Sortie dominicale

Alors, c’était bien le concert littéraire dimanche ? Je voulais venir vous écouter vu que je ne travaillais pas (deux postes sur trois jours d’astreinte c’est suffisant) mais je me suis trompée de lieu. J’étais persuadée que c’était à Brangues. Du coup, j’ai seulement vérifié, vite fait, l’itinéraire sur internet, pour avoir une idée du temps de parcours. Il y avait plein de routes barrées de sens interdits sur le plan, je n’ai pas cherché à comprendre pourquoi, en fait, je n’avais plus le temps, mais j’ai compris sur le trajet en voyant les panneaux jaunes : l’étape du jour du Tour de France passait par là… Comme je n’étais pas partie de bonne heure, je n’ai rencontré aucun problème de circulation, les routes étaient rouvertes à la circulation. Je me suis dit que ça avait du bon de ne pas partir en avance. Je suis arrivée à Brangues un poil après quinze heures.

Il restait une place à l’ombre sur la place principale. J’ai apprécié. J’avais imaginé que le concert pourrait se tenir là, à vrai dire. Je suis allée me renseigner auprès d’une dame à l’accueil de la salle d’exposition, en face de la mairie. Elle a ajusté son masque rose fluo. Me tenant à distance respectable, sur le pas de la porte, je n’ai pas jugé nécessaire de porter le mien le temps qu’elle m’explique que le concert et les lectures avaient lieu dans un autre village dont je n’ai pas retenu le nom… Tu dis ? Saint Hilaire de Brens ? Ah. Bref. J’ai pensé qu’il était trop tard pour m’y rendre. Je n’ai pas profité de l’occasion pour faire le tour de l’exposition dont je n’ai pas cherché à savoir le thème. Je suis repartie avec une seule idée en tête : trouvé un endroit pour ma minute de danse du jour (la soixante-neuvième !). Je n’ai pas osé sur la place de Brangues, il y avait des gens alentour. Et puis j’avais repéré un coin à l’aller.

Je me suis garée sur le bord de la route de Morestel, j’ai installé l’appareil photo sur la plage arrière, coffre ouvert et j’ai patienté le temps que passe un cycliste, un peu étonnée de sa présence. Certes j’étais sur une piste cyclable, mais en tant que cycliste, il devait s’intéresser au Tour de France, non ? J’ai lancé l’enregistrement vidéo et je me suis éloignée sur la piste. Je n’en menais pas large. Ce n’est pas facile pour moi de danser à l’extérieur. J’ai peur d’être surprise par quelqu’un. Comme une voleuse. Voleuse de quoi ? Je me le demande… Je suis beaucoup plus à l’aise à la maison et la majorité du temps je partage mes vidéos uniquement sur le groupe Facebook dédié. Qu’est-ce que les gens qui me connaissent pourraient penser de moi ? Oui, je sais, ils n’ont qu’à penser ce qu’ils veulent, mais, mais, mais, il y a un part de moi qui n’arrive pas encore à se défaire du confort de son cocon. Tu parles d’un acte de résistance poétique ! Tu dis ? C’est un peu comme des textes conservés dans un tiroir… Là, je me dis que si j’ai de la tendresse pour cette part qui a besoin d’être apprivoisée, j’ai aussi envie de la prendre par la main et lui montrer dehors. Sans la brusquer, en douceur. Regarde, ça ne te fait pas envie ? Allez, viens on y va. C’est quoi le risque ? D’être vue. Et alors ? Ce n’est pas très confortable. Pas autant que le cocon. Il y a le risque que ça pique dehors… J’ai dansé sur le qui vive. Disons, pour être plus exacte, que je me suis mue. Après coup, je me suis dit que je devrais prendre quelques secondes pour me poser et me demander « qu’est-ce qui est là ? » avant de commencer. J’essaierai d’y penser la prochaine fois.

