Douche cérébrale (92)

1e septembre

Ah, le mois d’août est terminé. Ça y est, on est en septembre. Oui, et alors ? Ben, septembre, l’automne, direction l’hiver. Ouaich, mais bon, pourquoi regarder si loin ? Aujourd’hui, c’est le lendemain d’hier et la veille de demain. Et moi je dors encore ce matin. J’ai voulu avancer le rendez-vous de l’épilation pour pouvoir profiter encore de mes robes et le réveil à sept heures moins le quart est difficile. J’aurais bien dormi encore un peu. Là, je dors au-dessus de ma page, Yogeeti assis sur une chaise à côté de moi. Je dors… C’est embêtant… Si je ne réussis pas à me réveiller, je retournerai me coucher après l’épilation. Je suis de repos aujourd’hui. Je me repose. J’ai pourtant un truc à faire. Vider la maison. Enfin, je veux dire, vider ce qui peut passer dans un vide-grenier et l’apporter à Y. pour dimanche. Cette année encore je ne pourrai pas y participer, j’ai stage de chant à Lyon. Je ne suis jamais disponible pour le vide-maison annuel. La plupart du temps je travaille, cette année que ça a été décalé en septembre, je suis ailleurs.

Je regarde Yogeeti qui s’est endormi sur la chaise. Qu’est-ce qu’il est beau ce chat. Le regarder dormir me fait fermer les yeux. Oh, j’ai sommeil ! Bon d’accord, je n’ai pas huit heures de sommeil, mais je dois bien avoir les sept, c’est déjà pas mal.

Je ne sais pas trop quoi écrire. Je dors assise. Allez, la Petite Rosette, un petit effort. Je contemple Yogeeti et je dors… Oh la la, c’est laborieux ce matin. C’est laborieux. Je me demande pourquoi j’ai avancé mon rendez-vous de mardi prochain à ce matin… Même si je sais pour quelle raison… Oh la la, j’écris n’importe quoi ! Ça ne s’arrange pas. Bien au contraire. Je me demande si j’aurai terminé à huit heures à ce rythme. J’aimerais bien écrire mieux. Non, sérieux, c’est quasiment illisible. J’ai sommeil.

Hier, il y avait une formation au péage. B. a discuté un moment avec J. De mon poste, j’ai entendu des bribes entre deux interventions, sans prendre part à la discussion. Il était question d’avoir un enfant à 43 ans avec un nouveau compagnon. Moi, j’ai pensé : être enceinte à 43 ans, ça veut dire avoir 63 ans quand son enfant en aura 20. Je ne juge pas, c’est son choix, c’est juste quelque chose de surprenant pour moi : ça ne me serait pas venu à l’idée un tel projet, c’est difficilement concevable pour moi. Ça me semble un poids. Un énorme poids. D’avoir un enfant.

Oh, Yogeeti qui mange des croquettes ! Non ! Ben si. Juste quelques unes. Je lui ai donné de la pâtée, il n’a pas l’air d’en vouloir. C’est pourtant la même que d’habitude. Ben justement, il a peut-être envie d’autre chose ! Et moi, est-ce que j’ai envie d’autre chose ? De quelque chose de nouveau ? Euh… Je n’en sais rien. Qu’est-ce que je pourrais avoir envie de nouveau ? Oh la ! Pas assez réveillée pour répondre. C’est le mental qui ferme. Mon mental que j’appelle M. Parce que je l’aime bien, même si je le trouve un peu raide parfois. Et un peu trop actif. Pas assez au repos. Ah, voilà Bagheera. Qu’est-ce qu’elle veut la petiote ? Tu as faim ma belle ? Ah, elle s’installe sur mes épaules… Oh, Petit Chat, je ne vais pas pouvoir rester comme ça avec toi sur la nuque longtemps. J’ai fini ma douche cérébrale et je vais me lever.

Bilan du défi et perspectives

Un jour de silence pour me poser et prendre la mesure du défi achevé. Depuis le 16 janvier, j’ai écrit et mis en ligne un billet chaque jour, une pastille à la couleur de l’humeur. Ça n’a pas été facile tous les jours, ça a même été parfois laborieux, mais j’ai réussi ! J’ai tenu la distance et c’est à peine si je réalise : j’ai plus nourri ce blog les cent derniers jours que depuis le début de son existence. Wouah ! Je n’aurais pas pensé écrire autant. J’avais imaginé la possibilité de pastilles photos au début du projet.

Je vais prendre un peu de distance, quelques jours « de vacances » et réfléchir à la suite. Je me demande si je ne me lancerais pas dans un feuilleton, une histoire à suivre, c’est-à-dire un texte long découpé en plusieurs épisodes, un texte commencé quelque part dans un carnet et jamais abouti. Un roman ? Peut-être pas tout de suite. Une nouvelle pour commencer. Je laisse mûrir.

