Journée retraite

Garder les yeux fermés
C’est ce qu’il y a de mieux à faire
Assise sur le canapé
Il n’y a rien d’autre à faire
Ne pas m’activer
C’est tout ce que je peux faire

Quel plus petit pas possible puis-je faire aujourd’hui pour entretenir l’élan dans le sens de mes rêves ?

Tenir un stylo
Ecrire quelques mots
Sans solliciter de trop
Mes circuits neuronaux :
J’ai mal au ciboulot

Je me souviens, en gros, d’une phrase partagée, hier, par Isabelle Padovani sur les réseaux sociaux. Il y était question de solitude et d’opportunité de rencontre avec son âme. Enfin, c’est ce que j’ai retenu*.

Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec moi plutôt que dans la rue. Journée introspection plutôt que de manifestation. Rendez-vous social manqué par une belle journée d’hiver ensoleillée… Aujourd’hui je l’accepte plutôt que d’être en colère.

Je me sens à peu près bien
Quand je ne fais rien
Et demain ?
Je verrai bien.

 

* Elle disait : « Parfois la Vie t’isole afin que tu puisse entendre la voix de ton âme. il peut sembler que tu perde un ami ou un amoureux, mais trouver ta voie, ta passion et le but de ta vie est le plus important. Parce que là où est ton âme tu trouveras ton trésor. » Publication Ecoute la voix de ton âme sur la page Communification le 8 janvier.

Rêverie morphologico-lexicale

Or donc, la chauve-souris fait partie de l’ordre des chiroptères…

Avec chiro
Comme dans chiropracteur
Ou dans chiromancie

Chiro « main » en grec
(qu’on retrouve aussi dans chirurgie)

Et –ptère « aile »
Comme dans hélicoptère
Ou dans coléoptère

Coléo…
Plafond ?
A moins qu’on ne dise scotché… Bref

revenons à nos ailes

ptère, on le retrouve aussi
Dans ptérodactyle
De l’ordre des ptérosaures
De « terribles lézards » — des dinosaures
Adaptés au vol

Je me demande…
Si un ptérodactyle savait taper à la machine, ce serait un ptérodactylographe ?

 

Dragon

 

Je me souviens de Bob Caramel

En apercevant par la fenêtre le champ de maïs aux couleurs de l’automne sous la luminosité du soleil levant, j’ai eu une pensée pour Bob Caramel.

Je me souviens du jour où, alors qu’il ne faisait pas encore partie de la maisonnée et qu’il ne s’appelait pas encore Bob Caramel, je cherchais à l’attraper dans le champ de tournesols séchés, après qu’il s’était échappé du garage dans lequel je le tenais enfermé le temps de soigner un abcès à l’oreille et un problème à l’œil.

Je me souviens combien je m’étais sentie empotée au moment de passer par dessus le grillage pour aller le chercher. Je me souviens qu’il me laissait approcher et déguerpissait dès que je tendais les bras pour l’attraper.

Je me souviens d’avoir eu l’impression que ça l’amusait.

Je me souviens que j’étais partagée entre la peur d’être en retard au travail et la peur de ne pas ramener le chat roux : qu’allait-il advenir de lui s’il disparaissait avant la fin de son traitement ?

Je me souviens que, là, au milieu du champ, je ne me voyais pas du tout l’appeler Robert, même si l’idée m’avait traversé l’esprit parce qu’il me rappelait une histoire d’atelier d’écriture à propos d’un chat roux à l’œil de verre qui portait ce nom.

Je me souviens m’être demandé comment j’allais passer par dessus le grillage en tenant le chat dans les bras… Je me souviens avoir envisagé traverser tout le champ pour rentrer par la route et renoncer parce que ça me prendrait trop de temps. Je me souviens être dans la cour sans savoir comment j’avais réussi cet exploit.

Je me souviens lui avoir mis des gouttes dans l’œil, pris soin de bien fermer la porte du garage et avoir téléphoné à ma collègue pour la prévenir de mon retard. Je me souviens d’être arrivée à treize heures tapantes, des graines de tournesols dans les cheveux.