Comme une vague de tendre tristesse

Je l’ai sentie monter en fin de journée, mercredi dernier, alors que je roulais en voiture sur l’autoroute. Une vague de tristesse. Pas submergeante. Pas très profonde non plus. Plutôt douce. Comme un chagrin, léger, pas du genre de ceux qui font qu’on en a vraiment gros sur la patate. Quelque chose de mélancolique peut-être. Quoique… Je ne sais pas trop. Je me suis demandé d’où elle venait, ce qui l’avait fait naître. Je me suis demandé si elle m’appartenait ou si je l’avais saisie dans l’atmosphère (celle-ci venant nourrir celle-là sans doute). Elle a gonflé quand j’ai découvert les portraits de Félix en dernière page du numéro spécial de Charlie Hebdo de cette semaine.

Version 2

Là, je l’ai sentie au bord des yeux et puis elle a reflué.

A vouloir chercher les mots justes pour mieux la cerner, je me dis que je la contiens plutôt que je ne la vis. De fait, je quitte le corps pour la tête, je bascule dans des questions d’ordre lexical et sors mon Robert Historique.

Ainsi, quelle est la nuance entre tristesse et chagrin ?

Tristesse « état d’affliction due à un événement fâcheux » vient de l’adjectif triste issu du latin tristis, d’emploi psychologique dans la langue courante comme en français.

Chagrin « tristesse profonde mêlée d’amertume » vient de l’adjectif chagrin probablement déverbal (1389) de chagriner, malgré le léger hiatus chronologique, le verbe étant attesté, plus tard, depuis 1424. J’adore le concept de hiatus chronologique et l’idée du déverbal antérieur au verbe.
A noter que chagriner est formé de cha– d’origine obscure (peut-être chat) et –grigner ( « grincer des dents, faire la grimace, être maussade » ) d’où le sens « se lamenter comme les chats » . Ah, voilà de quoi nourrir une affection indéfectible pour le mot chagrin.

J’avais d’autres questions : qu’est-ce que j’ajoute à la tristesse en la qualifiant de mélancolique ? Que devient la part de colère contenue étymologiquement dans mélancolie (melankholia en grec avec kholia de kholê « bile » qu’on retrouve dans choléra et colère) ? Mais elles me semblent moins pertinentes, c’est-à-dire qu’un mot en entraînant un autre, je m’éloigne de plus en plus de l’émotion qui m’a traversée, ce qui n’est pas le but recherché. J’en reviens donc à mercredi soir pour en arriver à la chanson qui s’est invitée dans ma tête.

Pas Bye mélanco d’Anne Sylvestre, ni Je t’aime mélancolie de Mylène Farmer, pas même Evidemment de France Gall. Non, là, il s’agit d’auto-suggestions tardives, surgies en cours de rédaction. La chanson qui m’est venue sur le moment est une chanson bien plus ancienne de Gérard Lenorman, Le gentil dauphin triste que j’ai envie de serrer fort dans mes bras à chaque refrain « Oh, oh, oh, que je suis triste… Oh, oh, oh triste, triste, triste… »

Cet air me revient en tête quand je suis dans cette humeur particulière et mon cœur se gonfle de tendresse.

Cette fois, je suis allée au-delà du refrain, j’ai cherché les paroles et, oh ! Surprise ! D’une part, elles m’ont semblé résonner avec aujourd’hui et peut-être qu’un pastiche serait possible « Oh, oh, oh, oh ce monde est triste » … J’ai un début de couplet :
Il faut rester tout seul
Et puis fermer sa gueule
Derrière un masque rendu obligatoire
D’autre part, j’ai drôlement apprécié la dernière partie :

Il faut vous réveiller
Vous n’allez pas rester
Comme des crabes à marcher de travers
Ou comme des manchots
Plantés au bord de l’eau
En attendant que revienne l’hiver
[…]
Moi le gentil dauphin
Je n’ai peur de rien
Surtout pas d’un requin à sensation
Rangez dans vos cartons
Votre imagination
On ne va pas se gâcher la saison

Gentil dauphin triste (1976)
Paroles de Pierre Delanoë, Gérard Bergman, musique de Gérard Lenorman

Je l’ai tellement appréciée que je l’ai utilisée pour ma minute de danse du jour. Après quoi la tristesse a cédé la place à la joie de vivre. On ne va pas se gâcher la vie. Elle est trop courte pour être prise au sérieux.

