Il y a journal et journal

C’est la rentrée. Fini le journal d’été. Le premier juillet, j’écrivais « la forme s’affinera au fil des billets » . Elle s’est tellement affinée que le nombre de billets a fondu en août : cinq contre quinze. C’est le fond qui a manqué. Et le temps qui a filé.

Non, parce que là, franchement, je me demande comment c’est possible qu’on soit déjà en septembre ! Je n’ai pas vu passer le mois d’août alors que le mois de juillet m’a paru interminable. L’un dans l’autre, ça fait une bonne moyenne finalement. Disons que ça fait un équilibre entre les deux… Mouais. Si on veut. Bref, passons.

En cours d’été je me suis interrogé à propos du contenu d’un journal parce que si, à la base, j’imaginais des articles sur des sujets divers et variés, dans le genre exercice journalistique, mes chroniques ont, pour la plupart, en général aussi bien que sur ces deux mois en particulier, plus à voir avec un journal intime, du moins, journal de bord personnel. Si je m’imaginais plus reporter que diariste, il s’avère que je suis principalement investigatrice sur moi-même. Certes, je ne renie pas mon aptitude, ni l’intérêt qu’il peut y avoir à l’introspection, cela étant, je serais curieuse d’explorer aussi alentour, de lever, de temps en temps, le nez et d’ouvrir mon champ de vision, de découvrir — et couvrir — ce qu’il y a au-delà de ma personne. Bon, ouvrir, élargir le champ de vision, ne sont peut-être pas les expressions les mieux adaptées pour une myope. Il s’agirait plus exactement de porter le regard, pointer la loupe, sur un objet extérieur. Et pour ce faire sortir de mon gîte, antenne déployée, réceptive à ce qui m’entoure. Affaire à suivre…

Peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste

Sur le trottoir, à quelques pas d’un bâtiment  — la cure actuelle — où passa quelques jours Stendhal enfant, une plume.

Blanche.

J’ai plus l’habitude de tomber sur des grises, voire, parfois, des noires. Je me baisse pour la ramasser tout en constatant qu’elle est quelque peu défraichie… Du coup, j’hésite dans ma tête, mais la couleur l’emporte sur l’état, je saisis la plume et la fais tourner entre mes doigts. Arrivée sur le petit parking où est garée ma voiture, je décide finalement de la laisser là : non, parce que, je ne vais pas rapporter toutes les plumes que je croise sur mon chemin ! Je n’ai pas l’intention d’en faire collection. Je ne suis pas obligée de conserver tous les clins d’œil de la vie. J’accueille ceux que je perçois, mon visage s’illumine d’un sourire, je remercie, et puis voilà !

Et puis voilà que je me retrouve bloquée sur la route du retour par une cérémonie de commémoration. Il y en a pour une demi-heure me dit le gendarme qui m’informe de la situation. J’ai deux options : patienter ou passer par Saint Franc dont je connais l’existence uniquement pour avoir vu le nom marqué sur des panneaux de signalisation. Je manœuvre pour faire demi-tour et puis j’hésite. Un autre gendarme s’approche, je lui demande des indications sur la route de Saint Franc, il me dit de brancher le GPS, comme la dame dans une voiture noire à proximité qui est en train de programmer le sien. Comme si j’en avais un… Par contre j’ai une carte de Rhône-Alpes dans la boite à gants, au cas où je m’égare, le trajet pour Entre-Deux-Guiers étant encore frais pour moi, même si je n’ai plus besoin de consulter l’itinéraire en chemin. Le temps de sortir et déplier la carte routière, la voiture noire est partie. Je lâche la carte et tente de la suivre. Mais elle a disparu et me voilà bientôt à deux pas des drapeaux et d’une Marseillaise. J’ai presque envie de rester garée là et d’aller voir la cérémonie de plus près. Et puis non, je me ravise. Demi-tour, je suis le panneau de Saint Franc et entame la montée de la départementale 39.

Le paysage est magnifique quand on prend de la hauteur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo. Je l’emmènerai la prochaine fois que je viens. Dans quinze jours, à moins que je décide de revenir exprès. Je monte, je monte et oh ! Je n’en crois pas mes yeux, sur un petit panneau qui me fait penser à celui d’un lieu-dit, mon nom ! Non ! Si ! J’en suis toute retournée. Je continue ma route, arrive à un croisement : Saint Béron sur la gauche, Saint Franc à droite, je continue de monter la départementale 39, mais bientôt un doute m’assaille : jusqu’où je vais monter comme ça ?

