Jeu littéraire d’un dimanche après-midi

Maintenant, quand je regarde le haillon retrouvé au fond du tiroir de la commode de ma grand-mère, je me dis que le temps finit toujours par dévoiler les secrets les mieux enfouis. C’est comme les taches à l’encre de chine qui révèlent l’inconscient. Alors autant quitter les bottes de nos certitudes.

Je m’interroge un temps, sonde ma tête et mon cœur, mais l’image est brouillée… jusqu’à ce qu’un air vienne me titiller les neurones. C’est la chanson que fredonne le mendiant en bas de la rue. Une chanson qui parle de cheval… Je respire l’air frais extérieur avec contentement. Chevelure au vent, je me vois à l’image d’une héroïne de roman.

Je descends la rue rebaptisée « terre profonde » par un poète du coin et me dirige vers l’arrêt de bus en face de la boutique « De chair et d’os » . Un drôle d’énergumène se tient sur le pas de la porte. Son visage est encadré d’une chevelure blanche étonnamment volumineuse. Je le trouve d’une beauté reposante.

— Beauté reposante, ça rime avec ombre transparente, me dit le type étrange en me fixant.

Je reste interdite, subjuguée par la douceur qui émane de son visage. Les deux à la fois… Beauté et ombre allant de paire ?

— C’est toujours une question de point de vue, entre beauté et laideur, comme entre volupté et austérité. C’est une question de quatorze heures ou d’atmosphère, de la couleur des escaliers.

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