Par un soir de pleine lune bleue

Il portait un pull sombre informe sur un pantalon de velours aux poches emplies de coquillages. Il traversa la petite station balnéaire, sous une lune bleue. Ses pas le guidèrent jusqu’au rocher du pêcheur. Là, il déclama quelques vers de son invention, en accord avec l’humeur de l’instant :

Une fleur sur le cœur comme un coquillage sur la plage…

Si tu trouves ce bouquet beau
C’est que tu n’es pas sot
Si tu te trouves sur ce paquebot
C’est que tu n’es pas un robot

Il délivrait ses paysages oniriques à la mer de sa voix de velours.

Non loin de là, on s’échauffait. On n’arriverait jamais à mettre en marche ce fichu robot sensé être le clou du spectacle. Personne ne prêta attention à l’étoile filante qui traversa le ciel. On s’affairait bruyamment dans le repère des barbares. On cherchait la panne à la racine. « Là ! » s’écria quelqu’un. Ça scintillait comme une étoile. tous les regards convergèrent sur le cœur du circuit électrique.

Le souhait de l’homme solitaire et rêveur sur le rocher du pêcheur était de partager ce qui émanait de lui, mais il lui manquait quelque chose pour créer le lien avec autrui. Il avait consulté une ermite dans une cabane dans les bois qui l’avait emmené se mirer dans l’eau du puits.

Alors les aboiements avaient cessé. C’était son souhait le plus cher : ne plus entendre aboyer d’ici à l’horizon. Les masques arrachés, les visages à nu, chacun observant les autres à souhait.

 

Jeux littéraires — Atelier d’écriture Luna Circus — Editions Zulma

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s