Rendez-vous en mai. Quand ? Disons le 11.

A bientôt !

Libre

[Défi une pastille par jour 40/100]
Suivant la même règle que la pastille 38/100, avec dans l’idée de faire une « image du soir »

Allongée sous la couette
Les yeux ouverts
A trois heures du matin
Un sourire brille
Dans la nuit noire
Le réveil inopiné
A fixé un rêve solaire
Une idée a germé
Partir
Partir en voyage
Virevolter ici et là
Tourbillonner à travers le monde
Danser tout autour de la Terre
Libre

Sans chouchen

[Défi une pastille par jour 11/100]

Dans la classe de madame Cachou
Ce matin, on travaille avec la syllabe chou
Chaque élève cherche un mot
Que la maîtresse va écrire au tableau
« Chou-fleur, chou rouge, chou vert ! »
Lance crânement Albert
Dont le père est maraîcher
« Choucroute » dit Olivier
« Chou à la crème au chocolat »
Articule goulument Noah
« Chouquette, chouette »
Fanfaronne Fanette
« Chouchou ? » Propose Sophie
« Chouchi… » murmure Noémie
Et la maîtresse fait une drôle de tête
« Du poichon qu’on mange avec des baguettes »
Madame Cachou sourit :
« Tu veux dire sushi !
Ecoute avec attention,
ce n’est pas le même son.
Cherche encore
Allez, les enfants, encore un effort. »
Emma qui a passé des vacances au Pérou
Lève le doigt et dit : « Ma Chou Pi Chou »
« Ma chou pi chou ! » Se moque Jérémie
« Et pourquoi pas Pikachu aussi ? »
« Chou… chou… chou… chourave ! » 
S’exclame joyeusement Gustave
« Madame Cachou » chuchote Noémie
« Chouchoute » charrie Jérémie
« Choux de Bruxelles » dit Isabelle
« Pouah, c’est dégueu ! » répond Djamel
« Ouais, c’est ça, moque-toi de moi,
Mais d’abord toi, tu dirais quoi ? »
« Facile, moi, je dis… Chewbacca ! »
« Ah mais c’est n’importe quoi ça ! »
« Mes p’tits choux calmez-vous »
Intervient doucement madame Cachou
« Il est l’heure de rentrer chez vous
Je vous souhaite bon appétit
On se retrouve cet après-midi. »

Il est temps !

[Défi une pastille par jour 10/100]

— Tu as vu l’heure ?

— Laquelle ? Elle change tout le temps.

— Oui, eh bien, justement, le temps passe très vite…

— Même s’il est relatif ? Y en a qui disent qu’il n’existe pas, que c’est une vue de l’esprit humain.

— Tu crois vraiment que c’est le moment de philosopher ? En temps atomique, aussi bien qu’en temps universel, je peux te dire que nous sommes en retard !

— Détends-toi un peu. Il y a un temps pour tout, je t’assure. Il y a même des temps.

— Parallèles comme les univers ? Dis donc Seigneur du temps redescends sur Terre !

— Ah mais je ne te cite pas Doctor Who, je te parle de physique. Quoi qu’il en soit, cool, il n’y a aucune inquiétude à avoir, l’essentiel se fait toujours.

Confidentiel*

1612_confidentielrose

Je voudrais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi
Sur mon chemin

Je n’en oublie pas tes colères
De ta révolte, j’suis héritière
Je suis fière de l’avoir
Dans les mains

Tout se transforme et rien n’se perd
Aujourd’hui je suis l’héritière
De ce qu’était mon père
Et toi ma mère

161207_confidentielelephant

Sans toi, je n’serais pas ce que j’suis
Et pour ça je te remercie
De m’avoir donné jour
En amour

Si le chemin n’est pas facile
Ça vaut l’coup d’en suivre le fil
D’avoir le cœur qui vibre
Être libre

Et il me reste cette lumière
Qui m’tiendra chaud dans mes hivers
Ce petit feu de toi
Qui s’éteint pas.

1612confidentielfleursroses

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J’ai zappé la chronique de vendredi dernier. Je croyais que j’avais jusqu’au mardi suivant. J’y ai réfléchi en début de week-end : j’avais le choix entre une histoire de pneus sans importance et un jeu oulipien sur le texte d’une chanson. Et puis il y a eu le coup de fil en fin de matinée, dimanche, au boulot…  Au boulot, parce que j’étais injoignable sur mon portable, en mode silencieux, dans mon sac, au vestiaire.

*D’après Confidentiel de Jean-Jacques Goldman