Acrostiche, niveaux 2 et 3

Profitant d’un dimanche après-midi calme et tranquille, je me suis exercée, en plusieurs temps, au jeu de l’acrostiche sur le thème lumière.

Premier essai, acrostiche aux deux bouts, pour corser l’exercice :

L‘autre soir, au village, il y avait un bal
Un individu tout maigre et chevelu
M‘a fait du gringue sur une chanson de M
Il était timide et gauche, pas très joli
Evidemment, j’ai répondu par une moue
Ridicule pour lui signifier son erreur
Erreur ? Son rire a révélé sa lumière

Comme le résultat me plaisait moyennement, j’ai rejoué avec ombre et lumière sur des alexandrins :

Où que tu en sois de ce qui t’es essentiel
Marche à l’étoile, va, cours, oublie le superflu
Bras ballants, en croix ou en couronne : carpe diem
Ris des situations, de l’absurde, de l’ennui
Explore, expérimente, joue, vis en dilettante
Exprime ce qui te traverse les tripes et le cœur
Tel est en matière de vie, l’art et la manière

La rime à l’hémistiche du cinquième vers a fait tilt. Me voilà repartie pour un troisième tour.

Où que soit ton réel, pour ton être essentiel
Marche à l’étoile, à nu, oublie le superflu
Bras en croix, ballants, même en couronne : carpe diem
Ris des situations vécues, de l’ennui
Explore, expérimente, joue, danse en dilettante
Exprime tes joies tes peurs, ce qui est dans ton cœur
Telle est en la matière la vie, l’art, la manière

Et j’ai pu enfin poser le stylo.

Coulis de tomate, poivron vert et pâte à pain

L’autre jour, c’est-à-dire mardi dernier, je me suis sentie dépitée en constatant que les trois tomates qu’il me restait à la cave étaient plus que mûres. J’ai trouvé au moins deux raisons de m’en vouloir : j’aurais dû les cuisiner plus tôt ; j’aurais pu m’abstenir de les acheter. J’ai failli les porter directement dans le compost au fond de la cour avant de me raviser : et si je me préparais un coulis au lieu de donner pitance aux insectes, gastéropodes et autres rongeurs ? Un petit coulis avec une moitié d’oignon rouge un peu défraîchi ? Oui ! Mais comment servir un coulis ? Sur une pizza pardi ! Une pizza ? Oh ! Cela fait une éternité que je n’en ai pas préparé une ! Les dernières que j’ai mangées, je les ai achetées toute prêtes, juste à réchauffer. C’est le plat de dépannage occasionnel. Cela fait aussi pas mal de temps que je n’ai pas eu une envie culinaire particulière. Des semaines de galère : qu’est-ce que je mange ? Ch’ais pas. Qu’est-ce qui me ferait plaisir ? Ch’ais pas. Un jour je me suis fait cette réflexion : je me prends la tête alors que certains se contentent d’un bol de riz pour tout repas. ça a relativisé le désagrément.

Mon envie s’est précisée : une pizza au poivron. Je l’ai retenue.

J’ai ressorti du tiroir du placard du salon le vieux carnet à spirales avec un papillon multicolore en couverture, dans lequel ont été recopiées, par maman ou par moi, collées ou agrafées des recettes diverses et variées. M’est revenu en mémoire, le jour où, ado, j’avais préparé une pâte à pain. La recette dans le carnet mentionnait du sucre parmi les ingrédients. Ça m’avait étonnée, mais nullement arrêtée et nous avions mangé, papa, maman, mon frère, une amie du lycée et moi, une pizza à la pâte sucrée. Pas banal mais pas mauvais. J’avais réalisé après coup que j’avais suivi une recette de petits pains.

J’ai ajouté poivron et levure de boulangerie à ma liste de courses, puis, ces dernières faites, mercredi, en fin de journée, j’ai préparé la pâte à pain de la recette de la pizza, celle à base de farine, levure de boulangerie, sel, huile d’olive et eau tiède, à laisser reposer entre deux et trois heures.