Croisement suivant, un panneau indique Attignat-Oncin. Ce nom ne m’est pas inconnu, je continue par là. La route redescend, mais pas dans la direction qui devrait être la mienne me semble-t-il. La vue est toujours magnifique et j’entends les cloches des vaches dans les prés. Je m’arrête un instant pour consulter ma carte routière afin de situer exactement Attignat-Oncin. C’est à côté du lac d’Aiguebelette, pas vraiment en direction de chez moi. Certes, je connais le lac d’Aiguebelette, mais ça va me faire un sacré détour… Nouveau croisement, plutôt que de poursuivre vers le lac, je reviens sur les Echelles où m’attend une plume blanche. Mais un panneau annonçant Saint Franc me fait bifurquer une nouvelle fois à droite, non sans provoquer des coups de klaxons. J’ai pourtant mis le clignotant ! Quoi ? Pas assez tôt ?

Je monte à nouveau, j’ai récupéré la départementale 39. C’est parti pour un deuxième tour, mais cette fois je suis décidée à monter jusqu’au village de Saint Franc, et puis non, je sors de la boucle, je tourne à gauche pour descendre sur Saint Béron. Je me demande depuis combien de temps je tourne… Je croise plusieurs voitures, et même beaucoup, sur la route étroite. Il faut serrer sur les bords, je n’aime pas ça. Attention les fossés. Je ne me sens pas tranquille du tout, mais je suis sur la bonne voie : je rejoins la route de Lyon. Enfin !

Ça fait la queue en direction des Echelles et ça s’anime en direction de Pont de Beauvoisin. Les gendarmes libèrent la circulation, la cérémonie doit être terminée. J’aurais suivi la route de Saint Béron au premier passage, je ne me serais pas retrouvée bloquée derrière trois véhicules au stop en bas de la côte…  J’ai faim et soif, j’ai hâte de rentrer, mais il y a Jacques Jouet à la radio qui évoque un « projet planétaire » consistant à envoyer un poème à chaque être humain de la Terre et explique comment créer un  poème de métro. J’aime !

La joie l’emporte sur la fatigue.

Je me répète cette phrase entendue une semaine auparavant : « peu importe ce que tu choisis, ce sera toujours juste » et me vient cette signification : ce qui compte c’est ce que tu en fais, comment tu va transcrire chaque expérience en mots.

Journée internationale des chats

Depuis 2002, le 8 août est la journée internationale des chats. Je l’ai appris par Wikipedia suite à l’annonce faite par From Joy to Animal, Nature, Earth sur Facebook il y a un peu plus d’une semaine. Cette journée a été créée à l’initiative de l’IFAW, Fonds mondial pour la protection des animaux. C’est l’occasion de célébrer nos fauves domestiques et ronronneurs en partageant

Un poème :

Le chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême

Un tableau :

Theophile _Alexandre_Steinlen_Chat_sur_un_fauteuil
Chat sur un fauteuil Théophile Alexander Steinlen

Un roman poétique, sensible et délicat, Le chat qui venait du ciel de Takashi Hiraide (traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu)

LeChatQuiVenaitDuCiel

Une chanson :

Et une citation :

citation-jean-cocteau-081269

2X20

HORIZONTAL

Sous le soleil de plomb d’un mois de juillet CANICULAIRE
Le temps est à la farniente plus qu’à l’AMUSEMENT
Siroter une anisette, savourer une pizza NAPOLITAINE
Au frais, à l’ombre. S’économiser. Eviter tout risque d’ITT
Rêve de plage. respirer l’air marin pour dégager les SINUS
Apprendre qu’il y a plus de protéines dans le SEITAN
Que dans le tofu, et faire remarquer, grain de SEL
Qu’il est fait de gluten. Demander : qu’en penses-tu LUAN ?
Que j’en goutterais bien une tranche. Ante meridiem ou après-midi : AM
Que sans O devant et sans ET à la fin l’ourlet devient URL
Et que la culture, moins on en a, plus on en fait ETALAGE
Comme la confiture… Que faire le paon avec une queue de PIE
C’est une chouette image. Non ? Encore un mot, un ULTIME
A Tom… Désolé pour le jeu de mollet ! Ça fait partie des US
Et coutumes de ma contrée. Celle où, toujours, on s’ECRIERA
Comme on s’écriait : profitons avant l’arrivée du SMUR !
Le voilà ! Chut ! Silence. Camouflez votre grain de folie EN
vous. Ne vous faites pas repérer, tels des chevaliers d’EON
Sages et discrets. Donnez le change. Mais sens en EVEIL
Préparez votre propre réponse à la question à venir : qui tu ES ?