Je me souviens que je lui donnais du steak à manger le temps que je l’ai gardé enfermé dans le garage pour faire mieux passer la privation de liberté.

Je me souviens de la transformation de son poil le temps de sa convalescence. Je me souviens m’être dit que s’il avait été une femelle je l’aurais appelé Mirabelle. Je n’ai pas du tout pensé à l’époque l’appeler Van Gogh, malgré son pelage roux, son oreille atrophiée, et l’épisode dans le champ de tournesols. Non. Ça a été Bob Caramel.

Je me souviens du jour où j’ai ouvert la porte du garage pour le libérer définitivement : fini le traitement, plus d’antibiotiques, plus de gouttes dans l’œil, il allait à nouveau pouvoir vadrouiller à sa guise. Je me souviens que j’envisageais lui installer une couverture pour l’hiver. Pour moi c’était un chat libre.

Je me souviens avoir hésité à le faire entrer en le voyant attendre derrière la porte-fenêtre de la cuisine, Avril et Beline n’étant pas prêts à l’accepter, et puis décidé de lui donner accès à la cuisine.

Je me souviens l’avoir trouvé endormi sur un fauteuil du salon un jour que la porte avait dû être mal fermée, et, un matin, sur un coin du lit à l’opposé d’où se trouvait Avril. Je me souviens avoir été enchantée du tableau. Je me souviens que la cohabitation entre les matous n’a pourtant pas été commode.

Je me souviens qu’il était souvent malade malgré le fait d’être vacciné. Je ne comprenais pas pourquoi.

Je me souviens qu’il était glouton.

Je me souviens de ses ronronnements.

Je me souviens qu’il venait se coucher près de moi quand il ne sentait pas bien. Je me souviens qu’à chaque fois, j’étais contente de le voir là, mais qu’il me fallait un temps pour comprendre qu’il avait un problème de santé (genre un abcès à son oreille de rugbyman).

Je me souviens comme il était fin l’été et rond l’hiver.

Je me souviens du matin où je l’ai vu marcher bizarrement, perdant l’équilibre. Je me souviens avoir pris rendez-vous à la clinique vétérinaire et avoir dû le laisser en observation pour des examens. Je me souviens du message sur mon portable. Je me souviens des explications claires et pourtant difficiles à entendre. Le SIDA des chats qui n’est pas la leucose comme je le croyais. Je me souviens avoir mis de la musique et dansé en pensant fort à lui dans le salon. Je me souviens de toute la tristesse exprimée.

Je me souviens lui avoir rendu visite tous les jours de la semaine à la clinique vétérinaire. Je me souviens que son état s’améliorait un jour, se détériorait un autre. Je me souviens que le 21 juin les nouvelles étaient bonnes.

Je me souviens l’avoir récupéré pour le week-end avec un rendez-vous de contrôle le mardi suivant.

Je me souviens que le samedi il allait bien.

Je me souviens l’avoir installé dans la cuisine.

Je me souviens que le dimanche il a recommencé à tituber. Je me souviens l’avoir laissé sortir dans la cour ensoleillée alors que la vétérinaire m’avait conseillé de plutôt le garder à la maison. Je le surveillais, de près, dans ses déplacements maladroits. Je me souviens l’avoir gardé un moment ensuite sur les genoux, assise sur le banc de la terrasse.

Je me souviens m’être précipitée après l’avoir entendu hurler pendant la nuit. Je me souviens avoir passé un moment avec lui avant de retourner me coucher.

Je me souviens le chercher le lendemain matin dans la cuisine, en me demandant où il a pu disparaître alors que les portes étaient fermées, et le trouver finalement derrière le frigo.

Je me souviens avoir appelé la clinique vétérinaire et insisté pour obtenir un rendez-vous au plus tôt. Je me souviens du « venez tout de suite alors » .

