Prendre le temps de prendre son temps

Juillet mois des vacances, c’est le temps de se poser et de se reposer. D’ailleurs, il y a toujours quelque chose pour me rappeler Alexandre le bienheureux. Un billet de Fabrice Midal (je ne sais plus lequel…) ; le message en substance d’amies qui auraient des choses à faire, mais c’est l’été ; la chronique de Yannick Haenel dans le numéro de Charlie Hebdo de cette semaine (n°1407) dans laquelle il écrit que « vivre au lit est une manière de se couper des emplois du temps homologués » — j’aime beaucoup l’idée de se couper des emplois du temps homologués — et aussi que « ce n’est pas tellement que rien ne vaille la peine de se lever ; mais dans la position couchée, les choses vous apparaissent enfin sans masque. » D’où l’intérêt du divan du psychanalyste, me dis-je.

J’ai essayé de poursuivre la lecture de Charlie dans cette position, mais ça m’a surtout donné envie de somnoler. J’ai retrouvé la position assise pour terminer le journal. Ce soir, j’expérimente l’écriture allongée (moi, pas l’écriture) et ma première impression c’est que ce n’est pas très confortable, parce que je ne suis pas dans la position de l’image que j’ai en tête, c’est-à-dire celle de quelqu’un qui écrirait assis dans son lit, bien calé dans des oreillers moelleux. Non, ce n’est pas du tout la position qui est la mienne : je suis allongée, pour de bon, sur le ventre, tête posée sur la main droite, ou, relevée pour mieux voir ce que j’écris et ne pas m’assoupir (mais attention au mal de dos). Plusieurs facteurs en cause à cet assoupissement, j’imagine : la position couchée sur le lit, la digestion en cours, la projection dans mon emploi du temps des quatre prochains jours (je récupère avant l’heure), le moulinage du mental. J’allais ajouter « à vide » , mais ce n’est pas qu’il mouline à vide, c’est qu’il n’arrive rien à accrocher, comme si aucun sujet de préoccupation n’avait de consistance, comme un rêve qui échappe quand on essaie de le raconter.

C’est le moment de laisser aller. Ou de laisser venir. En tous cas, il semble que ce ne soit pas le moment de s’activer. Raison pour laquelle, peu-être, je ne suis pas allée à Grenoble aujourd’hui comme je l’avais prévu. L’excursion en ville ne m’enchantait nullement ce matin. Je n’ai pas insisté, je me suis écoutée. Je suis seulement sortie faire des courses en fin d’après-midi. En fait, je n’ai pas très envie de sortir. Lire à la maison me suffit très bien. Voilà, c’est ça. La saison estivale est propice à la lecture.

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