VERTICAL

Je sais montrer les crocs et hurler comme CANIS LUPUS
Sérieux, solitaire et sauvage, je ne fais pas dans l’AMATEURISME
Je ne me laisse pas avoir par l’oie blanche dans sa tenue NUPTIALE
Comme elle manque de couleurs, je lui conseille quelques séances d’UV
En lui certifiant qu’il n’y a aucun risque avec les nouvelles normes ISO
Drôle d’histoire. Et c’est à quel moment qu’intervient le TN ?
Le triton neptunien ?  Pas avant le changement d’ERE
Introduit par un nouvel air sous l’impulsion de la baguette de CELIA
La cheffe d’orchestre de l’Unique Manivelle Instrumentale, l’UMI
Un véritable laboratoire de recherche en son NATUREL
De la musique rafraichissante, qui invite à la danse, LET’S
Dance ! Pieds nus, en toute simplicité, sans faire le MALIN
Je me demande ce qu’est devenue ANAÏS
Depuis que je l’ai côtoyée au Local Technique Estival, le fameux LTE
Il y a deux ans déjà… On a suivi des ITINÉRAIRES
Différents. Chacun sa route, chacune son chemin, sans NUL
Doute. On se rencontre, on se perd de vue. Pas besoin de GMAO
Pour le savoir. C’est la vie. Toutes ces années que tu as EUES
A quoi les as-tu passées ? Ça te laisse bouche BÉE
Ce qu’il reste, à la fin, de toi, de moi ? Soi à NU.

11X11

Nouvelle grille.

11X11

HORIZONTAL
1- Torride (pour la chaleur).
2- Divertissement.
3- De Naples.
4- Incapacité de travail. Leur inflammation donne mal à la tête.
5- Aliment à base de protéines de blé. Chlorure de sodium.
6- Prénom masculin. Avant midi.
7- Adresse web. Exposition outrancière.
8- Voleuse qui chante. Tout dernier.
9- Associés aux coutumes. (S’)exprimera fort.
10- Service hospitalier d’urgence. Dans. Chevalier espionne (sans sa particule).
11- Sortie du sommeil. Existes.

VERTICAL
I- Loup latin.
II- Pas pro.
III- Relative aux noces. Ultra-violets.
IV- Norme. Unité de mesure de force. Longue période.
V- Prénom féminin.
VI- Unité der recherche mixte et internationale. Il revient au galop.
VII- Balles à remettre. Comme un singe.
VIII- Son grand tube : « Mon cœur, mon amour » . 4G.
IX- Chemins à suivre pour rejoindre une destination.
X- Qualifie un match dont le score est à égalité. Maintenance assistée informatiquement.
XI- Attrapées. Ouverte. Comme un ver.

Mots décroisés

En gras, les mots de la grille du 13 juillet dernier.

HORIZONTAL

Au volant de ton CAMPING CAR, sifflotant l’Hymne à l’AMOUR, te voilà parti pour l’aventure des vacances. Traverser ARLES te REND rêveur. Tu te souviens de la fille d’UZÈS sur une toile TISSÉE : ses yeux brillants, son franc sourire, sa magnifique chevelure d’OR… Et soudain, tu crois la reconnaître sur une pancarte publicitaire pour une solution AQUEUSE. Mais non. Bien sûr que non, ce n’est pas elle. Tu souris de ta méprise.

Arrive à tes narines comme un parfum d’ALGUE. Tu as hâte de rejoindre la Méditerranée ! Coup d’œil à l’horloge du tableau de bord : tu seras arrivé à quinze heures. Tu te demandes quel MOT désigne cette heure dans la Rome antique… NONE ! Tu le tiens de ta petite fille qui t’avait soumis cette énigme : « neuvième heure romaine et rien en anglais » .

Tu respires à pleins poumons. Tu te sens REPOSÉ, c’est l’ÉTÉ ! Plus de Monsieur le proviseur. tu redeviens MESSIRE Mézigue pour ta tendre petite fille.