Elle n’avait pas doublé de volume au bout de deux heures et demie mais avait largement assez gonflé pour la quantité de coulis de tomate à ma disposition. Je l’ai étalée à la main du mieux que j’ai pu. Elle manquait de souplesse, peut-être d’eau. Je l’ai tartiné de coulis, parsemée de lamelles de poivron vert et d’olives noires avant d’enfourner le tout. Pour une fois, je n’ai pas maugréé contre le temps passé en cuisine.

Et puis, la pizza cuite, je me suis régalée.

Malacov-19

J’ai compris pourquoi je préférais parler de coronavirus plutôt que de covid-19 le jour où j’ai entendu que L’Académie Française préconisait le féminin pour la dénomination officielle de la nouvelle maladie, covid désignant « la maladie du coronavirus » , en anglais « corona virus disease » (cf. L’article explicatif du 7 mai). Pour aller plus loin dans le bon usage, on pourrait traduire l’acronyme en la macov ou la macovi, sur le modèle de SIDA / AIDS. Mais aujourd’hui, à l’ère néolibérale internationale, on a pris la fâcheuse habitude, de mon point de vue, de manger de l’anglicisme jusqu’à l’indigestion. Bon, disons d’une autre manière : d’adopter des anglicismes sans sourciller, même quand un mot existe en français, ce qui a le don de m’horripiler : pourquoi dire cluster à la place de foyer ? Ou dans un autre domaine, pourquoi dire level à la place de niveau ?

On adopte ou on impose ? Les deux ma capitaine. Les deux « on » sont complémentaires. Qui prend le temps de s’interroger, d’analyser à l’heure du flux d’info sans répit ? Il est bon parfois de mettre sur pause et de regarder de plus près ce qui nous est servi. Covid-19 ne m’évoque rien, ne résonne pas en moi. Si certains y décodent un acronyme caché (il faudrait que je recherche la source de ce que j’avance…), pour moi il s’agit d’une coquille vide. Un simple nom étiquette, genre code de classement.

J’avais initialement envisagé de développer, pour comparer, un paragraphe au sujet des dénominations de maladies, qui ne sont pas toutes du genre féminin : on dit le rhume, le choléra, le cancer ; mais ça m’entraînerait dans une recherche lexicale qui nécessite un temps dont je ne dispose pas. En fait, ça pourrait faire l’objet d’un article. Plus tard.

Comparativement aux maladies qui portent des noms évocateurs — au moins du point de vue étymologique comme le rhume, par exemple, qui vient d’un mot qui signifie « eau qui coule » et qui, soit dit en passant, peut être causé par un coronavirus certes pas le 2019 — la maladie du coronavirus 2019 (ou SARS-CoV-2 pour le petit nom technique) demeure mystérieuse. L’accent est mis sur le virus contre lequel il faudrait faire la guerre avec des armées de chercheurs et des masques boucliers maintenant que les réserves sont pleines. Si les médias savent entretenir la peur, par contre ils n’évoquent jamais le système immunitaire qui a pourtant son rôle à jouer dans l’affaire. Je me demande si ça a à voir avec le fait qu’un système immunitaire est d’autant plus en équilibre dans un environnement sain dont on ne peut pas dire que ce soit le modèle du mode de vie actuel : bouffe industrielle, pollutions diverses, stress, et j’en passe des vertes et des pas mûres de tout ce qui cause des maladies acceptables et acceptées puisque les gouvernements ne semblent pas s’en émouvoir. Développer son système immunitaire ne fait pas partie de la logique néolibérale pour laquelle le coronavirus 2019 est l’occasion de tester en grandeur nature un contrôle total des citoyens et citoyennes. Franck Lepage est intervenu à ce sujet pendant le confinement.

Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, était l’invité de Frédéric Taddeï dans le IDI du mardi 7 avril : «Franck Lepage sur «Covid-19 : l’ami des dominants» ?»

Aujourd’hui des médecins témoignent pour exprimer une voix différente de celle du pseudo comité scientifique, comme le professeur Toussaint par exemple :

Réalité du terrain contre télé-réalité en quelque sorte : la télé-réalité étant la réalité de la télé, c’est-à-dire construite par les médias dominants. Je ferais bien un lien entre télé-réalité et le concept anglophone de storytelling ou mise en récit (expression recommandée par la commission générale de terminologie et de néologie. Tiens, que pense cette commission de la covid-19 ?). Sans avoir jamais lu Guy Debord, un autre lien se fait dans ma tête avec la société du spectacle. Et pourquoi ne pas parler directement de propagande ? Dans le fond, sans les gants, c’est de ça qu’il s’agit.