Je me souviens d’une dame venue apporter des chatons qu’elle avait attrapés dans son garage alors que j’attendais dans le coin salle d’attente. Je me souviens de la réaction de la secrétaire en ouvrant le carton : « on n’euthanasie pas des petits chats qui ont les yeux ouverts ! » Je me souviens qu’elle lui avait aussi expliqué qu’il faudrait pouvoir attraper la mère et la faire stériliser par le biais d’une association. Je me souviens qu’elle me les avait montrés une fois la dame repartie. Ils étaient tout mignons. Je me souviens de la sensation étrange provoquée par la situation : Bob Caramel en fin de vie et ces chatons — à qui il allait falloir maintenant trouver une famille — qui commençaient la leur.

Je me souviens de la vétérinaire me dire en voyant Bob Caramel qu’il souffrait mais résistait malgré tout. Qu’un humain aurait déjà lâché et serait mort. Elle m’a expliqué qu’il fallait maintenant abréger ses souffrances. J’étais là pour ça. Elle est allée chercher de quoi l’endormir définitivement. Je me suis souvenue que quinze ans plus tôt, le vétérinaire d’alors avait piqué Nanette, siamoise de vingt-deux ans, dans le cœur pour l’euthanasier.

La vétérinaire m’a ensuite expliqué pour la crémation et m’a permis de me recueillir dans une salle inoccupée avec Bob Caramel dans les bras. Je ne sais pas combien de temps je suis restée. Je me souviens de la porte qui s’ouvre, de la vétérinaire parlant au téléphone et faisant demi-tour en constatant que je suis encore là : elle me croyait partie.

Je me souviens avoir déposé délicatement Bob Caramel sur la table d’auscultation.

Je me souviens du beau carton dans lequel j’ai récupéré ses cendres. Je me souviens avoir apprécié la délicate attention du cœur à graines à planter. Je me souviens avoir dispersé ses cendres sur les marguerites.

Je me souviens qu’il a partagé dix ans de ma vie.

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Rouge

Rouge, comme « Rouge Passion » , le nom du magasin de fleurs dans lequel je suis entrée pour demander où se situait la boutique de vêtements que je pensais trouver au 45 cours Lafayette, alors qu’entre le 33 et le 61 il y a la rue de Créqui… Ni la cliente à qui je me suis d’abord adressée, ni la fleuriste affairée n’ont su me répondre. Et pour cause, j’avais vite et mal recopié l’adresse, confondu Lafayette et Roosevelt — qui riment presque et se trouvent dans le même secteur de Lyon — mais ça je ne le saurai que le lendemain — c’est-à-dire tout à l’heure.

Rouge, comme la couverture de Ecrits stupéfiants que j’ai demandé à une vendeuse de la FNAC parce que les succulentes critiques du Masque et la Plume m’ont donné très très envie de lire cette anthologie de drogues & littérature d’Homère à Will Self de Cécile Guilbert.

Rouge, comme le poisson du titre d’un traité de Bruno Patino, La Civilisation du poisson rouge, qui m’a interpelé mais que j’ai laissé finalement en rayon pour une prochaine fois : j’ai déjà beaucoup à lire.

Rouge, comme la carte d’anniversaire en volume que j’ai choisie pour envoyer en début de semaine prochaine, en vu d’une arrivée à destination le 10.

Rouge, comme le sac d’une dame qui sort du métro à la station Garibaldi, comme le verni des ongles d’une autre se tenant à une barre dans la rame.

Rouge, comme le ticket de transport en commun à insérer à la sortie du parc relais pour bénéficier du stationnement gratuit.

Rouge, comme le verre de vin qui accompagne mon petit plateau repas en bois — soupe froide de brocoli et riz au lait chocolat — au bar de l’orchestre de la Maison de la Danse. Collation prise avec vue plongeante sur la place où sont garées les voitures, dont la mienne. Cette image agit comme un déclic. Je sens fondre ma résistance à l’obligation nouvelle de se garer en marche arrière faite par mon employeur : dorénavant, quand je me rendrai sur mon lieu de travail, je penserai à la place devant La Maison de la Danse où s’entassent les véhicules les soirs de spectacle.

