Par un soir de pleine lune bleue

Il portait un pull sombre informe sur un pantalon de velours aux poches emplies de coquillages. Il traversa la petite station balnéaire, sous une lune bleue. Ses pas le guidèrent jusqu’au rocher du pêcheur. Là, il déclama quelques vers de son invention, en accord avec l’humeur de l’instant :

Une fleur sur le cœur comme un coquillage sur la plage…

Si tu trouves ce bouquet beau
C’est que tu n’es pas sot
Si tu te trouves sur ce paquebot
C’est que tu n’es pas un robot

Il délivrait ses paysages oniriques à la mer de sa voix de velours.

Non loin de là, on s’échauffait. On n’arriverait jamais à mettre en marche ce fichu robot sensé être le clou du spectacle. Personne ne prêta attention à l’étoile filante qui traversa le ciel. On s’affairait bruyamment dans le repère des barbares. On cherchait la panne à la racine. « Là ! » s’écria quelqu’un. Ça scintillait comme une étoile. tous les regards convergèrent sur le cœur du circuit électrique.

Le souhait de l’homme solitaire et rêveur sur le rocher du pêcheur était de partager ce qui émanait de lui, mais il lui manquait quelque chose pour créer le lien avec autrui. Il avait consulté une ermite dans une cabane dans les bois qui l’avait emmené se mirer dans l’eau du puits.

Alors les aboiements avaient cessé. C’était son souhait le plus cher : ne plus entendre aboyer d’ici à l’horizon. Les masques arrachés, les visages à nu, chacun observant les autres à souhait.

 

Jeux littéraires — Atelier d’écriture Luna Circus — Editions Zulma

Peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste

Sur le trottoir, à quelques pas d’un bâtiment  — la cure actuelle — où passa quelques jours Stendhal enfant, une plume.

Blanche.

J’ai plus l’habitude de tomber sur des grises, voire, parfois, des noires. Je me baisse pour la ramasser tout en constatant qu’elle est quelque peu défraichie… Du coup, j’hésite dans ma tête, mais la couleur l’emporte sur l’état, je saisis la plume et la fais tourner entre mes doigts. Arrivée sur le petit parking où est garée ma voiture, je décide finalement de la laisser là : non, parce que, je ne vais pas rapporter toutes les plumes que je croise sur mon chemin ! Je n’ai pas l’intention d’en faire collection. Je ne suis pas obligée de conserver tous les clins d’œil de la vie. J’accueille ceux que je perçois, mon visage s’illumine d’un sourire, je remercie, et puis voilà !

Et puis voilà que je me retrouve bloquée sur la route du retour par une cérémonie de commémoration. Il y en a pour une demi-heure me dit le gendarme qui m’informe de la situation. J’ai deux options : patienter ou passer par Saint Franc dont je connais l’existence uniquement pour avoir vu le nom marqué sur des panneaux de signalisation. Je manœuvre pour faire demi-tour et puis j’hésite. Un autre gendarme s’approche, je lui demande des indications sur la route de Saint Franc, il me dit de brancher le GPS, comme la dame dans une voiture noire à proximité qui est en train de programmer le sien. Comme si j’en avais un… Par contre j’ai une carte de Rhône-Alpes dans la boite à gants, au cas où je m’égare, le trajet pour Entre-Deux-Guiers étant encore frais pour moi, même si je n’ai plus besoin de consulter l’itinéraire en chemin. Le temps de sortir et déplier la carte routière, la voiture noire est partie. Je lâche la carte et tente de la suivre. Mais elle a disparu et me voilà bientôt à deux pas des drapeaux et d’une Marseillaise. J’ai presque envie de rester garée là et d’aller voir la cérémonie de plus près. Et puis non, je me ravise. Demi-tour, je suis le panneau de Saint Franc et entame la montée de la départementale 39.

Le paysage est magnifique quand on prend de la hauteur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo. Je l’emmènerai la prochaine fois que je viens. Dans quinze jours, à moins que je décide de revenir exprès. Je monte, je monte et oh ! Je n’en crois pas mes yeux, sur un petit panneau qui me fait penser à celui d’un lieu-dit, mon nom ! Non ! Si ! J’en suis toute retournée. Je continue ma route, arrive à un croisement : Saint Béron sur la gauche, Saint Franc à droite, je continue de monter la départementale 39, mais bientôt un doute m’assaille : jusqu’où je vais monter comme ça ?

Croisement suivant, un panneau indique Attignat-Oncin. Ce nom ne m’est pas inconnu, je continue par là. La route redescend, mais pas dans la direction qui devrait être la mienne me semble-t-il. La vue est toujours magnifique et j’entends les cloches des vaches dans les prés. Je m’arrête un instant pour consulter ma carte routière afin de situer exactement Attignat-Oncin. C’est à côté du lac d’Aiguebelette, pas vraiment en direction de chez moi. Certes, je connais le lac d’Aiguebelette, mais ça va me faire un sacré détour… Nouveau croisement, plutôt que de poursuivre vers le lac, je reviens sur les Echelles où m’attend une plume blanche. Mais un panneau annonçant Saint Franc me fait bifurquer une nouvelle fois à droite, non sans provoquer des coups de klaxons. J’ai pourtant mis le clignotant ! Quoi ? Pas assez tôt ?

