11X11

Nouvelle grille.

11X11

HORIZONTAL
1- Torride (pour la chaleur).
2- Divertissement.
3- De Naples.
4- Incapacité de travail. Leur inflammation donne mal à la tête.
5- Aliment à base de protéines de blé. Chlorure de sodium.
6- Prénom masculin. Avant midi.
7- Adresse web. Exposition outrancière.
8- Voleuse qui chante. Tout dernier.
9- Associés aux coutumes. (S’)exprimera fort.
10- Service hospitalier d’urgence. Dans. Chevalier espionne (sans sa particule).
11- Sortie du sommeil. Existes.

VERTICAL
I- Loup latin.
II- Pas pro.
III- Relative aux noces. Ultra-violets.
IV- Norme. Unité de mesure de force. Longue période.
V- Prénom féminin.
VI- Unité der recherche mixte et internationale. Il revient au galop.
VII- Balles à remettre. Comme un singe.
VIII- Son grand tube : « Mon cœur, mon amour » . 4G.
IX- Chemins à suivre pour rejoindre une destination.
X- Qualifie un match dont le score est à égalité. Maintenance assistée informatiquement.
XI- Attrapées. Ouverte. Comme un ver.

Mots décroisés

En gras, les mots de la grille du 13 juillet dernier.

HORIZONTAL

Au volant de ton CAMPING CAR, sifflotant l’Hymne à l’AMOUR, te voilà parti pour l’aventure des vacances. Traverser ARLES te REND rêveur. Tu te souviens de la fille d’UZÈS sur une toile TISSÉE : ses yeux brillants, son franc sourire, sa magnifique chevelure d’OR… Et soudain, tu crois la reconnaître sur une pancarte publicitaire pour une solution AQUEUSE. Mais non. Bien sûr que non, ce n’est pas elle. Tu souris de ta méprise.

Arrive à tes narines comme un parfum d’ALGUE. Tu as hâte de rejoindre la Méditerranée ! Coup d’œil à l’horloge du tableau de bord : tu seras arrivé à quinze heures. Tu te demandes quel MOT désigne cette heure dans la Rome antique… NONE ! Tu le tiens de ta petite fille qui t’avait soumis cette énigme : « neuvième heure romaine et rien en anglais » .

Tu respires à pleins poumons. Tu te sens REPOSÉ, c’est l’ÉTÉ ! Plus de Monsieur le proviseur. tu redeviens MESSIRE Mézigue pour ta tendre petite fille.

VERTICAL

Sur l’autoroute des vacances, tractant la CARAVANE que tu partages avec des amis, tu te sens l’ÂME légère. Tu te demandes si le camping car qui affiche 46 — le LOT — dans son petit carré bleu de plaque d’immatriculation et que tu suis depuis une bonne demi-heure descend lui aussi au festival de musiques folk… Tu refais la liste de la MONTAGNE de choses que tu transportes. Tu espères n’avoir rien oublié : les copains comptent sur toi.

Réciter dans ta tête produit un effet soporifique. Tu sens le besoin de faire une halte et tu décides de t’arrêter boire un café à la prochaine aire de services annoncée à deux mille mètres. Fin de la PUDIQUE aventure amorcée avec le camping car. Tu fixes une dernière fois sa plaque d’immatriculation et remarques que les deux lettres qui entourent les chiffres se répètent : IR. Facile de s’en souvenir ! Par contre les chiffres… Tu t’es à peine engagée sur la voie d’accès de l’aire de services que tu les as déjà oubliés.

Tu t’offres un expresso à la boutique plutôt qu’à la machine. Tu envoies un texto à Camille pour lui indiquer ta position. A deux tables de toi, un vieux monsieur écrit laborieusement. Il a le front plissé et des gouttes perlent entre ses rides, alors que la température de la salle climatisée n’excède pas vingt-deux degrés : il SUE d’effort. Soudain, il relève la tête, te fixe de ses yeux perçants et te demande dans un souffle : « Un instrument de musique finissant par USE ? » La réponse jaillit de ta bouche : « cornemuse ! » Il hoche la tête, puis l’air satisfait, replonge dans ses mots croisés.