Rouge, comme les cheveux de la dame assise sur le rang devant moi.

Rouge, comme le carnet où je note ces mots en attendant le début du spectacle.

Rouge comme vitalité.
C’est le mot que j’ai employé ce matin pour dire mes sensations après un massage métamorphique. C’est ce que je ressens à nouveau pleinement ce soir, assise à ma place R7. R7 ? Je cherche un mot de sept lettres commençant par R. Rouge n’en compte que cinq. Récit aussi. Récital ! Ah et Radiant ! Une pensée pour dimanche, à la tenue rouge de la cantatrice, à mon état totalement éteint d’alors. Suis passée à côté. Dommage, tant pis, l’occasion se retrouvera peut-être de vivre Folia. Mais ce soir qu’il m’est bon de me sentir à nouveau pétiller et d’être emportée par la danse, la musique, les deux fondues l’une dans l’autre, les corps instruments, les mouvements partitions. A Love Supreme, quand quatre danseurs interprètent, chacun, un instrument de la musique de John Coltrane.

Rouge, comme l’écran sous mes paupières, avant de m’endormir.

Une journée avec moi

Journée pyjama, au lit, affaiblie par une gastro ou une intoxication alimentaire, je ne sais pas trop ce qui m’a fait rendre mon déjeuner hier après-midi, en plusieurs fois, en plusieurs endroits.

Quelque chose de pas digéré.

Et donc lundi, premier jour de congé, dernier jour de septembre, journée floue sans lunettes. Oublié le programme établi vendredi. Pas de coup de fil, pas de ménage, pas d’ordi, même pas de radio, pas de lecture. Rien. Seulement moi avec moi. Retour aux sources. Retour au corps, ici et maintenant, à l’écoute de ses variations : chaud, froid, frissons. Changer de position.

Affaiblie mais sereine. Sans pensées parasites. Sans imaginer ce que pensent les autres. Sans jugement.

Retour aux sources. Retour au corps. Retour à soi.

Le mot du jour : cabane

Mercredi, jour dit des enfants, j’ai assisté au montage, démontage, puis remontage, redémontage d’une cabane aux abords du rond-point du péage de L’Isle d’Abeau. Ce sont les gendarmes qui sont intervenus une première fois auprès de l’équipe de Gilets Jaunes bâtisseurs, puis ce fut le tour de policiers à la nuit tombée. Echanges cordiaux, vu de loin. « On ne construit pas sur un chemin » a peut-être été le message des premiers. « Il est interdit de construire sur un terrain privé » a pu être l’injonction des seconds. En tous cas, quel triste spectacle que celui du démontage d’une cabane. Pincement au cœur, peine de mon enfant intérieur. Parce qu’il y a effectivement une joie enfantine à voir monter une cabane de palettes et de planches. Ça rappelle l’enfance, qu’on les ait construites dans les bois, ou dans les arbres, ou simplement à la maison en disposant un drap sur plusieurs chaises.

Pour autant, mon Robert Historique ne mentionne pas cet aspect dans sa définition du mot, bien qu’il parle des « emplois spéciaux selon les utilisations de l’objet » . Cabane qui « désigne une petite construction rudimentaire » « est emprunté (1387) au provençal cabana “chaumière, petite maison” (1253), lui-même issu du bas latin capanna. » De cabane à cabine, il n’y a qu’une voyelle qui diffère, et cinq mots les séparent dans mon dictionnaire qui souligne que les deux mots sont étroitement liés par leurs significations, mais pas au niveau étymologique : l’origine de cabine reste obscure. Cela dit, compte tenu du lieu, je me demande si les Gilets Jaunes du rond-point du péage de L’Isle d’Abeau ne pourraient pas bénéficier d’une cabine de péage, certes plus étroite et moins accueillante qu’une cabane… En tous cas, j’imagine très bien une cabine au milieu du rond-point comme vestige d’une époque révolue et pourtant pas si lointaine. Certes, il faut reconnaître qu’elles ne sont pas spécialement esthétiques les cabines de péage…

Bref, trêve de bavardage, revenons-en à la cabane et son univers.