VERTICAL

Sur l’autoroute des vacances, tractant la CARAVANE que tu partages avec des amis, tu te sens l’ÂME légère. Tu te demandes si le camping car qui affiche 46 — le LOT — dans son petit carré bleu de plaque d’immatriculation et que tu suis depuis une bonne demi-heure descend lui aussi au festival de musiques folk… Tu refais la liste de la MONTAGNE de choses que tu transportes. Tu espères n’avoir rien oublié : les copains comptent sur toi.

Réciter dans ta tête produit un effet soporifique. Tu sens le besoin de faire une halte et tu décides de t’arrêter boire un café à la prochaine aire de services annoncée à deux mille mètres. Fin de la PUDIQUE aventure amorcée avec le camping car. Tu fixes une dernière fois sa plaque d’immatriculation et remarques que les deux lettres qui entourent les chiffres se répètent : IR. Facile de s’en souvenir ! Par contre les chiffres… Tu t’es à peine engagée sur la voie d’accès de l’aire de services que tu les as déjà oubliés.

Tu t’offres un expresso à la boutique plutôt qu’à la machine. Tu envoies un texto à Camille pour lui indiquer ta position. A deux tables de toi, un vieux monsieur écrit laborieusement. Il a le front plissé et des gouttes perlent entre ses rides, alors que la température de la salle climatisée n’excède pas vingt-deux degrés : il SUE d’effort. Soudain, il relève la tête, te fixe de ses yeux perçants et te demande dans un souffle : « Un instrument de musique finissant par USE ? » La réponse jaillit de ta bouche : « cornemuse ! » Il hoche la tête, puis l’air satisfait, replonge dans ses mots croisés.

Te revient un air fameux sur un bourdon de . Tu souris aux anges.

Du brouhaha te ramène à ta place. A la caisse, une vieille dame hésite entre plusieurs eaux GAZEUSES. On commence à s’impatienter derrière elle. Tu dégustes ta dernière gorgée de café avant de t’éclipser.

Tu retournes à ta voiture, en prenant le temps d’observer les espaces verts CRÉÉS et aménagés par la société d’autoroute. Deux jeunes gens sont en train de pique-niquer à proximité tout en débattant fiévreusement. L’un d’eux t’interpelle :

« — Madame, s’il vous plait, sans réfléchir, à quoi pensez-vous si je vous dis PS ? »

« — Euh… Une lettre. Post-scriptum. »

Et le jeune homme de s’adresser à son comparse avec une mine de vainqueur :

« — Tu vois bien que le Parti Socialiste ne représente plus rien aujourd’hui. »

Et l’autre de réagir :

« — Attends, tu exagères. Ta démonstration n’en est pas une. Un sigle peut avoir plusieurs significations, et on va l’identifier suivant le contexte. Si je te parle de PC dans une discours politique de gauche, tu va plus vraisemblablement penser au Parti Communiste qu’à ton ordinateur. Autre exemple, ALS, dans la boite ça veut dire avec le sourire alors que pour la plupart des gens il s’agit d’une aide au logement. »

« — Justement, comme tu le dis si bien pour la plupart des gens. Pour qui PS renvoie à Parti Socialiste de nos jours ? Pas grand monde… Le PS est mort, je te dis. »

Tu laisses les deux orateurs à leur discussion enflammée et reprends la route.

Tu allumes la radio et là, ÉMOI en entendant la voix de Piaf, l’Hymne à l’amour, ah ! Tu repenses à ton séjour à l’Ile de et tu te demandes si on y croise encore beaucoup de socialistes… Puis tu te demandes si tu te serais posée cette question sans le débat des deux jeunes gens.

Un utilitaire te double. Il a trois lettres peintes en noir sur la carrosserie : OSR. Tu n’as pas le temps d’identifier de quelle entreprise il s’agit mais tu t’amuses à imaginer des significations :

Organisation Sans Réseau
Objet Sur Route
Orientation Sans Risque
Oscar Sur Répondeur
Opération Service Rendu
Orange Sanguine Rusée…

Une petite musique t’informe de la réception d’un texto alors que tu atteins ta sortie d’autoroute. Tu te gares sur le parking attenant au péage et ouvres ton téléphone. Fred t’as envoyé la photo d’un verre de cocktail avec en commentaire : première boisson SIROTÉE en t’attendant. Tu réponds : On Se Retient de boire avant que je sois là ! Mais commandez m’en un, j’arrive !

Tu regardes l’horloge du tableau de bord : tu seras à destination à midi.