Te revient un air fameux sur un bourdon de . Tu souris aux anges.

Du brouhaha te ramène à ta place. A la caisse, une vieille dame hésite entre plusieurs eaux GAZEUSES. On commence à s’impatienter derrière elle. Tu dégustes ta dernière gorgée de café avant de t’éclipser.

Tu retournes à ta voiture, en prenant le temps d’observer les espaces verts CRÉÉS et aménagés par la société d’autoroute. Deux jeunes gens sont en train de pique-niquer à proximité tout en débattant fiévreusement. L’un d’eux t’interpelle :

« — Madame, s’il vous plait, sans réfléchir, à quoi pensez-vous si je vous dis PS ? »

« — Euh… Une lettre. Post-scriptum. »

Et le jeune homme de s’adresser à son comparse avec une mine de vainqueur :

« — Tu vois bien que le Parti Socialiste ne représente plus rien aujourd’hui. »

Et l’autre de réagir :

« — Attends, tu exagères. Ta démonstration n’en est pas une. Un sigle peut avoir plusieurs significations, et on va l’identifier suivant le contexte. Si je te parle de PC dans une discours politique de gauche, tu va plus vraisemblablement penser au Parti Communiste qu’à ton ordinateur. Autre exemple, ALS, dans la boite ça veut dire avec le sourire alors que pour la plupart des gens il s’agit d’une aide au logement. »

« — Justement, comme tu le dis si bien pour la plupart des gens. Pour qui PS renvoie à Parti Socialiste de nos jours ? Pas grand monde… Le PS est mort, je te dis. »

Tu laisses les deux orateurs à leur discussion enflammée et reprends la route.

Tu allumes la radio et là, ÉMOI en entendant la voix de Piaf, l’Hymne à l’amour, ah ! Tu repenses à ton séjour à l’Ile de et tu te demandes si on y croise encore beaucoup de socialistes… Puis tu te demandes si tu te serais posée cette question sans le débat des deux jeunes gens.

Un utilitaire te double. Il a trois lettres peintes en noir sur la carrosserie : OSR. Tu n’as pas le temps d’identifier de quelle entreprise il s’agit mais tu t’amuses à imaginer des significations :

Organisation Sans Réseau
Objet Sur Route
Orientation Sans Risque
Oscar Sur Répondeur
Opération Service Rendu
Orange Sanguine Rusée…

Une petite musique t’informe de la réception d’un texto alors que tu atteins ta sortie d’autoroute. Tu te gares sur le parking attenant au péage et ouvres ton téléphone. Fred t’as envoyé la photo d’un verre de cocktail avec en commentaire : première boisson SIROTÉE en t’attendant. Tu réponds : On Se Retient de boire avant que je sois là ! Mais commandez m’en un, j’arrive !

Tu regardes l’horloge du tableau de bord : tu seras à destination à midi.

Par un samedi d’été de repos

Ce matin, je me suis demandé si je passais au magasin de chaussures de La Tour du Pin ou à celui de Bourgoin (en haut de la rue piétonne) pour me trouver une paire de chaussures fermées parce qu’on n’a pas droit aux nus-pieds au boulot et que mes deux paires de ballerines, l’une noire, l’autre rouge, commencent à être bien usées. J’ai aussi une paire de ballerines noires et neuves, mais avec leur bout verni, je ne me vois pas les mettre pour aller travailler.

En partant en tout début d’après-midi, j’aurais pu faire les deux magasins avant l’heure de la séance de cinéma, seulement, je savais que je ne saurais pas partir d’assez bonne heure. J’ai préféré m’aider des chaises pour choisir dans lequel des deux me rendre. J’ai posé la question à voix haute en fixant Bourgoin sur la chaise côté sud et La Tour sur la chaise côté nord et j’ai laissé mes pas me guider vers le pôle le plus attractif. Chaise au sud. Sûr ? Oui. Ok, je me rendrai directement Au Soulier D’or. Et là, je me dis que rien que le nom de la boutique me fait rêver en fait. Beaucoup plus que Nany chaussures.

