cœur de Paris, Notre-Dame en flammes.

« Il est fini le temps des cathédraaaaaaaaales… »

Pardon. Ça m’a échappé…

En vrai, Notre-Dame est encore debout. « Ce qui date du moyen-âge tient toujours » a dit un intervenant à la fin de l’émission La Fabrique de l’Histoire de ce matin. Ce qui est parti en fumée c’est une grande partie du toit et la charpente, faite de vingt-et-un hectares de chênes multicentenaires et surnommée « la forêt » . Ce qui s’est effondré c’est la flèche qui culminait à quatre-vingt-treize mètres, datant de la rénovation d’Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Une flèche du genre pharaonique, symbole phallique s’il en est.

Alors, certes, comme en témoigne une sélection de photos avant/après dans un article de France Info Culture « La cathédrale Notre-Dame a été lourdement endommagée […] » . Mais « les murs, les structures de pierre et certains vitraux ont résisté. » Merci aux pompiers qui ont su maitriser le feu.

Donc, cathédrale. J’apprends dans mon Robert historique que le mot est dérivé d’un nom de siège.

Adjectif et nom féminin, emprunté (v.1180) au latin chrétien cathedralis « de la chaire de Rome » […]. Le mot est dérivé de cathedra, nom d’un siège, spécialement appliqué à un trône royal, un siège d’évêque (…), une chaire de professeur. Cathedra est un emprunt au grec Kathedra « siège, banc » qui, à date tardive, a développé les mêmes acceptions spéciales.

Par ellipse d’église, l’adjectif est substantivé en CATHEDRALE nom féminin au XVIIe siècle pour « église où se trouve le siège de l’évêque » , en particulier dans cathédrale de Paris à propos de Notre-Dame (1680).

Dictionnaire historique de la langue française
Le Robert

Après l’incendie, la reconstruction. Il peut être intéressant de débattre intellectuellement sur le comment : « Conservation et création ne sont pas opposées. Si on accepte ce postulat tout est possible. » a dit Rudy Ricciotti dans un entretien à La Grande Table Idées, à l’heure du déjeuner.

Mais, on peut aussi être interpellé par la réactivité des grandes fortunes pour annoncer des dons considérables (qui restent toutefois relatifs par rapport à leur fortune). Quatre cents millions d’euros, récoltés en moins de vingt-quatre heures, c’est énorme. Il y a des personnes comme Thierry Janssen, entre autres, pour s’en émouvoir : « Les réalisations matérielles ont donc plus de valeur que l’éducation et la survie des enfants qui bâtiront le monde de demain. » Eh oui. Et ça a à voir avec le symbole de la flèche. Une simple démonstration de puissance.

J’aime beaucoup ce message qui circule sur les réseaux sociaux :

Ollivier Pourriol

En fait, ce que m’inspire principalement l’incendie d’hier soir, c’est de lire Victor Hugo.

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