Lors de l’épisode du H5NI, une grippe aviaire au nom de bataille navale, tentative avait déjà été faite de vacciner la population. Aujourd’hui c’est la voie privilégiée par les gouvernements de connivence avec les laboratoires pharmaceutiques et sous l’égide de l’OMS dominée par des fonds privés, sans autre alternative possible.
Note de bas de paragraphe : ce n’est pas le principe de vaccination que je remets en cause ici, mais la vaccination par principe et le marché des vaccins qui va avec.

A ce stade, je me dis que, sous le coup d’une colère en réaction à la manipulation par la peur, je manque de clarté. Il faudrait développer, argumenter, alors que ce n’est pas ce que je veux faire. Ça m’ennuie. Je n’ai pas envie de débattre, simplement, si je puis dire, de poser ce qui est là, pour moi. Je constate que ça reste embrouillé dans ma tête. Il est pourtant l’heure de conclure.

Je me demande si nous pouvons nous réapproprier le langage et le monde…

Dans covid-19, il y a vide. Le coronavirus est l’occasion d’un saut dans le vide. Quel après désirons-nous ? Est-ce que le système capitaliste dans sa forme néolibérale nous a tant aspirés que vides à l’intérieur, rendu.es esclaves volontaires, nous sommes prêt.es à nous livrer à l’anéantissement de notre humanité ? La vie en moi hurle NON ! Je veux vivre La Belle Verte pas Zombieland.

Interview d’une blogueuse, Sandrine, La plume d’Isandre

Deuxième interview dans le cadre d’un thème d’août proposé par le rendez-vous des blogueurs. Cette fois, c’est Sandrine, qui m’a fait découvrir le Rendez-vous des blogueurs, qui s’est prêté au jeu. Merci à toi, chère Sandrine.

Nous nous sommes rencontrées, virtuellement, sur un atelier d’écriture il y a des années de cela. Aujourd’hui, Sandrine est l’autrice de La Plume d’Isandre.

Depuis quand blogues-tu ?

Décembre 2015 pour la Plume d’Isandre, j’avais fait une première tentative quelques années avant (ça s’appelait Sandrine, Isandre et les mots).

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de bloguer ?

L’enthousiasme des blogueurs autrichiens que j’ai rencontrés à Vienne.

Tu te définirais comme quel genre de blogueuse ?

Enthousiaste (parfois un peu trop…) passionnée et pourtant pleine de doutes. Bienveillante, j’espère, j’essaye.

Une phrase qui te ravit ?

Je viens de découvrir cette citation de Roger Martin du Gard : l’existence est un combat, la vie est une victoire qui dure. La deuxième partie de cette phrase m’encourage énormément.

Quelles sont pour toi les vacances idéales ?

Avec mon mari et mes enfants, au bord d’un lac où on peut se baigner, une magnifique vue sur les montagnes autour du lac, et un château à visiter ou admirer. Et nous avons l’immense chance d’avoir tout cela pas très loin.

Crédits photo : La Plume d’Isandre

Avec quoi fais-tu rimer le mois d’août ?

La fête nationale suisse le 1e août, l’anniversaire de ma mère le 4 août, la fête du 15 août qui annonce aussi la fin des fortes chaleurs dans notre région, donc un soulagement.

Que vois-tu par la fenêtre ?

J’ai écrit un article avec ce que j’avais pu voir par des fenêtres il y a quelques temps, (j’en ai croisé d’autres depuis). Ces derniers jours, j’ai eu une fenêtre sur la grande route d’Interlaken, une sur un parc de jeux en Suisse et aujourd’hui je pourrais apercevoir le Jura en me penchant un peu mais elle n’est pas ouverte à cause de la canicule.

Un air dans la tête pour la journée ?

What about us, Pink.

Le téléphone sonne : qui t’appelle ?