Je prévoyais donc de partir à deux heures et quart. Seulement, au moment où je mettais à cuire, pour quarante minutes, ce qui devait constituer mon repas — fenouil, tomates et pommes de terre —, j’ai réalisé que ça allait faire juste : il était déjà treize heures treize. Comme je n’avais pas très faim, après mon petit-déjeuner de dix heures, je me suis contentée de crudités, de fromage et d’un choco en guise de dessert. Je suis finalement partie à deux heures et demie passées en me disant que j’aviserais une fois à Bourgoin : si je n’avais pas le temps de passer au magasin de chaussures avant le cinéma, j’irai après.

Je me suis garée, à l’ombre, à trois heures moins cinq, j’ai entré l’immatriculation de ma voiture dans le parcmètre pour bénéficier de la demi-heure gratuite et j’ai remonté la rue. Il n’y avait personne dans la boutique. En à peine un quart d’heure j’avais trouvé mon bonheur : une paire de ballerines grises et blanches à fleurs. J’ai regagné ma voiture avec entrain et suis arrivée en avance au cinéma. Il n’y avait pas grand monde pour les séances de milieu d’après-midi. Pas de queue à la caisse. J’ai pris mon billet numéroté G9  et ai attendu que soit donné l’accès aux salles. Quand la dame de ménage a annoncé que la salle 9 était disponible, j’y suis entrée. Constatant qu’il y avait du popcorn sur les sièges de la rangée G, je me suis installée en F. Deux jeunes femmes sont entrées à leur tour. Elles se sont assises sur la même rangée que moi, puis ont décidé, à l’entracte, de se déplacer en G — côté sans popcorn, j’imagine.

wildroseposterEt donc nous étions trois pour regarder Wild Rose, un très chouette film sur une chanteuse de country de Glasgow. C’est puissant la musique chantée avec les tripes. C’est émouvant la musique chantée avec le cœur. Nous avons été au moins deux à sortir un mouchoir. J’ai presque eu envie d’aller acheter la Bande Originale du film en sortant du cinéma. Et puis non, je suis rentrée. J’irai un autre jour, avec mes ballerines fleuries, m’offrir l’album de la chanteuses aux santiags blanches.

Mots croisés

Dans un journal d’été ou pas d’ailleurs, il y a une page mots croisés. Comme c’est le week-end, je m’y suis essayée. Je me demande si ce n’est pas plus facile de créer une grille de mots croisés que de trouver les solutions d’une grille existante…

GrilleMotsCroisés

HORIZONTAL
1- Voiture pour camper.
2- De vacances ou inconditionnel. On y célèbre les rencontres de la photo.
3- Donne un prêté. Commune du Gard.
4- Tramée. Métal précieux.
5- À l’eau.
6- Herbe marine. En un comme en cent.
7- Neuvième heure. Après la sieste.
8- Saison. Dénomination honorifique.

VERTICAL
I- Maison de vacances sur roues.
II- Anime une vie voire plusieurs. Cahors en est la préfecture.
III- Belle pour Ferrat.
IV- Réservé.
V- Infinitif du deuxième groupe. Transpire.
VI- Utilise. Note.
VII- Boissons à bulles.
VIII- Inventés. En fin de lettre.
IX- Aide au logement. Émotion vive.
X- Île. Syndicat représentatif.
XI- Dégustée.

 

Thèse, antithèse, synthèse et la lune

Mercredi, je faisais l’éloge du repos au mois de juillet pour la plus grande joie de ma part bienheureuse « profitons du présent, il n’y a que ça de vrai » . Jeudi, je me faisais rattraper par le caractère ronchon et plein de scrupules de mon mental et je me lamentais sur mon manque d’énergie. Alors, après coup, je me suis dit que ça faisait thèse, antithèse et qu’il ne me restait plus qu’à faire la synthèse. Ah ! Je trouvais l’idée lumineuse et contentais plusieurs de mes parts : ma part bienheureuse enthousiasmée, comme toujours, par une nouvelle idée ; ma part intello satisfaite de l’exercice ; ma part en quête d’équilibre et de justesse, dans de bonnes dispositions aussi.