Je monte à nouveau, j’ai récupéré la départementale 39. C’est parti pour un deuxième tour, mais cette fois je suis décidée à monter jusqu’au village de Saint Franc, et puis non, je sors de la boucle, je tourne à gauche pour descendre sur Saint Béron. Je me demande depuis combien de temps je tourne… Je croise plusieurs voitures, et même beaucoup, sur la route étroite. Il faut serrer sur les bords, je n’aime pas ça. Attention les fossés. Je ne me sens pas tranquille du tout, mais je suis sur la bonne voie : je rejoins la route de Lyon. Enfin !

Ça fait la queue en direction des Echelles et ça s’anime en direction de Pont de Beauvoisin. Les gendarmes libèrent la circulation, la cérémonie doit être terminée. J’aurais suivi la route de Saint Béron au premier passage, je ne me serais pas retrouvée bloquée derrière trois véhicules au stop en bas de la côte…  J’ai faim et soif, j’ai hâte de rentrer, mais il y a Jacques Jouet à la radio qui évoque un « projet planétaire » consistant à envoyer un poème à chaque être humain de la Terre et explique comment créer un  poème de métro. J’aime !

La joie l’emporte sur la fatigue.

Je me répète cette phrase entendue une semaine auparavant : « peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste » et me vient cette signification : ce qui compte c’est ce que tu en fais, comment tu va transcrire chaque expérience en mots.

Journée internationale des chats

Depuis 2002, le 8 août est la journée internationale des chats. Je l’ai appris par Wikipedia suite à l’annonce faite par From Joy to Animal, Nature, Earth sur Facebook il y a un peu plus d’une semaine. Cette journée a été créée à l’initiative de l’IFAW, Fonds mondial pour la protection des animaux. C’est l’occasion de célébrer nos fauves domestiques et ronronneurs en partageant

Un poème :

Le chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême

Un tableau :

Theophile _Alexandre_Steinlen_Chat_sur_un_fauteuil
Chat sur un fauteuil Théophile Alexander Steinlen

Un roman poétique, sensible et délicat, Le chat qui venait du ciel de Takashi Hiraide (traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu)

LeChatQuiVenaitDuCiel

Une chanson :

Et une citation :

citation-jean-cocteau-081269

Cinq ans !

Je me souviens d’une photo de moi toute petite fille, dans la cour chez mes grands-parents, le nez dans une rose, affichant un cinq jaune sur un t-shirt noir. Je l’aurais bien publiée, à l’occasion de ce six-cent-septième article depuis le 5 août 2014, date à laquelle j’inaugurais ce blog. Seulement je ne l’ai pas retrouvée… Tant pis. Je signalerai seulement l’anniversaire en quelques mots.

Voilà.

Ce sera tout pour aujourd’hui.

2X20

HORIZONTAL

Sous le soleil de plomb d’un mois de juillet CANICULAIRE
Le temps est à la farniente plus qu’à l’AMUSEMENT
Siroter une anisette, savourer une pizza NAPOLITAINE
Au frais, à l’ombre. S’économiser. Eviter tout risque d’ITT
Rêve de plage. respirer l’air marin pour dégager les SINUS
Apprendre qu’il y a plus de protéines dans le SEITAN
Que dans le tofu, et faire remarquer, grain de SEL
Qu’il est fait de gluten. Demander : qu’en penses-tu LUAN ?
Que j’en goutterais bien une tranche. Ante meridiem ou après-midi : AM
Que sans O devant et sans ET à la fin l’ourlet devient URL
Et que la culture, moins on en a, plus on en fait ETALAGE
Comme la confiture… Que faire le paon avec une queue de PIE
C’est une chouette image. Non ? Encore un mot, un ULTIME
A Tom… Désolé pour le jeu de mollet ! Ça fait partie des US
Et coutumes de ma contrée. Celle où, toujours, on s’ECRIERA
Comme on s’écriait : profitons avant l’arrivée du SMUR !
Le voilà ! Chut ! Silence. Camouflez votre grain de folie EN
vous. Ne vous faites pas repérer, tels des chevaliers d’EON
Sages et discrets. Donnez le change. Mais sens en EVEIL
Préparez votre propre réponse à la question à venir : qui tu ES ?

VERTICAL

Je sais montrer les crocs et hurler comme CANIS LUPUS
Sérieux, solitaire et sauvage, je ne fais pas dans l’AMATEURISME
Je ne me laisse pas avoir par l’oie blanche dans sa tenue NUPTIALE
Comme elle manque de couleurs, je lui conseille quelques séances d’UV
En lui certifiant qu’il n’y a aucun risque avec les nouvelles normes ISO
Drôle d’histoire. Et c’est à quel moment qu’intervient le TN ?
Le triton neptunien ?  Pas avant le changement d’ERE
Introduit par un nouvel air sous l’impulsion de la baguette de CELIA
La cheffe d’orchestre de l’Unique Manivelle Instrumentale, l’UMI
Un véritable laboratoire de recherche en son NATUREL
De la musique rafraichissante, qui invite à la danse, LET’S
Dance ! Pieds nus, en toute simplicité, sans faire le MALIN
Je me demande ce qu’est devenue ANAÏS
Depuis que je l’ai côtoyée au Local Technique Estival, le fameux LTE
Il y a deux ans déjà… On a suivi des ITINÉRAIRES
Différents. Chacun sa route, chacune son chemin, sans NUL
Doute. On se rencontre, on se perd de vue. Pas besoin de GMAO
Pour le savoir. C’est la vie. Toutes ces années que tu as EUES
A quoi les as-tu passées ? Ça te laisse bouche BÉE
Ce qu’il reste, à la fin, de toi, de moi ? Soi à NU.