Qu’il s’agisse de celle du pêcheur de Francis Cabrel (1994),

« Viens faire toi-même le mélange des couleurs
Sur les murs de la cabane du pêcheur »

celle au Canada de Line Renaud (1947)

« Ma cabane au Canada
Est blottie au fond des bois
On y voit des écureuils
Sur le seuil
Si la porte n’a pas de clé
C’est qu’il n’y a rien à voler
Sous le toit de ma cabane au Canada »

comme celle en bois de Sophie Forte (2005)

« J’ai une cabane en bois
Au fond du jardin
Elle est tout de guingois
Elle n’a l’air de rien
C’est mon royaume à moi
Quand j’ai un chagrin
Là-bas je suis le roi
Plus rien ne m’atteint. »

une cabane a valeur de refuge. C’est le royaume imaginaire hérité de l’enfance ouvert à tous les possibles à conserver précieusement et convoquer pour se ressourcer. C’est un espace où s’exprime la liberté d’être à cultiver.

 

Il y a journal et journal

C’est la rentrée. Fini le journal d’été. Le premier juillet, j’écrivais « la forme s’affinera au fil des billets » . Elle s’est tellement affinée que le nombre de billets a fondu en août : cinq contre quinze. C’est le fond qui a manqué. Et le temps qui a filé.

Non, parce que là, franchement, je me demande comment c’est possible qu’on soit déjà en septembre ! Je n’ai pas vu passer le mois d’août alors que le mois de juillet m’a paru interminable. L’un dans l’autre, ça fait une bonne moyenne finalement. Disons que ça fait un équilibre entre les deux… Mouais. Si on veut. Bref, passons.

En cours d’été je me suis interrogé à propos du contenu d’un journal parce que si, à la base, j’imaginais des articles sur des sujets divers et variés, dans le genre exercice journalistique, mes chroniques ont, pour la plupart, en général aussi bien que sur ces deux mois en particulier, plus à voir avec un journal intime, du moins, journal de bord personnel. Si je m’imaginais plus reporter que diariste, il s’avère que je suis principalement investigatrice sur moi-même. Certes, je ne renie pas mon aptitude, ni l’intérêt qu’il peut y avoir à l’introspection, cela étant, je serais curieuse d’explorer aussi alentour, de lever, de temps en temps, le nez et d’ouvrir mon champ de vision, de découvrir — et couvrir — ce qu’il y a au-delà de ma personne. Bon, ouvrir, élargir le champ de vision, ne sont peut-être pas les expressions les mieux adaptées pour une myope. Il s’agirait plus exactement de porter le regard, pointer la loupe, sur un objet extérieur. Et pour ce faire sortir de mon gîte, antenne déployée, réceptive à ce qui m’entoure. Affaire à suivre…

Peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste

Sur le trottoir, à quelques pas d’un bâtiment  — la cure actuelle — où passa quelques jours Stendhal enfant, une plume.

Blanche.

J’ai plus l’habitude de tomber sur des grises, voire, parfois, des noires. Je me baisse pour la ramasser tout en constatant qu’elle est quelque peu défraichie… Du coup, j’hésite dans ma tête, mais la couleur l’emporte sur l’état, je saisis la plume et la fais tourner entre mes doigts. Arrivée sur le petit parking où est garée ma voiture, je décide finalement de la laisser là : non, parce que, je ne vais pas rapporter toutes les plumes que je croise sur mon chemin ! Je n’ai pas l’intention d’en faire collection. Je ne suis pas obligée de conserver tous les clins d’œil de la vie. J’accueille ceux que je perçois, mon visage s’illumine d’un sourire, je remercie, et puis voilà !