Sauf qu’à l’heure de m’y mettre, après mes huit heures de poste, je n’en ai plus la motivation. Eh oui, ce n’est pas de tout repos de tenir un journal, et là, je manque d’énergie si j’ose dire… En tous cas, je n’ai plus l’élan. J’aspire au repos. Bref, je ne me vois pas épiloguer sur les contradictions entre mes deux dernières chroniques. Je préfère observer la lune briller de plus en plus dans la nuit tombant.

Donc, restons simple. En résumé, vive le repos, mais… Mais il y a quelque chose qui résiste au repos total en moi. Je dirais que c’est mon mental qui résiste à l’abandon, incapable qu’il est de chanter : « Non, rien de rien, non, je ne fais rien » . C’est son côté fourmi…

Arrivée là, je suis embêtée parce que le titre « Thèse, antithèse, synthèse » que j’avais, pour une fois, avant d’avoir écrit quoi que ce soit, tombe à l’eau. Ce n’est pas grave, un peu dommage parce que je l’aimais bien, et puis il faut maintenant que j’en trouve un autre. A quoi ça sert de le préciser puisque cette chronique sera publiée avec un titre, trouvé donc (sans y avoir passé la nuit…) ? Ça sert à mêler les temporalités. J’aime bien. Mais après je n’ai pas à m’étonner de ne pas savoir être à l’heure : c’est parce que je n’ai pas une conception linéaire du temps.

Mots codés pour cerveau emberlificoté

Que faire pour ne pas sombrer quand le réseau ronronne et qu’on se sent sans énergie ? Comment maintenir un semblant d’activité cérébrale sur son lieu de travail aux heures creuses ? En remplissant des grilles de « mots codés flash » d’un magazine télé (supplément du journal régional dominical) laissé en cuisine. C’est le seul type de grilles que je me sens capable de remplir.

Les mots croisés, c’est trop compliqué, je n’essaie même pas : trop tordues les définitions. La tête fraîche je trouve péniblement deux ou trois mots, alors avec le cerveau qui a la consistance d’un fromage blanc, non, ça ne va pas le faire. Cela dit, je suis fascinée par la persévérance de Tatiraine qui arrive à bout de toutes les grilles, ou presque, qui lui tombent sous la main. Inspirée après l’avoir vu faire, je tente de relever, parfois, le défi, mais je dois avouer que j’abandonne assez rapidement. Ou alors, je m’aide des solutions parues dans le numéro suivant, mais ce n’est pas vraiment le jeu.

Bref, cet après-midi, je passe directement aux mots codés flash, sans définitions, juste un mot dans une grille aux cases chiffrées. Chaque chiffre correspondant à une lettre, il suffit de reporter les lettres et de reconstituer les mots. Voilà, ça c’est de mon niveau !

Mais bon, je me demande d’où me vient mon manque d’énergie alors que je ne suis pas franchement active et que je ne l’ai pas été non plus ces derniers jours… Et puis je n’aime pas être comme ça, je suis énervée par cet état, je ne supporte rien, surtout pas les chiens du voisinage qui aboient. C’est désagréable et somme toute, assez paradoxal de se sentir à la fois ramollie et énervée. C’est très différent de la colère moteur. Je sais bien que ce serait moins désagréable si j’acceptais mon état, mais je n’en ai pas envie. Je sais bien que c’est l’été, le temps de se poser, se reposer, et se recharger du coup. Je me demande ce qui résiste, malgré tout, malgré moi…
Je crois que j’ai envie de profiter des longues journées et de la fraîcheur du soir et que je me dis qu’il sera bien temps de dormir cet hiver.