De grandes chances que ce soit un démarcheur. Ça peut tout de même être ma mère, une amie qui n’aime pas les mails ou un ouvrier qui doit intervenir chez nous, dans cet ordre. Mais certains jours, à cause de traitements médicaux, je n’arrive pas à parler au téléphone et tous mes amis savent que l’écrit m’est plus facile. Il m’arrive quand même de discuter en vidéo sur Messenger et Zoom.

A quoi rêvais-tu enfant ?

De devenir écrivain.

Quel était ton héros ou ton héroïne quand tu étais petite ?

Albator, Goldorak et… Heidi. Je ne savais pas que je vivrais un jour dans son pays et comprendrais beaucoup mieux sa passion des montagnes et le sentiment de manque quand on ne les voit pas. Mais pas le dessin animé, les livres (il y a eu toute une série déclinée après le succès de Johanna Spiry).

Y a-t-il une langue que tu aimerais apprendre ?

La langue des signes. Je trouve que c’est une honte que son apprentissage ne soit pas encore courant dans toutes els écoles.

Où t’imagines-tu dans un an pile ?

Soit en Suisse au bord d’un lac, soit en Provence chez mes parents, soit en voyage avec mon mari. On va dire que je m’imagine guérie de la vilaine maladie qui me pourrit la vie trop souvent, sinon ça pourrait aussi être une journée alitée dans ma chambre. J’espère qu’il fera moins chaud (mais si on change rien, il n’y a malheureusement pas de raison).

A quelle question souhaiterais-tu obtenir une réponse ?

Qu’est-ce que je peux faire pour que ça aille mieux ? Qu’est-ce qui est dans mes faibles capacités et ne fera pas plus de mal que de bien ? (Du privé à l’universel). As-tu la réponse 🙂 ?
J’aimerais pouvoir répondre : parfois il ne faut rien faire, seulement être et ouvrir son cœur à ce qui est là, accueillir. Mais, étant donné la colère que m’a inspiré le mal de tête qui m’a pourri la journée, autant te dire que je n’ai pas de réponse.

Quel surnom pourrais-tu te donner ?

Isandre 🙂

Une image, un mot, sur quoi as-tu envie de clore cette interview ?

Merci beaucoup Yvanne pour ces questions sympathiques. Je suis vraiment heureuse d’avoir l’occasion de collaborer à nouveau avec toi (Yvanne et moi même avons participé avec d’autres amis à des recueils collectifs de poèmes et nouvelles).

Merveilleux souvenir… Merci Sandrine.

Une poule

A chaque fois que j’entends une voiture, dès que j’entends une voix, je m’imagine que c’est quelqu’un à sa recherche. Je me demande comment elle est arrivée là. S’est-elle échappée ? S’est-elle perdue ? Cherche-t-elle un refuge ? Le fait est qu’il y a une poule, blanche, qui se cache sous le laurier.

J’ai cru halluciner une première fois en entendant caqueter : tiens, on dirait une poule… Est-ce plausible ? En plus de quarante ans de vie en lotissement, je n’ai jamais vu de poule alentour. Je me dis même que les terrains sont trop petits pour en accueillir ne serait-ce qu’une.

J’ai cru halluciner une deuxième fois en voyant le gallinacé. C’était tellement peu probable que je n’arrivais pas à croire ce que j’avais sous les yeux : une poule dans la cour et le chat endormi à proximité ! Non, mais je rêve ! Ma nuit a vraiment été trop courte. une sieste et elle aura disparu.

Non. Elle est toujours là et bien là. Je ne sais quelle attitude adopter. J’ai le cerveau en ébullition. Est-ce que je dois lui construire un abri ? Lui donner à boire ou à manger ? Signaler sa présence — à qui ? — au risque qu’elle finisse à la casserole ? Il fait chaud. Elle doit avoir soif et puis faim peut-être aussi. Un bol d’eau et une assiette de graines destinées aux oiseaux l’hiver lui feront certainement du bien.