Et puis voilà que je me retrouve bloquée sur la route du retour par une cérémonie de commémoration. Il y en a pour une demi-heure me dit le gendarme qui m’informe de la situation. J’ai deux options : patienter ou passer par Saint Franc dont je connais l’existence uniquement pour avoir vu le nom marqué sur des panneaux de signalisation. Je manœuvre pour faire demi-tour et puis j’hésite. Un autre gendarme s’approche, je lui demande des indications sur la route de Saint Franc, il me dit de brancher le GPS, comme la dame dans une voiture noire à proximité qui est en train de programmer le sien. Comme si j’en avais un… Par contre j’ai une carte de Rhône-Alpes dans la boite à gants, au cas où je m’égare, le trajet pour Entre-Deux-Guiers étant encore frais pour moi, même si je n’ai plus besoin de consulter l’itinéraire en chemin. Le temps de sortir et déplier la carte routière, la voiture noire est partie. Je lâche la carte et tente de la suivre. Mais elle a disparu et me voilà bientôt à deux pas des drapeaux et d’une Marseillaise. J’ai presque envie de rester garée là et d’aller voir la cérémonie de plus près. Et puis non, je me ravise. Demi-tour, je suis le panneau de Saint Franc et entame la montée de la départementale 39.

Le paysage est magnifique quand on prend de la hauteur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo. Je l’emmènerai la prochaine fois que je viens. Dans quinze jours, à moins que je décide de revenir exprès. Je monte, je monte et oh ! Je n’en crois pas mes yeux, sur un petit panneau qui me fait penser à celui d’un lieu-dit, mon nom ! Non ! Si ! J’en suis toute retournée. Je continue ma route, arrive à un croisement : Saint Béron sur la gauche, Saint Franc à droite, je continue de monter la départementale 39, mais bientôt un doute m’assaille : jusqu’où je vais monter comme ça ?

Croisement suivant, un panneau indique Attignat-Oncin. Ce nom ne m’est pas inconnu, je continue par là. La route redescend, mais pas dans la direction qui devrait être la mienne me semble-t-il. La vue est toujours magnifique et j’entends les cloches des vaches dans les prés. Je m’arrête un instant pour consulter ma carte routière afin de situer exactement Attignat-Oncin. C’est à côté du lac d’Aiguebelette, pas vraiment en direction de chez moi. Certes, je connais le lac d’Aiguebelette, mais ça va me faire un sacré détour… Nouveau croisement, plutôt que de poursuivre vers le lac, je reviens sur les Echelles où m’attend une plume blanche. Mais un panneau annonçant Saint Franc me fait bifurquer une nouvelle fois à droite, non sans provoquer des coups de klaxons. J’ai pourtant mis le clignotant ! Quoi ? Pas assez tôt ?

Je monte à nouveau, j’ai récupéré la départementale 39. C’est parti pour un deuxième tour, mais cette fois je suis décidée à monter jusqu’au village de Saint Franc, et puis non, je sors de la boucle, je tourne à gauche pour descendre sur Saint Béron. Je me demande depuis combien de temps je tourne… Je croise plusieurs voitures, et même beaucoup, sur la route étroite. Il faut serrer sur les bords, je n’aime pas ça. Attention les fossés. Je ne me sens pas tranquille du tout, mais je suis sur la bonne voie : je rejoins la route de Lyon. Enfin !

Ça fait la queue en direction des Echelles et ça s’anime en direction de Pont de Beauvoisin. Les gendarmes libèrent la circulation, la cérémonie doit être terminée. J’aurais suivi la route de Saint Béron au premier passage, je ne me serais pas retrouvée bloquée derrière trois véhicules au stop en bas de la côte…  J’ai faim et soif, j’ai hâte de rentrer, mais il y a Jacques Jouet à la radio qui évoque un « projet planétaire » consistant à envoyer un poème à chaque être humain de la Terre et explique comment créer un  poème de métro. J’aime !