Prendre le temps de prendre son temps

Juillet mois des vacances, c’est le temps de se poser et de se reposer. D’ailleurs, il y a toujours quelque chose pour me rappeler Alexandre le bienheureux. Un billet de Fabrice Midal (je ne sais plus lequel…) ; le message en substance d’amies qui auraient des choses à faire, mais c’est l’été ; la chronique de Yannick Haenel dans le numéro de Charlie Hebdo de cette semaine (n°1407) dans laquelle il écrit que « vivre au lit est une manière de se couper des emplois du temps homologués » — j’aime beaucoup l’idée de se couper des emplois du temps homologués — et aussi que « ce n’est pas tellement que rien ne vaille la peine de se lever ; mais dans la position couchée, les choses vous apparaissent enfin sans masque. » D’où l’intérêt du divan du psychanalyste, me dis-je.

J’ai essayé de poursuivre la lecture de Charlie dans cette position, mais ça m’a surtout donné envie de somnoler. J’ai retrouvé la position assise pour terminer le journal. Ce soir, j’expérimente l’écriture allongée (moi, pas l’écriture) et ma première impression c’est que ce n’est pas très confortable, parce que je ne suis pas dans la position de l’image que j’ai en tête, c’est-à-dire celle de quelqu’un qui écrirait assis dans son lit, bien calé dans des oreillers moelleux. Non, ce n’est pas du tout la position qui est la mienne : je suis allongée, pour de bon, sur le ventre, tête posée sur la main droite, ou, relevée pour mieux voir ce que j’écris et ne pas m’assoupir (mais attention au mal de dos). Plusieurs facteurs en cause à cet assoupissement, j’imagine : la position couchée sur le lit, la digestion en cours, la projection dans mon emploi du temps des quatre prochains jours (je récupère avant l’heure), le moulinage du mental. J’allais ajouter « à vide » , mais ce n’est pas qu’il mouline à vide, c’est qu’il n’arrive rien à accrocher, comme si aucun sujet de préoccupation n’avait de consistance, comme un rêve qui échappe quand on essaie de le raconter.

C’est le moment de laisser aller. Ou de laisser venir. En tous cas, il semble que ce ne soit pas le moment de s’activer. Raison pour laquelle, peu-être, je ne suis pas allée à Grenoble aujourd’hui comme je l’avais prévu. L’excursion en ville ne m’enchantait nullement ce matin. Je n’ai pas insisté, je me suis écoutée. Je suis seulement sortie faire des courses en fin d’après-midi. En fait, je n’ai pas très envie de sortir. Lire à la maison me suffit très bien. Voilà, c’est ça. La saison estivale est propice à la lecture.

Démunie

Ce matin, je me suis réveillée au sortir d’un rêve qui m’a laissé la sensation d’être démunie. Pas très agréable comme sensation, mais, cela dit, moins désagréable que le sentiment d’impuissance. Démunie, ça veut dire, pour moi, que je ne me sens pas à la hauteur, que je manque de confiance en moi, mais qu’il suffirait que je lâche prise, que je me laisse porter par le mouvement de la vie.

Je me demande ce qu’en dit le dictionnaire… Alors j’ouvre le tome I de mon Robert Historique, puis le tome II :

Participe passé du verbe démunir, antonyme préfixé de munir issu du latin munire, terme technique du bâtiment signifiant « faire un travail de maçonnerie, bâtir, fortifier » d’où, au figuré, « fortifier, protéger » . Le verbe latin est dérivé de moene, pluriel moenia, « murailles, enceinte, fortification » .

Si démunir est sorti d’usage, démuni reste usuel au sens de « dépourvu » , comme peut l’être la cigale, la bise venue…

Donc, démuni, mot de six lettres, trois consonnes, trois voyelles, trois syllabes avec lesquelles il est loisible de jouer.

Dé à coudre
Mu par la curiosité
Ni vu ni connu

Munie d’un dé à coudre, pour donner à boire à un petit oiseau…

Certes, pourquoi pas, mais encore ?

Munie d’un dé, je joue à un jeu de l’oie un peu particulier, depuis des années (une génération ou pas loin). Alea jacta est, le sort en est jeté : cinq, deux, trois, etc. je progresse d’une case à l’autre, me traçant un destin au fil des lancers, autant de fois que je le souhaite, autant de fois que je suis inspirée.