Elle me regarde approcher, méfiante, et profite du moment où je pose le bol et l’assiette au sol pour déguerpir et remonter la rue. J’en reste toute dépitée. Je pensais qu’elle serait sensible à mes bonnes intentions… Naïve ! Je m’en veux de lui avoir fait peur. Je me demande où elle a filé et s’il est possible qu’elle revienne… Peut-être que nettoyer la cour pour la rendre plus accueillante favorisera son retour. Ou pas. En tous cas, je saisis l’envie de couper les herbes hautes et sèches pour passer à l’action. Elles ne sont pas nombreuses à l’ombre du noisetier. Rien à voir avec la cour derrière la maison.

Accroupie, cisailles en main, je progresse rapidement. Sous le laurier quelque chose de blanc et plus gros qu’un caillou attire mon regard. Un œuf ! La poule m’a laissé un cadeau ! Oh ! Je regrette d’autant plus de l’avoir effrayée. Une part de moi tente de me faire entendre qu’il est des rencontres éphémères. J’ai croisé une poule. L’histoire s’arrête là. Ainsi va la vie. J’ai voulu jouer la mère nourricière avec trop d’empressement. J’aurais dû laisser faire, ne rien précipiter. J’ai voulu jouer la mère nourricière et c’est la poule qui m’a fait présent de quoi manger.

Fortes chaleurs

Je me souviens d’un cours d’anglais au collège. Rideaux baissés, porte ouverte, on ne sentait pas le moindre souffle d’air. La chaleur était étouffante. Je me souviens de ce que nous avait expliqué la prof : le moindre geste étant source de chaleur, la meilleure chose à faire était de se tenir le plus calme possible. Depuis, je continue d’appliquer ce principe, bougeant le minimum, quand je ne vais pas me terrer à la cave, ce que je n’ai pas encore fait cette année, le refuge du sous-sol étant rendu étouffant par un encombrement d’objets divers et variés.
Un jour je ferai le tri.
Quand il fera moins chaud.

Depuis plusieurs jours, volets clos en journée, je m’économise et n’ouvre portes et fenêtres qu’à la tombée de la nuit pour faire entrer et savourer un peu de fraîcheur. Jusqu’à fort tard souvent.

Je me souviens avoir dormi à la belle étoile sur la terrasse quand j’étais plus jeune. Je me demande ce qui me retient de le faire maintenant… Le confort du matelas ? Le sécurité d’être à l’intérieur ? Le « ça ne se fait pas » ? Un mélange de tout ça. Et la température de la chambre qui reste acceptable la nuit.

Je me souviens d’une chanson de Pauline Ester. Elle me revient souvent en tête l’été.

Je me souviens d’une rue sans ombre, sous un soleil de plomb, sur le trajet entre notre habitation et la maison de mes grands-parents. Maman conduisait mon frère dans sa poussette et moi je suivais, comme une galérienne. J’avançais tête basse, sans souffler un mot. J’avais épouvantablement chaud. Je me souviens du supplice que cela représentait pour la petite fille de quatre ou cinq ans que j’étais alors.
Je me demande si mon aversion de la chaleur vient de cette époque…

Nouvel élan

Un coup de pouce de l’extérieur est parfois nécessaire pour relancer la machine. C’est l’effet qu’a produit sur moi un des thèmes du mois d’août proposés par Le rendez-vous des blogueurs. Après des semaines d’errance, j’ai enfin retrouvé l’élan d’écrire et de reprendre les phrases et les bouts de texte griffonnés ces derniers mois.  L’heure est venue de tenter de transformer les essais si je puis dire. Je peux. Car plusieurs inachevés attendent dans mon cahier. C’est le moment d’en dresser une liste et décider ce qu’il est possible de publier et quand, sachant que l’idée d’une publication tous les deux jours jusqu’à la prochaine interview (programmée le 25), voire jusqu’à la fin du mois, me plait beaucoup. En remontant dans les pages de mon cahier à spirales, je trouve :

Une chronique « je me souviens » sur le thème des fortes chaleurs ;
Une histoire de poule, à relire, mais prête à être mise en ligne ;
Un mot du jour qui m’enchante : dilettante ;
Une esquisse d’histoire de méditation montagne ;
Un autre mot du jour, le nom étiquette d’une maladie : covid19 ;
Encore un mot du jour : container, dont un emploi m’a interpellée et m’a amenée à me poser la question suivante : si on appelle une poubelle « container » peut-on considérer que tous les containers sont des poubelles ?