Par un samedi d’été de repos

Ce matin, je me suis demandé si je passais au magasin de chaussures de La Tour du Pin ou à celui de Bourgoin (en haut de la rue piétonne) pour me trouver une paire de chaussures fermées parce qu’on n’a pas droit aux nus-pieds au boulot et que mes deux paires de ballerines, l’une noire, l’autre rouge, commencent à être bien usées. J’ai aussi une paire de ballerines noires et neuves, mais avec leur bout verni, je ne me vois pas les mettre pour aller travailler.

En partant en tout début d’après-midi, j’aurais pu faire les deux magasins avant l’heure de la séance de cinéma, seulement, je savais que je ne saurais pas partir d’assez bonne heure. J’ai préféré m’aider des chaises pour choisir dans lequel des deux me rendre. J’ai posé la question à voix haute en fixant Bourgoin sur la chaise côté sud et La Tour sur la chaise côté nord et j’ai laissé mes pas me guider vers le pôle le plus attractif. Chaise au sud. Sûr ? Oui. Ok, je me rendrai directement Au Soulier D’or. Et là, je me dis que rien que le nom de la boutique me fait rêver en fait. Beaucoup plus que Nany chaussures.

Je prévoyais donc de partir à deux heures et quart. Seulement, au moment où je mettais à cuire, pour quarante minutes, ce qui devait constituer mon repas — fenouil, tomates et pommes de terre —, j’ai réalisé que ça allait faire juste : il était déjà treize heures treize. Comme je n’avais pas très faim, après mon petit-déjeuner de dix heures, je me suis contentée de crudités, de fromage et d’un choco en guise de dessert. Je suis finalement partie à deux heures et demie passées en me disant que j’aviserais une fois à Bourgoin : si je n’avais pas le temps de passer au magasin de chaussures avant le cinéma, j’irai après.

Je me suis garée, à l’ombre, à trois heures moins cinq, j’ai entré l’immatriculation de ma voiture dans le parcmètre pour bénéficier de la demi-heure gratuite et j’ai remonté la rue. Il n’y avait personne dans la boutique. En à peine un quart d’heure j’avais trouvé mon bonheur : une paire de ballerines grises et blanches à fleurs. J’ai regagné ma voiture avec entrain et suis arrivée en avance au cinéma. Il n’y avait pas grand monde pour les séances de milieu d’après-midi. Pas de queue à la caisse. J’ai pris mon billet numéroté G9  et ai attendu que soit donné l’accès aux salles. Quand la dame de ménage a annoncé que la salle 9 était disponible, j’y suis entrée. Constatant qu’il y avait du popcorn sur les sièges de la rangée G, je me suis installée en F. Deux jeunes femmes sont entrées à leur tour. Elles se sont assises sur la même rangée que moi, puis ont décidé, à l’entracte, de se déplacer en G — côté sans popcorn, j’imagine.

wildroseposterEt donc nous étions trois pour regarder Wild Rose, un très chouette film sur une chanteuse de country de Glasgow. C’est puissant la musique chantée avec les tripes. C’est émouvant la musique chantée avec le cœur. Nous avons été au moins deux à sortir un mouchoir. J’ai presque eu envie d’aller acheter la Bande Originale du film en sortant du cinéma. Et puis non, je suis rentrée. J’irai un autre jour, avec mes ballerines fleuries, m’offrir l’album de la chanteuses aux santiags blanches.

Mots croisés

Dans un journal d’été ou pas d’ailleurs, il y a une page mots croisés. Comme c’est le week-end, je m’y suis essayée. Je me demande si ce n’est pas plus facile de créer une grille de mots croisés que de trouver les solutions d’une grille existante…

GrilleMotsCroisés

HORIZONTAL
1- Voiture pour camper.
2- De vacances ou inconditionnel. On y célèbre les rencontres de la photo.
3- Donne un prêté. Commune du Gard.
4- Tramée. Métal précieux.
5- À l’eau.
6- Herbe marine. En un comme en cent.
7- Neuvième heure. Après la sieste.
8- Saison. Dénomination honorifique.

VERTICAL
I- Maison de vacances sur roues.
II- Anime une vie voire plusieurs. Cahors en est la préfecture.
III- Belle pour Ferrat.
IV- Réservé.
V- Infinitif du deuxième groupe. Transpire.
VI- Utilise. Note.
VII- Boissons à bulles.
VIII- Inventés. En fin de lettre.
IX- Aide au logement. Émotion vive.
X- Île. Syndicat représentatif.
XI- Dégustée.