Il y a d’ailleurs bien longtemps que je n’ai pas écrit de nouvel épisode… Je me demande quand je vais m’y remettre… Je me demande où cette histoire va finir par m’emmener… Je me demande si elle aura une fin…

Poème de week-end

Se coucher
Pour une fois
Enfin
De bonne heure
Avec l’idée
De se laisser
Bercer
Par les sons de la nuit
Le vent dans les branches
Le chant des grillons
La circulation
Sur le ruban autoroutier
Au loin
Le ronronnement du chat
Sur les battements du cœur

Déchanter
Sentir l’accablement gagner
En entendant
Le bruit de boite de nuit
Echappé d’une maison voisine

Se relever
Se mettre à la fenêtre
Chercher la source
Identifier la zone
Pester contre le malotru
Puis
Tenter de
Faire abstraction
Se centrer sur son sommeil

Préméditer de partir
Plus tôt
Fenêtres grandes ouvertes
Musique à fond
Pour réveiller
Dans quelques heures
La maisonnée qui
En ce moment
Empêche de dormir
Et désolée pour les autres voisins

Attendre
Impatiemment
L’heure du réveil

S’endormir
Pour deux heures
Ou moins
Avec
La satisfaction
De tenir sa
Vengeance

Affranchissement

Ce matin, j’ai enfin terminé la préparation d’un envoi pour la Belgique. Plus que d’un courrier, il s’agit d’une lettre-objet dont le contenant — choix de l’enveloppe, habillage (né cette nuit) — a nécessité un soin particulier puisqu’il compte autant que le contenu.

190706_Enveloppe2
Mots en croix sur l’enveloppe

J’ai donc pu me rendre, enfin, à la poste pour la touche finale : l’affranchissement.

J’ai précisé à l’agente, venue à ma rencontre pour s’enquérir de mon besoin — « un affranchissement pour la Belgique » — et me diriger vers la machine, « un joli timbre » . elle m’a proposé un lot en libre-service que j’ai poliment refusé : j’avais besoin d’un seul timbre. Ce n’est pas tous les jours que j’envoie un courrier au plat pays. Peut-être que j’en aurai à nouveau l’occasion, sans doute même, mais je ne sais pas quand.

L’agente m’a donc délivré un timbre contre un euro trente, soit presque dix francs pour une lettre à destination de la Belgique ! Un euro trente, en pièces parce que je n’envisageais pas de sortir ma carte bleue que je ne considère pas comme un porte-monnaie électronique (d’ailleurs j’ai fait enlever la fonction sans contact lors du dernier renouvellement). J’ai eu l’impression que cet achat, tellement banal il y a seulement quelques années, avait quelque chose d’incongru aujourd’hui.

190706_Enveloppe1J’ai humecté le précieux timbre pour le coller sur l’enveloppe. Une fois. Deux fois… Mais constatant qu’il ne tenait pas bien fixé et que l’agente était déjà occupée avec une autre personne, j’ai préféré ramener l’enveloppe à la maison pour mettre un point de colle. La lettre partira lundi et puis voilà !

N’empêche, un euro trente pour un timbre qui ne colle pas, ce n’est pas très sérieux. La qualité se perd… « La Poste ce n’est plus ce que c’était » avais-je rétorqué à une agente de la Poste en période de fêtes de fin d’année, alors qu’elle me proposait une assurance pour l’envoi d’un colis afin d’être remboursée en cas de perte. Elle n’avait pas apprécié. Mais moi, je n’apprécie pas qu’on joue sur la peur pour inciter les gens à payer un prix plus élevé au nom d’un risque que j’imagine, somme toute, relatif, parce que c’est quand même sa fonction première à la Poste d’acheminer lettres et colis.

Je me rappelle d’un morceau de carton envoyé en guise de carte postale à mon frère par des amis en vacances et d’un bout de bois affranchi arrivé à destination. Je me demande si ce serait encore possible aujourd’hui… Quoi qu’il en soit, on gagnerait en légèreté et en liberté en s’affranchissant des normes et des peurs.