La joie l’emporte sur la fatigue.

Je me répète cette phrase entendue une semaine auparavant : « peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste » et me vient cette signification : ce qui compte c’est ce que tu en fais, comment tu va transcrire chaque expérience en mots.

Journée internationale des chats

Depuis 2002, le 8 août est la journée internationale des chats. Je l’ai appris par Wikipedia suite à l’annonce faite par From Joy to Animal, Nature, Earth sur Facebook il y a un peu plus d’une semaine. Cette journée a été créée à l’initiative de l’IFAW, Fonds mondial pour la protection des animaux. C’est l’occasion de célébrer nos fauves domestiques et ronronneurs en partageant

Un poème :

Le chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême

Un tableau :

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Chat sur un fauteuil Théophile Alexander Steinlen

Un roman poétique, sensible et délicat, Le chat qui venait du ciel de Takashi Hiraide (traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu)

LeChatQuiVenaitDuCiel

Une chanson :

Et une citation :

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HORIZONTAL

Sous le soleil de plomb d’un mois de juillet CANICULAIRE
Le temps est à la farniente plus qu’à l’AMUSEMENT
Siroter une anisette, savourer une pizza NAPOLITAINE
Au frais, à l’ombre. S’économiser. Eviter tout risque d’ITT
Rêve de plage. respirer l’air marin pour dégager les SINUS
Apprendre qu’il y a plus de protéines dans le SEITAN
Que dans le tofu, et faire remarquer, grain de SEL
Qu’il est fait de gluten. Demander : qu’en penses-tu LUAN ?
Que j’en goutterais bien une tranche. Ante meridiem ou après-midi : AM
Que sans O devant et sans ET à la fin l’ourlet devient URL
Et que la culture, moins on en a, plus on en fait ETALAGE
Comme la confiture… Que faire le paon avec une queue de PIE
C’est une chouette image. Non ? Encore un mot, un ULTIME
A Tom… Désolé pour le jeu de mollet ! Ça fait partie des US
Et coutumes de ma contrée. Celle où, toujours, on s’ECRIERA
Comme on s’écriait : profitons avant l’arrivée du SMUR !
Le voilà ! Chut ! Silence. Camouflez votre grain de folie EN
vous. Ne vous faites pas repérer, tels des chevaliers d’EON
Sages et discrets. Donnez le change. Mais sens en EVEIL
Préparez votre propre réponse à la question à venir : qui tu ES ?

VERTICAL

Je sais montrer les crocs et hurler comme CANIS LUPUS
Sérieux, solitaire et sauvage, je ne fais pas dans l’AMATEURISME
Je ne me laisse pas avoir par l’oie blanche dans sa tenue NUPTIALE
Comme elle manque de couleurs, je lui conseille quelques séances d’UV
En lui certifiant qu’il n’y a aucun risque avec les nouvelles normes ISO
Drôle d’histoire. Et c’est à quel moment qu’intervient le TN ?
Le triton neptunien ?  Pas avant le changement d’ERE
Introduit par un nouvel air sous l’impulsion de la baguette de CELIA
La cheffe d’orchestre de l’Unique Manivelle Instrumentale, l’UMI
Un véritable laboratoire de recherche en son NATUREL
De la musique rafraichissante, qui invite à la danse, LET’S
Dance ! Pieds nus, en toute simplicité, sans faire le MALIN
Je me demande ce qu’est devenue ANAÏS
Depuis que je l’ai côtoyée au Local Technique Estival, le fameux LTE
Il y a deux ans déjà… On a suivi des ITINÉRAIRES
Différents. Chacun sa route, chacune son chemin, sans NUL
Doute. On se rencontre, on se perd de vue. Pas besoin de GMAO
Pour le savoir. C’est la vie. Toutes ces années que tu as EUES
A quoi les as-tu passées ? Ça te laisse bouche BÉE
Ce qu’il reste, à la fin, de toi, de moi ? Soi à NU.