 

Thèse, antithèse, synthèse et la lune

Mercredi, je faisais l’éloge du repos au mois de juillet pour la plus grande joie de ma part bienheureuse « profitons du présent, il n’y a que ça de vrai » . Jeudi, je me faisais rattraper par le caractère ronchon et plein de scrupules de mon mental et je me lamentais sur mon manque d’énergie. Alors, après coup, je me suis dit que ça faisait thèse, antithèse et qu’il ne me restait plus qu’à faire la synthèse. Ah ! Je trouvais l’idée lumineuse et contentais plusieurs de mes parts : ma part bienheureuse enthousiasmée, comme toujours, par une nouvelle idée ; ma part intello satisfaite de l’exercice ; ma part en quête d’équilibre et de justesse, dans de bonnes dispositions aussi.

Sauf qu’à l’heure de m’y mettre, après mes huit heures de poste, je n’en ai plus la motivation. Eh oui, ce n’est pas de tout repos de tenir un journal, et là, je manque d’énergie si j’ose dire… En tous cas, je n’ai plus l’élan. J’aspire au repos. Bref, je ne me vois pas épiloguer sur les contradictions entre mes deux dernières chroniques. Je préfère observer la lune briller de plus en plus dans la nuit tombant.

Donc, restons simple. En résumé, vive le repos, mais… Mais il y a quelque chose qui résiste au repos total en moi. Je dirais que c’est mon mental qui résiste à l’abandon, incapable qu’il est de chanter : « Non, rien de rien, non, je ne fais rien » . C’est son côté fourmi…

Arrivée là, je suis embêtée parce que le titre « Thèse, antithèse, synthèse » que j’avais, pour une fois, avant d’avoir écrit quoi que ce soit, tombe à l’eau. Ce n’est pas grave, un peu dommage parce que je l’aimais bien, et puis il faut maintenant que j’en trouve un autre. A quoi ça sert de le préciser puisque cette chronique sera publiée avec un titre, trouvé donc (sans y avoir passé la nuit…) ? Ça sert à mêler les temporalités. J’aime bien. Mais après je n’ai pas à m’étonner de ne pas savoir être à l’heure : c’est parce que je n’ai pas une conception linéaire du temps.

Mots codés pour cerveau emberlificoté

Que faire pour ne pas sombrer quand le réseau ronronne et qu’on se sent sans énergie ? Comment maintenir un semblant d’activité cérébrale sur son lieu de travail aux heures creuses ? En remplissant des grilles de « mots codés flash » d’un magazine télé (supplément du journal régional dominical) laissé en cuisine. C’est le seul type de grilles que je me sens capable de remplir.

Les mots croisés, c’est trop compliqué, je n’essaie même pas : trop tordues les définitions. La tête fraîche je trouve péniblement deux ou trois mots, alors avec le cerveau qui a la consistance d’un fromage blanc, non, ça ne va pas le faire. Cela dit, je suis fascinée par la persévérance de Tatiraine qui arrive à bout de toutes les grilles, ou presque, qui lui tombent sous la main. Inspirée après l’avoir vu faire, je tente de relever, parfois, le défi, mais je dois avouer que j’abandonne assez rapidement. Ou alors, je m’aide des solutions parues dans le numéro suivant, mais ce n’est pas vraiment le jeu.

Bref, cet après-midi, je passe directement aux mots codés flash, sans définitions, juste un mot dans une grille aux cases chiffrées. Chaque chiffre correspondant à une lettre, il suffit de reporter les lettres et de reconstituer les mots. Voilà, ça c’est de mon niveau !

Mais bon, je me demande d’où me vient mon manque d’énergie alors que je ne suis pas franchement active et que je ne l’ai pas été non plus ces derniers jours… Et puis je n’aime pas être comme ça, je suis énervée par cet état, je ne supporte rien, surtout pas les chiens du voisinage qui aboient. C’est désagréable et somme toute, assez paradoxal de se sentir à la fois ramollie et énervée. C’est très différent de la colère moteur. Je sais bien que ce serait moins désagréable si j’acceptais mon état, mais je n’en ai pas envie. Je sais bien que c’est l’été, le temps de se poser, se reposer, et se recharger du coup. Je me demande ce qui résiste, malgré tout, malgré moi…
Je crois que j’ai envie de profiter des longues journées et de la fraîcheur du soir et que je me dis qu’il sera bien temps de dormir cet hiver.