Et j’arrive à ce petit texte avec lequel je conclue cette chronique de relance.

Emploi du temps
Avoir un emploi du temps
Ça veut dire employer le temps
Mais le temps s’emploie-t-il ?
Et pourquoi ne pas le déployer ?
Déployer le temps
Comme des ailes
Voler à l’infini

Interview d’une blogueuse : Isabelle, jardinière ordinaire extra

Quand j’ai vu les thèmes proposés pour ce mois d’août sur le groupe Le rendez-vous des blogueurs, je me suis dit : et pourquoi ne pas endosser le rôle de l’intervieweuse ? L’idée m’a séduite et j’ai trouvé que le mot interview s’associait joliment avec saugrenue ou incongrue. Par contre, une fois écrites, je me suis demandé si mes questions l’étaient vraiment, saugrenues ou incongrues… Le défi étant lancé, deux blogueuses ont accepté de jouer le jeu. Voici la première interview.

Il s’agit de celle d’Isabelle, autrice du blog Les chroniques d’une jardinière ordinaire. Je la remercie chaleureusement.

IsabelleJardinière
Crédits photo : Les chroniques d’une jardinière ordinaire

Depuis quand blogues-tu ?

Depuis deux ans et demi.

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de bloguer ?

J’adore écrire depuis toujours ; comme je suis passionnée par les plantes et le jardinage, j’ai eu l’idée de partager mes connaissances et mes aventures de jardinière amateure sur le web.

Tu te définirais comme quel genre de blogueuse ?

Je crois être une blogueuse assez rigoureuse ; je vérifie soigneusement les informations que je transmets et je me fais un point d’honneur à publier selon un horaire régulier, soit le lundi et le jeudi. C’est pourquoi j’ai toujours des textes préparés à l’avance ; ainsi, je ne suis pas prise au dépourvu.

Une phrase qui te ravit ?

Il s’agit des paroles d’une chanson : « You life is a canevas, the colors are you » (La vie est une toile, tu en es les couleurs). Je trouve ça inspirant…

Quelles sont pour toi les vacances idéales ?

Un séjour dans un petit village, au bord de la mer : farniente, fruits de mer frais à profusion, balade sur la plage, avec le cri des mouettes et le bruit des vagues en fond sonore…

Avec quoi fais-tu rimer le mois d’août ?

Hummm… Avec « doux » . Parce que le mois d’août évoque pour moi les soirées douces (et non étouffantes !) de l’été qui tire lentement à sa fin, les nuages en boules d’ouate et la caresse d’un vent léger sur mon visage.

Que vois-tu par la fenêtre ?

Mon jardin tout en fleurs.

Un air dans la tête pour la journée ?

Le jingle d’une chaîne de restos qui s’appelle Barbie’s Resto-Bar Grill ! Chaque fois que je l’entends, je n’arrive plus à me le sortir de la tête.

Le téléphone sonne : qui t’appelle ?

Probablement ma mère.

A quoi rêvais-tu enfant ?

D’être enfant unique… Je devais tout partager avec ma sœur, c’était parfois lourd. Et mon petit frère était une vraie peste !

Quel était ton héros ou ton héroïne quand tu étais petite ?

Actarus, le vaillant pilote de Goldorak ! Ah, et le capitaine Kirk aussi.

Y a-t-il une langue que tu aimerais apprendre ?

L’espagnol. J’en connais quelques rudiments mais j’aimerais le parler couramment.

Où t’imagines-tu dans un an pile ?

Comme j’aime beaucoup le style de vie que j’ai choisi, j’imagine qu’il n’aura pas vraiment changé ; je me vois cependant plus sereine ; j’y travaille, en tous cas !

A quelle question souhaiterais-tu obtenir une réponse ?

Qu’est-ce que la vie réserve à mes filles ?

Quel surnom pourrais-tu te donner ?

La folle aux chats !

Une image, un mot, sur quoi as-tu envie de clore cette interview ?

Un petit peu de philosophie, tiens ! La vie est un beau voyage, malgré ses turbulences. J’aimerais que chacun puisse en profiter…