Rouge

Rouge, comme « Rouge Passion » , le nom du magasin de fleurs dans lequel je suis entrée pour demander où se situait la boutique de vêtements que je pensais trouver au 45 cours Lafayette, alors qu’entre le 33 et le 61 il y a la rue de Créqui… Ni la cliente à qui je me suis d’abord adressée, ni la fleuriste affairée n’ont su me répondre. Et pour cause, j’avais vite et mal recopié l’adresse, confondu Lafayette et Roosevelt — qui riment presque et se trouvent dans le même secteur de Lyon — mais ça je ne le saurai que le lendemain — c’est-à-dire tout à l’heure.

Rouge, comme la couverture de Ecrits stupéfiants que j’ai demandé à une vendeuse de la FNAC parce que les succulentes critiques du Masque et la Plume m’ont donné très très envie de lire cette anthologie de drogues & littérature d’Homère à Will Self de Cécile Guilbert.

Rouge, comme le poisson du titre d’un traité de Bruno Patino, La Civilisation du poisson rouge, qui m’a interpelé mais que j’ai laissé finalement en rayon pour une prochaine fois : j’ai déjà beaucoup à lire.

Rouge, comme la carte d’anniversaire en volume que j’ai choisie pour envoyer en début de semaine prochaine, en vu d’une arrivée à destination le 10.

Rouge, comme le sac d’une dame qui sort du métro à la station Garibaldi, comme le verni des ongles d’une autre se tenant à une barre dans la rame.

Rouge, comme le ticket de transport en commun à insérer à la sortie du parc relais pour bénéficier du stationnement gratuit.

Rouge, comme le verre de vin qui accompagne mon petit plateau repas en bois — soupe froide de brocoli et riz au lait chocolat — au bar de l’orchestre de la Maison de la Danse. Collation prise avec vue plongeante sur la place où sont garées les voitures, dont la mienne. Cette image agit comme un déclic. Je sens fondre ma résistance à l’obligation nouvelle de se garer en marche arrière faite par mon employeur : dorénavant, quand je me rendrai sur mon lieu de travail, je penserai à la place devant La Maison de la Danse où s’entassent les véhicules les soirs de spectacle.

Rouge, comme les cheveux de la dame assise sur le rang devant moi.

Rouge, comme le carnet où je note ces mots en attendant le début du spectacle.

Rouge comme vitalité.
C’est le mot que j’ai employé ce matin pour dire mes sensations après un massage métamorphique. C’est ce que je ressens à nouveau pleinement ce soir, assise à ma place R7. R7 ? Je cherche un mot de sept lettres commençant par R. Rouge n’en compte que cinq. Récit aussi. Récital ! Ah et Radiant ! Une pensée pour dimanche, à la tenue rouge de la cantatrice, à mon état totalement éteint d’alors. Suis passée à côté. Dommage, tant pis, l’occasion se retrouvera peut-être de vivre Folia. Mais ce soir qu’il m’est bon de me sentir à nouveau pétiller et d’être emportée par la danse, la musique, les deux fondues l’une dans l’autre, les corps instruments, les mouvements partitions. A Love Supreme, quand quatre danseurs interprètent, chacun, un instrument de la musique de John Coltrane.

Rouge, comme l’écran sous mes paupières, avant de m’endormir.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s